Livres de cuisine pour une alimentation green : curiosité joyeuse

ETRE « GREEN »…Pour quelqu’un comme moi qui a la tête remplie d’iode et de farfelu –ce qui fait que je vois la vie en bleu de l’œil gauche ; et rose du droit- ce concept reste parfois abstrait.

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De surcroit, tout comme j’ai un PEU de mal avec la bien-pensance, je suis mal à l’aise avec les « it books », livres qu’il FAUT avoir ; car inscrits dans une tendance ou écrits par des auteurs renommés ; alors qu’ils traitent d’un sujet qui s’écarte de notre façon de manger, penser, concevoir les choses.

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Si j’ai choisi de vous parler de ces deux livres, ce n’est donc pas parce-qu’ils sont « hypes », mais parce-qu’ils m’ont touchée : je suis passionnée par les livres de cuisine ; et sans me dire « Green », j’essaye de manger sainement en me faisant du bien. Et surtout, ces deux livres font partie de ceux qui m’ont fait l’effet d’une bouffée d’air frais dans la tête, et chaud dans le cœur.

Ils sont écrits par deux « healthy foodistas » qu’on ne présente plus ; mais je tenais tout de même à partager mon coup de cœur avec vous.

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Ce sont donc deux carnets de recettes, carnets de vie, portant une alimentation végétale et sans gluten.

Odes aux « good » voire « super » food, ils n’en restent pas moins composés de recettes accessibles, simples, et déclinables selon les goûts et les saisons.

 

Ils proposent une initiation flexible, ou plutôt une découverte à une alimentation saine, dans le sens où elle fait du bien, voire guérit, le corps et le cœur. Il n’est pas question de fermeture d’assiette d’esprit sur l’aspect « vegan » : leurs recettes sont végétales, mais ce n’est pas ce qui est mis en avant.

 

D’ailleurs, il me semble que ce sont deux gourmandes qui en sont venues à l’alimentation végétale pour des raisons de santé, bien plus que d’éthique. L’alimentation vegan n’est pas érigée en précepte, car c’est une alimentation complète, équilibrée et composée de nutriments utiles, qu’elles veulent proposer ; et non un régime alimentaire qui exclut certains produits, mais reste composé de calories vides.

Toutes deux ne s’offusquent d’ailleurs pas que vous accompagniez une recette de produits issus du monde animal.

Les introductions de ces livres ne veulent donc pas convertir à une alimentation végétale en raison d’une éthique ; mais permettre de découvrir ou associer des aliments qui nous ferons du bien.

 

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DELICIOUSLY ELLA, Ella Woodward (une topine parce-qu’elle adore la purée d’oléagineux, le houmous et le cacao…)

Ella est une ancienne mannequin anglaise, mais surtout ne jurant que par la junk food il y encore une poignée d’années. C’est assez incroyable. Mais ce changement radical d’alimentation est dû au fait qu’elle se soit prise en mains –inspirée par Kris Carr- pour sortir du cercle infernal d’une pathologie rare mais accablante, que médicaments et médecins ne parvenaient pas à enrayer.

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Il y a 5 ans, elle ne savait donc pas cuisiner, n’aimait pas les végétaux, et n’avait aucune notion d’équilibre alimentaire, car elle n’avait pas eu à s’en préoccuper. C’est pour moi, la première porte d’entrée de ce livre, l’assurance que les recettes seront accessibles, comme si l’on nous prenait par la main et cheminait avec nous vers la découverte et la préparation de plats réconfortants et sains.

En effet, pour s’obliger à varier sa nouvelle alimentation –végétale et sans gluten- elle a ouvert un blog, qui a rapidement connu un succès aussi fou que son changement d’alimentation, auquel personne ne croyait.

Un nouveau monde s’est ouvert à elle, adeptes des saveurs sucrées et de la comfort food, bien plus satisfaisant et intéressant pour son corps et son esprit : elle a quasiment intégralement guéri et a retrouvé confiance en elle.

« Dieu Kale existe, je l’ai rencontré » ?

 

L’introduction du livre consiste en une présentation de son parcours, son histoire ; puis elle expose les ingrédients et le matériel à avoir sous la main.

En effet, vu sa situation il y a 5 ans, on peut comprendre qu’elle exècre les recettes nécessitant des ingrédients farfelus et difficiles à trouver : pour qu’une alimentation saine gorgeant toutes nos petites cellules de plénitude, il s’agit donc de s’organiser, et d’avoir certains ingrédients de base toujours dans ses placards : ingrédients accessibles et polyvalents, qui constituent la base des recettes.

