Quatre-quarts végétalien de la « Rue du pourquoi pas » : coco myrtilles amande

Ce week-end au festival *, on avait l’opportunité de rencontrer des auteurs. Et si l’on avait de la chance et que la queue avait oublié de faire acte de présence au Stand B, on pouvait aussi discuter avec eux. Un moment privilégié !

Les invités de ce festival avaient l’air de porter Etonnants Voyageurs dans leur cœur. Et je pense que rencontrer le(ur) public les enrichit autant qu’ils nous apportent.

C’est ce qui fait la richesse et l’unicité de chaque rencontre : le public perspicace pose des questions incroyablement sensées, qui questionnent les auteurs, et placent leur travail dans une nouvelle perspective. Et réciproquement, les débats entre invités élèvent et ouvrent l’horizon mental de l’assistance.

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Ainsi, lors de la dédicace d’un auteur qui a sorti son premier roman, et avec qui nous avons pu échanger, l’on a abordé la question du prochain roman. Le premier ayant été apprécié par la critique et le public, se pose inévitablement la question de la pression qu’implique l’attente du prochain. Et il a entre autres symbolisé la spontanéité et l’intégrité en répondant qu’on « ne peut pas écrire en fonction des gens que l’on rencontre ».
Et j’ai instantanément pensé : « ni vivre »…

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Ce « mantra » peut paraître terriblement bateau et ressassé dans les manuels de développement personnel.

Mais il me semble être un des défis identitaires et existentiels que l’on a à affronter tout au long de sa vie.

 

Ce sentiment que ce n’est jamais assez. Jamais comme il faut, comme il faudrait, selon ce Modèle aussi insaisissable qu’indéfinissable.

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Un écrivain qui rédige son livre selon ce qu’un lectorat –dont il ne connaît pas vraiment les expectatives- attend, c’est avoir une chance sur deux de réussir son coup ; et c’est surtout se délégitimer et perdre en intégrité et unicité.

On ne reprochera jamais son manque de légitimité à un auteur, un artiste, qui a produit une œuvre selon son individualité, ses croyances, ses convictions, sa vision du monde. On peut ne pas apprécier ce qui en ressort, mais elle sera sienne, unique, spontanée.

 

L’auteur doit bien sur tenir compte de son environnement, de ce qui est socialement acceptable, et se maintenir respectable et bienveillant. Car à court terme l’on reproche les déviances que la société ne peut tolérer à un moment donné ; et l’on refuse l’enfermement psychique qui conduit à l’intolérance.

Mais à long terme, c’est le manque de sincérité et d’individualité qui constituera le retour de bâton.

 

De surcroit, ce que ceux qui se trouvent en face ont apprécié, c’est le style, la nouveauté, le caractère. Et pas forcément le fait de retrouver dans l’enchainement de mots, une correspondance avec des attentes qu’ils ne savent eux-mêmes pas définir clairement.

On a soi-même du mal à savoir qui l’on est et ce que l’on veut. Alors n’est-ce pas bancal de vivre selon ce qu’on imagine que les autres attendent ?

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Mais c’est bien parce-que l’on a du mal à se définir et se situer, que les attentes de l’Autre sont érigées en repères. Un autre abstrait, inconnu, fantasmé ; ou concret, comme les pairs, la famille, ou les normes sociétales d’une époque donnée.

C’est écrire l’histoire d’une course jamais intégralement gagnée. Au cours de cette quête de soi à travers l’autre, on obtient quelques récompenses sous forme de ce que l’on imagine être de la reconnaissance sociale ; alors on poursuit.
Mais la ligne d’arrivée, où peut se lire « SOI », n’est alors jamais atteinte.

C’est l’histoire d’une frustration identitaire et de beaucoup de fragilité.

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Où irait le monde de l’écriture si toutes les plumes se mouvaient en fonction de ce que les potentiels lecteurs attendent ? A quoi ressemblerait-il ? On en a déjà un aperçu dans le conditionnement de certains auteurs en vue d’une reconnaissance du public ou du jury…

 

Un tel monde ne serait même pas uniforme car personne n’irait dans la même direction ; ne parvenant pas vraiment à saisir ce qu’attend et reconnaît l’autre.

 

J’imagine dans une telle acception, comme un arc-en-ciel de brouillard qui unirait l’auteur au lecteur. Un pont fragile, que l’on franchit de façon incertaine ; avec à chaque extremité, un individu perplexe, pas pleinement satisfait.

