La niaque.

Aujourd’hui je vous parle de 2 livres que je suis en train de lire et qui n’ont a-priori pas grand-chose en commun, si ce n’est qu’ils m’ont touchée…mais pas que…

En effet, Denier du rêve et La petite fille qui avait avalé un nuage gros comme la Tour Eiffel, sont 2 romans qui capturent des instants de vie, des réflexions, et un volontarisme personnel à toute épreuve, le tout inscrit dans un contexte réel.

Le premier – écrit par Marguerite Yourcenar, paru en 1934, puis réédité afin d’atteindre sa version finale- traite tant de l’indignation personnelle face à une Italie en proie au fascisme démagogique ;  que de préoccupations purement personnelles bien que sincèrement existentielles aux yeux des intéressés, qui mènent presque à l’indifférence politique, ou du moins au détachement, car leur esprit est en proie au doute individuel, et qu’à défaut de pouvoir agir sur leur destin politique, peut-être peuvent-ils questionner et infléchir le leur. Le tout pour nous donner à voir les contradictions et positionnements malaisés des individus baignant dans un climat politique qu’ils admirent autant qu’ils exècrent, rejettent autant qu’ils y adhèrent implicitement. Ici une forte implication idéologique et conscience politique, qui, au plus près de la concrétisation de cette révolte personnelle au nom d’idéaux et pour la libération de tout un peuple (une tentative d’attentat), chancelle et s’interroge sur l’utilité d’un tel acte et son fondement réel ; là une belle jeune fille qui, penserait-on, pourrait avoir tout pour être heureuse, mais se heurte à un vide existentiel perplexe ; un homme insatisfait dont l’envie d’écouter enfin ses désirs évoque un certain égoisme qu’un dévouement familial continue d’estomper; partout des certitudes vacillantes…

Un livre qui m’a redonné le goût des belles phrases…je ne comprend pas le sens de chacune d’entre elles car on se retrouve parfois comme baigné dans l’esprit chambardé des personnages, mais elles sont remarquablement écrites, justement choisies, savoureusement équilibrées…

DSC_0133
« Le cul entre deux nuages », entre deux mondes, qui tournent au rythme de l’(ir)rationalité..

Quand au second, écrit (sur ses chemises et son portable) par Romain Puertolas, à la suite du fameux L’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea ; il raconte de façon légère mais tellement juste, joyeusement décalée mais toujours envisageable, farfelue mais cohérente ; l’histoire d’une mère qui, alors que le nuage de cendres islandais bloque les avions, fera tout son possible pour rejoindre sa fille adoptive, sa raison de vivre. Une jeune femme pressée mais méthodiquement dévouée à cette enfant malade dans un hôpital marocain de seconde zone ; belle à tomber, mais en quête de sens plus spirituel ; qui aime donner le rythme dans sa modeste vie de factrice, mais à présent consciente des priorités, pour lesquelles elle mettra toute son inventivité énergique, même si cela doit la mener à apprendre à voler.

Bref, un roman furieusement juste, et surtout très drôle ! Sa forme légère, très justement maitrisée, lui permet d’aborder des questions de fond telles que les inégalités nord sud ou hommes femmes, le tout Made in China, la maladie, le dévouement malgré la complexité des procédures d’adoption…ce qui en fait un livre très agréable à lire. On y apprend des choses, tout en réfléchissant sur des thématiques qui résonnent en nous, sans être jamais plombant ni normatif, au contraire. Ad-dic-tif !

Le Maroc, terre de souffrances & d'émerveillement, comme le montre la courageuse Zahera...
Le Maroc, terre de souffrances & d’émerveillement, comme le montre la courageuse Zahera…

Et vous, quelles sont les petits plaisirs qui vous donnent hâte de vous glisser sous la couette?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s