« Je ne suis pas couturier, je suis un artisan, fabricant de bonheur »…

Je n’ai malheureusement pas vu le film de Jalil Lespert sur Yves St Laurent , qui était surement bien (vous l’avez vu?), parce que je me dis souvent que j’aimerai aller au ciné, mais soit j’ai pas de sous, soit le temps passe et quand je décide d’y aller, y a p’u rien…

Donc j’ai sauté sur l’occasion en voyant qu’on pouvait réserver ses places pour l’avant-première du Saint Laurent de  Bertrand Bonello le 28aout (avec le beau Gaspaaaard!!). 

 

https://www.youtube.com/watch?v=BFXckxA1RtU

 

Comme beaucoup, je suis fascinée par le travail d’Yves Saint Laurent, et il y a quelques années, j’étais allée à une rétrospective du couturier au Grand Palais, qui relatait ses plus grandes oeuvresyslrobe

deneuve, ses collaborations,

mais aussi sa psychologie torturée…yslphoto

Alors qu’ai-je pensé de ce film? 

Le réalisateur a choisi de le découper en trois actes : le couturier « le jour » (créations, couturières…), « la nuit » (boîtes, nuits blanches, abus..) et « YSL » (le futur de la marque, Yves St Laurent qui se détache encore plus de la réalité..). Mais moi quand j’ai vu le film, j’ai plutôt trouvé qu’il se coupait en 2 : une première phase linéaire et chronologique et une seconde plus morcelée. ça doit sans doute être parce que mon ptit cerveau a du mal à suivre mais j’ai parfois un peu de mal avec les flash backs et les va-et-vient, et ça a été le cas hier parce qu’on faisait des aller retours entre l’enfance d’YSL, sa fin de vie et ses heures de gloire. Mais c’est là tout le plaisir de pouvoir entendre le réalisateur parler de ses choix : Bertrand Bonello nous a en effet expliqué qu’il voulait morceler la chronologie de la vie de l’artiste, pour rendre compte de ses racines, des ses angoisses, de son triomphe et de son déclin, sans toute fois le faire pendant tout le film. ça m’a permis d’avoir un autre regard sur ce choix, même si je trouve toujours que le passage entre les deux phases est trop tranché et brutal.

Bertrand Bonello n’a évidemment pas pu retracer la vie entière du couturier, donc ces 2h30 se consacrent à la période fin des années 60-fin des années 70, où l’on assiste aux destinées parallèles d’Yves Saint Laurent, entre Paris et Marrakech : talent, triomphe financier mais angoisses et fragilité personnelles. 

N’ayant pu avoir accès aux collections (Bonello n’a pas eu l’aval de pierre Berger pour ce film, car le réalisateur voulait conserver sa liberté, ce qui déplaisait à l’homme d’affaires), le réalisateur s’est appuyé sur un ouvrage, mais a surtout fait appel à des couturières pour remonter les collections Libération et Russe !! Quel travail !

Ce film nous montre bien qu’YSL s’est très vite détaché de la réalité : il menait, on le sait, une vie dans un monde parallèle dévastateur de drogues, d’amants, et de nuits blanches), mais jugeait paradoxalement cette profusion de choses que l’on s’essouffle à posséder, très superflue et dérisoire, aliéné qu’il était dans sa prison dorée. C’est pourquoi Bonello s’est attaché à nous montrer ce qu’il y a de bien moins onirique dans la mode : les enjeux financiers, gérés par le -fort heureusement- très terre à terre Pierre Bergé, qui malgré les dérives dûes à la fragilité d’Yves, est resté à ses côtés jusqu’à la fin de sa vie…

Le parti pris du réalisateur a été d’étirer certaines scènes (réunion d’affaires…) ce qui m’a un peu déçue car je trouve que l’on ne voit pas assez de créations; bien que je respecte ce choix de se démarquer et que je sois bien consciente qu’on ne pouvait pas demander aux couturières de reproduire TOUT le travail d’YSL !

Gaspard Ulliel a fait un incroyable travail sur la voix et la gestuelle, pour s’imprégner de cet homme fragile, torturé et dont l’esprit et l’âme étaient ailleurs… Nombre d’acteurs remarquables étaient présents : la belle Amira Casar(Anne-Marie Munoz) le ténébreux Louis Garrel (Jacques de Bascher), l’espiègle Jérémie Renier (Pierre Bergé), la mystérieuse Léa Seydoux(Loulou de la Falaise)…mais aussi des actrices ayant précédemment joué dans l’Apolonnide, ainsi que la top Aymeline Valade (la muse Betty Catroux), blonde platine pour l’occasion. 

Je suis sortie de ce film peinée par la psychologie que je savais déja complexe et torturée du créateur, mais qui ne laisse pas indifférent. En le voyant porté ce regard nauséeux, détaché (au sens « monde parallèle »), et  las sur ses collections, mais aussi les cosmétiques et parfums YSL, j’ai eu la pensée étrange qu’en achetant YSL, ne serait-ce qu’un vernis, on ne rendait peut être pas hommage à cet homme, mais on le consumait encore un peu plus…La rétrospective de son oeuvre était bien sur plus proche de la réalité, avec pleiiin de belles robes, d’images d’archives et de notices explicatives mais l’ambition de ce film n’était pas d’être un documentaire, et j’ai  été très contente d’avoir pu comprendre après-coup les choix du réalisateur et la manière donc Gaspaaaaard a façonné « son Saint Laurent ». 

yslcomp

Et vous, qu’en avez-vous pensé? Et en comparaison avec celui de Jalil Lespert?

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Et n’oubliez pas, « la mode est une maladie incurable »…

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