Etre & avoir : de la difficulté de vivre l’instant…

Non je ne citerai pas Emmanuel Macron (…) qui, quand on lui demande s’il songe à la présidentielle, répond qu’on ne sait pas vivre le présent (non, je ne le ferai pas) ; mais je prendrai plutôt l’exemple de gens interrogés devant les kiosques en ce milieu de semaine, qui, si beaucoup disaient acheter Charlie Hebdo pour le soutenir financièrement, ou pour ses idées ; tout aussi nombreux étaient ceux qui faisaient comprendre qu’ils n’avaient pas vraiment l’intention de le lire, mais voulaient surtout « le garder précieusement pour le montrer à leurs petits-enfants et leur expliquer » ce qu’avait vécu la France en ce début Janvier.
Loin de moi l’idée de blâmer ce choix, car s’il y a bien quelqu’un qui se dit qu’elle aurait dû profiter d’hier et vit plus pour demain qu’aujourd’hui, c’est bien moi. Je n’arrive pas à vivre dans le présent ; à « profiter » comme nous y assigne la vie.
Mais faut-il à tout prix profiter ? Cette quête d’intensité du moment ne le dénature-t-il pas paradoxalement ?

ab

Plus bateau tu meurs, mais il est certain que la culture de l’immédiateté des réseaux sociaux et autres médias ; de la vie pour autrui afin d’être plus respecté qu’hier ; n’aide pas à vivre l’instant et à s’ancrer dans le présent.

Bien sur, dès qu’on commence à s’interroger sur cette recherche de présence totale et non plus partielle, pour y puiser une force, une joie, une réflexion bénéfique ; on déprécie le moment, puisque paradoxalement, en cherchant à profiter du présent, on veut en faire une ressource pour l’après.

Il n’empêche que ne pas parvenir à être pleinement là peut faire souffrir ; écartelé en permanence entre regrets et attentes ; entre « j’aurai dû » et « j’ai hâte ».

simpleidée(simpleidée)

Une quête de l’avoir qui nous empêche d’être…

La désolation ne pas avoir considéré à 100% l’instant vécu peut bien sur nous pousser à apprécier chaque poussière de vie le moment d’après ; et l’empressement peut être un moteur ; mais se blâmer et être dans l’expectative n’est que source de frustrations.

Alors peut-être faut-il cesser de se poser des questions, de tout rationaliser ; et essayer d’apprécier le présent autant que possible, si besoin est, sans qu’un dogme spirituel culpabilisant nous y astreignent.

Mais être dans une société de l’avoir n’est pas toujours évident ; il est aussi difficile de posséder pleinement l’instant ; que de couper court aux frustrations de l’éternelle quête de possession matérielle.

Le bonheur est donc peut-être dans la détermination sincère de nos besoins et nos envies ; à nous et non celles de la société ou de notre petite conscience intérieure. Mais je pense que cette tâche est dans le top 10 des plus difficiles, sinon ce serait po drole.

Est-ce une question de maturité de conscience, de dégoût face à l’accumulation de possessions et préceptes inutiles ? Quoi qu’il en soit je sais que c’est possible, à condition de se concentrer sur ses désirs, besoins, aspirations…comme dans une petite bulle préservée de l’agitation…La solution tient peut-être à remplacer notre carte bleue par un billet doux qui nous murmure « enjoy ».. ?

bbb

 (image fb : etsy)

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s