Le complexe du yorshire…

A 20 ans l’an prochain (ouch!), je commence à accepter ma petite taille…(disons que je n’ai plus envie de pleurer en me voyant dans une glace ou en lisant un magazine), et je ne pense pas que je répondrai « oui » si on me demandai d’échanger mon corps contre celui de Barbie… Mais il n’en reste pas moins que je vis toujours mal mon coté enfantin et mon manque de crédibilité…

C’est en croisant un yorshire hargneux ce week end que j’ai réussi à mettre des mots sur ce que je ressentais… (chacun son déclic). Il m’arrive souvent contre mon gré d’être presque méprisante et hautaine avec mon entourage car j’ai l’impression de ne pas être crédible… Au lieu d’adopter un comportement responsable, je compense un complexe enfantin par une réaction puérile… C’est comme si prendre de la hauteur dans mon appréhension des choses contrebalançaient ma taille, et me donnait le sentiment de mieux faire passer une idée que je ressentirai moquée ou pas acceptée sinon. Parce-que oui, je ne sais pas si c’est dû aux nombreuses railleries et regards déstabilisants dont ma taille a fait l’objet, mais je suis très dépendante du regard des autres, je voudrai tout le temps faire bonne impression, non pour plaire mais pour être acceptée et pour m’accepter, parce-qu’en groupe, je pars du principe que je ne suis pas crédible, que mon attitude comme ma taille, ne sont pas à la hauteur, pas adultes. Nait-on vulnérable ou le devient-on parce qu’un des critères qui nous composent ne correspondent pas à ceux implicitement dictés par notre société et que nombre de regards et de considérations nous le font sentir? Quoi qu’il en soit agir ainsi produit exactement l’inverse que l’effet inconsciemment escompté : on ne rassemble pas les foules parce que l’ idée défendue aurait séduit, mais bien au contraire on les éloigne en leur manquant incontestablement, involontairement et sans justification de respect. De surcroit, en adoptant une posture offensive qui se voulait à l’origine défensive, on prouve que l’on a quelque chose à masquer, à dominer et on se montre paradoxalement encore plus sensible et vulnérable.

D’aucun avanceront que je devrai être «  fière d’avoir une forte personnalité et que je devrai m’en servir  »… mais ceci est tout sauf un atout de personnalité, c’est une réaction de défense immature qui empêche d’établir une relation normale avec l’Autre, quel qu’il soit. C’est l’autre versant de celui ou celle qui se décrédibiliserait tout le temps pour bien montrer qu’il/elle n’est pas sure de soi, mais ça n’en est pas moins insupportable…

L’on pourrait penser que cette posture s’apaiserait si la « société » était plus tolérante et cessait de faire tout haut et implicitement le contraire de ce qu’elle clame tout haut, à savoir accepter et respecter l’autre, dans toute sa diversité, ne suivant pas forcément LE chemin, qui n’est d’ailleurs peut être pas si droit…Mais on pourrait dans ce cas attendre bien longtemps et ce ne serait que reporter hypocritement la responsabilité sur notre environnement alors que si quelqu’un est plutôt maitre de ses paroles, c’est bien nous mêmes ! On en revient toujours au même : pour être accepté par les autres il faut accepter de s’accepter soi même, et arrêter de faire le yorshire hargneux ou le chiot geignard… En adoptant une telle position, on donne le bâton pour se faire battre en prouvant qu’on ne tolère pas sa propre altérité, au lieu d’affirmer son point de vue et sa personnalité par un juste équilibre entre retrait discret et valorisation égocentrique. Maturité ne rime pas avec mépris et quand on n’en peut plus des regards négligents, ce n’est pas en négligeant l’autre qu’on arrange les choses; au contraire, on l’accable a-priori de quelque chose qu’on a bien souvent fabulé et qui n’a même pas traversé son esprit…

Les relations sont donc bien un échange réciproque et un respect mutuel, et elles sont déjà bien assez compliquées pour qu’on ne les freine en plaquant nos complexes entre elles ou en partant d’un postulat -presque- infondé. Acceptons nous donc au lieu de faire peser sur l’autre un mal être que lui aussi connait (si, si!), et si nombreux sont, malgré tout notre bonne volonté, ceux qui y ajoutent leur mépris, c’est bien triste pour eux s’il sont prêts à perdre temps et énergie à nous rabaisser, et n’oublions pas que leurs dédain et moqueries sont à la hauteur de leur propre manque de confiance…

Vivre en paix avec soi n’est pas inné, donc ne compliquons pas les choses en altérant la paix entre nous (Gandhi bonjouûur!). Je vais essayer d’être plus posey et d’appréhender la vie sans a-priori nocifs… Uuuuutopiiie….

Suis je la seule à compenser de temps en temps mon pseudo manque de crédibilité par une soudaine montée de mépris? En tout cas, Love yourself (& stop being a vicious yorkshire)

imagegy

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