Est-ce ce genre de lien que l’on veut établir avec l’autre ?

N’est-il pas plus solide si chacun assure ses propres bases en se concentrant sur ce qu’il est, ce qu’il veut ; en essayant d’affirmer son individualité ?

 

On ne reproche pas à une personnalité d’être franche et affirmée dans sa typicité ; d’avoir un style unique ; et un caractère propre. Cela construit un monde plus sain, des routes de vie un peu plus droites, où l’on sait un peu mieux ce qui nous entoure.

Plutôt qu’un univers où les piliers sont bancals et la météo n’est que brouillard.

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A Saint-Malo, il y a la « Rue du pourquoi pas ».

 

Pourquoi pas essayer de dénicher un peu de nous pour construire notre route ?

 

Essayer, car être lucide c’est bien facile en théorie ; mais la vie, on y rentre pas aussi aisément que dans du beurre (de coco).

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C’est ça d’être un écrivain maudit ?

Mais quand on est soi le plus possible, on est juste un artiste incompris.

 

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Pourquoi pas essayer d’exprimer notre individualité dans cette recette de quatre-quarts ?

Comme toutes les recettes que je vous propose, elle est déclinable selon vos goûts et disponibilités.

J’y ai inséré une confiture de myrtilles car c’est ce que nous mangions au petit déjeuner pendant le week-end à St-Malo. Mais tout fruit rouge fonctionne ! De même que le type de farine.

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C’est un « 4/4 malouin » car dans la boulangerie où nous avons acheté le pain, leur « pavé malouin » consistait en un petit pavé fait de quatre-quarts fourré au caramel au beurre salé. Il fallait y penser !
Ici je fourre le quatre-quarts de la confiture qui me rappelle Saint-malo ; et j’amalgame avec du rooibos, que j’emportais dans ma bouteille pour la journée au festival (d’ailleurs j’ai particulièrement apprécié le « rooibos des vahinés » de Palais des thés, surtout froid !) :

 

Pour un quatre-quarts « malouin » végétalien :

 

-200 gr de yaourt de soja nature

-Le même poids de farine(s) : ici kamut – riz

– 1 sachet de poudre à lever

-sel!

-100 (pour du sucre intégral) à 150gr de sucre

-150gr de beurre de coco

-Extrait de vanille

-100 mL de rooïbos amande (ou vanille)

 

 

Pour la confiture (inspirée du livre d’Antigone XXI) :

-100gr de myrtilles

-1cc de graines de chia

-1cs de sucrant liquide

La veille, écrasez (voire mixez) les ingrédients, et laissez gonfler toute la nuit.

(ici j’ai utilisé ladite confiture que nous avons achetée à St-Malo, car les rares myrtilles que l’on trouve à cette époque viennent de trèèès loin, et ont mis un peu trop de sérum anti-âge à mon goût. Je sais que je devrais démarrer l’anti-rides à 20 ans, mais…disons que je ne suis pas certaine que ce sérum soit adapté à ma carnation). Mais dès que la saison sera là, préparez la confiture selon la recette !

 

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GRUMEAU : du latin grimellus « petit tertre, petit tas », diminutif de grimus « tertre » : NOTE A MOI-MEME : la prochaine fois, mieux liquéfier le beurre de coco (même si j’aime toujours tomber sur des pépites)
  • Préchauffez votre four à 180°C (190°C pour le mien)

 

Au-dessus du saladier, tamisez la farine avec la poudre à lever

Ajoutez 1cc de sel, puis le sucre. Mélangez bien.

Ajoutez ensuite le beurre, le yaourt de soja, quelques gouttes de vanille ; en remuant à chaque fois pour maintenir un mélange homogène.

Fluidifiez avec le rooibos, et mélangez à nouveau.

 

Versez la moitié de la pâte dans un moule à cake ; puis une couche de confiture ; puis le reste de la pâte. (Ou, pour se rapprocher du pavé malouin, utilisez un moule carré plus plat, afin de pouvoir découper des carrés à la dégustation).

Vous pouvez aussi très bien ne pas incorporer la confiture dans la pâte, et ne la tartiner qu’ensuite, sur le quatre-quarts nature !

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Enfournez pour une quarantaine de minutes.

 

 

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La Rue du pourquoi pas donne sur la plage de l’éventail

*1er épisode ici

 

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2 réflexions sur “Quatre-quarts végétalien de la « Rue du pourquoi pas » : coco myrtilles amande

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