Fides, fidei

Coucou ! j’espère que vous allez bien, que toutes vos petites cellules sont regonflées de bonne humeur après ces journées estivales ! 

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Décidément, c’est la 2ème fois que je me réfère à l’Antiquité pour choisir mon titre ; c’est sans doute le résultat de la décision de notre chère Education Nationale de supprimer l’enseignement du latin et du grec…^^ Bref, ce serait plus grave si le but de l’école était l’enrichissement, l’apprentissage et l’ouverture des adultes de demain…ah mais attendez, c’est justement…

 Bon, en tout cas ce n’est pas de confiance en nos institutions qu’on parle aujourd’hui, mais de confiance en soi et en ce curieux mélange de foi en ses capacités et en cette  irrationnelle mystique qui nous fait nous dépasser, ou plutôt, trouver l’assurance de redevenir qui nous sommes vraiment 

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La trame, d’En équilibre serait cinématographiquement ordinaire s’il ne s’agissait d’une tragique histoire vraie. Le film est en effet librement adapté du livre du cascadeur & dresseur Bernard Sachsé, Sur mes quatre jambes (l’auteur a été conseiller technique et artistique « chevaux » du film), qui raconte comment le dos de ce dernier est brisé lors d’un tournage, mais pas sa passion, et encore moins la fougue de cet homme déterminé et lucide, qu’incarne Albert Dupontel.


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L’acteur retrouve ici Cécile de France (qui pour ma part est au sommet de sa beauté; vive la quarantaine), qui joue l’assureuse (ça se dit?) un temps chargée du dossier de ce passionné qui voit sa vie mais pas sa détermination et sa raison de vivre, bouleversée. 

Le déroulement est assez prévisible du point de vue des sensibilités et fusions de sentiments; mais le film semble surtout vouloir nous montrer la délicatesse précieuse qui fait la force de la confiance. « Foi en quelque chose, en quelqu’un », qui « se donne et se reçoit », elle est dure à conquérir pour retrouver ce qui nous compose et nous porte réellement, mais, bien que fragile,  c’est le bien le plus précieux une fois acquis. 

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Le coup du « on ne fait pas ce qu’on veut dans la vie… »si! », est un peu gros et malheureusement trop « in Us we trust » pour être réaliste, mais 

Si le perfectionnisme mêlé de fragilité est perceptible chez Cécile de France; je trouve que le jeu de Dupontel est un peu occulté par cette détermination à toute épreuve, faite d’évidence quant à son impossibilité de vivre sans ce qui maintient la flamme en lui, et de besoin de braver les interdits parce que plus rien est à perdre, mais tant est à gagner, quant son estime a été piétinée et que la fierté qui résulte du dépassement de soi excède tous les contrats d’assurance qui ne savent que parler « risques ».
Alors que l’implicite veut habituellement que le plus grand domine, Dupontel ici en fauteuil, s’impose et surplombe…

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Je suis impressionnée que Bernard Sachsé, outre sa fine connaissance du cheval et du sien en particulier, soit parvenu à poursuivre le dressage par le seul jeu de ses mains et sans l’accompagnement et la pression de ses jambes. J’ai fait du cheval et la complémentarité était présentée comme indispensable, les jambes faisant d’ailleurs une bonne partie du travail…

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C‘est une belle leçon de vie, juste; retenue de tomber dans pathos caricatural par la véracité de cette histoire. On tombe très -trop?- rapidement dans ce qui, avant d’entrer dans la salle, nous semble une évidence, et le mélange de fougue déterminée de Marc, et d’hésitation de Florence à se laisser porter par ce qui la constitue et ne fait trop peu partie de sa vie uniquement parce qu’elle a raté un concours, occulte la cohérence du duo et du déroulement. Tout tourne autour de la confiance en soi, qui passe par la foi en sa capacité à se donner à sa passion, pour enrichir son existence et faire coïncider sa vie et ses aspirations. Autour du réalisme rangé qui nous parait évident quand on doit trouver un travail et mener sa vie professionnelle et privée, et qu’il est bon de lâcher de temps à autre pour que rationalité et réussite riment avec épanouissement. 

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Le scénario ne peut pas vraiment être critiqué (au sens de critique objective) étant donné qu’il s’inspire d’une histoire vraie -encore faudrait-il voir quel degré de « liberté » a pris Denis Dercourt ; mais je trouve que l’intensité du jeu d’acteurs que je trouve pourtant talentueux est dissimulé et donc un peu vidé, par la personnalité et le parcours de vie que doivent incarner leurs personnages.  Trop fidèles au caractère et à l’évolution qu’ils doivent connaitre, et trop peu aux leurs en tant qu’acteurs expérimentés.

(congratulationz’ à Dupontel qui a lui même fait les cascades, et Cécile de France qui a appris à  jouer du piano pour ce film !!)

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