Ces produits ne me paraissent pas sortir d’une autre galaxie, car je m’intéresse à une alimentation nutritionnellement intéressante depuis un certain temps ; mais pour les gourmands qui voient la vie en rose plutôt qu’en vert, il faudra se procurer quelques ingrédients de base, qui se rentabilisent sur le long terme selon Ella.

Celle-ci fait un stock de temps en temps ; mais au début, ne risquez pas de perdre argent et nourriture, à faire un plein de graines de chia puis réaliser que vous ne les aimez/digérez pas.

 

Le bémol, c’est le second point : le matériel.  Bien sûr, il se rentabilisera aussi assez vite compte tenu de l’alimentation vers laquelle je me dirige. Mais je n’ai absolument pas les moyens actuellement de me procurer des supers appareils digne d’une cuisinière professionnelle comme Ella.

Et puis il faut prendre du recul, je sais que je n’ai pas besoin d’un extracteur de jus. A chacun de faire la part des choses selon ses besoins.

Il est toutefois recommandé de posséder un blender.

Mais par exemple, dans son dernier livre, Marie Laforêt explique ne pas avoir de super-blender (vous voyez lequel), et utiliser surtout son mixeur plongeant. Ouf !

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Ella propose aussi dans son introduction la recette de certains produits de base comme les laits végétaux (elle ne consomme pas de soja), les beurres de noix, des sels aromatisés, ou du bouillon easy peasy.

Elle détaille la cuisson des céréales afin de leur donner du goût. En effet, de prime abord, elle était réticente aux légumineuses ou céréales qui lui étaient inconnues ; mais si son alimentation la rendue « plus heureuse que jamais », c’est qu’elle s’applique à rendre le sain goûtu, l’équilibré satisfaisant, et ne provoquer aucune frustration.

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Ce qui m’a également décomplexé, c’est qu’Ella propose des recettes healthy ; mais ne se prend pas la tête sur les quantités.
Sachant qu’elle ne se nourrit que de produits intéressants, de bons gras, d’aucun sucre ou céréale raffinés, et d’aliments qui la satisfont, elle mange à sa faim, s’enfile des avocats, de la purée d’amande, des dattes si ça lui chante. En gros, « une poignée de noix n’équivaut pas à un Mars ». Chaque calorie est bienfaisante, et elle s’évite les fringales de produits industriels.

Ella a son métabolisme, elle est super-active, elle a toujours été gourmande : encore une fois, à nous d’adapter, en fonction de nos besoins et de notre activité.

Mais c’est abolition de la restriction fait un bien fou !

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Petites précisions : Ella est intolérante au gluten (ne souffre pas de la maladie coeliaque) ; évoque le veganisme, mais consomme du miel (très peu présent dans les recettes) ; et raffole des fruits à coque, mais a décidé ici de proposer des recettes pouvant convenir au plus grand nombre, dont les allergiques.

Simplicité implique aussi adaptabilité, donc si vous ne pouvez pas consommer de flocons d’avoine contrairement à elle, optez pour d’autres céréales ; l’auteure explique également que l’on peut remplacer le beurre de noix par de l’huile de coco dans les smoothies.

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Ensuite, le livre se décompose selon les types d’aliments : céréales (toujours complètes), graines et fruits à coque, légumineuses, légumes, fruits, smoothies et jus.

Une fois que l’on a appréhendé les recettes avec délice, on peut les assembler pour composer pique-niques, diners, brunch.
Je réalise que cette rubrique s’intitule « adopter le mode de vie Deliciously Ella ». Cela rejoint un peu le côté « je vends du rêve » et Kalepower way of life qui transparait le long du livre, surtout à travers les photos. Personnellement ma real life ne ressemble paaaas vraiment à ça. Une petite prise de distance ne s’imposerait-elle pas devant cet idéal ?

Ella renvoie une image de vie rêvée, comme beaucoup d’auteurs ; c’est légitime ; mais devant un mode de vie si irréel, on peut être tolérant en se disant que ça fait du bien aux yeux que ce qui lui est arrivé est irréel. De surcroit, elle ne se tourne pas les pouces et est active professionnellement. Disons qu’elle a juste un beau jardin et un bon appareil photo…

Chaque rubrique détaille les bienfaits des aliments, comment les appréhender, surtout si comme elle au début, on est sceptique sur le potentiel satisfaisant de la lentille. Le tout est de savoir comment les cuisiner et les assortir pour les mettre en valeur et être comblée.

 

De même, en introduction de chaque recette, Ella explique son histoire, ce qui l’attache à ce plat, le succès qu’il a eut ; et souvent, avec quel autre préparation il se marie bien ; toujours pour des repas rapides et accessibles.

C’est simple, sincèrement chaque recette me fait envie au point que mon cœur et mes papilles bondissent. Je suis surtout conquise par les recettes salées, ce qui est rare chez moi. Et c’est peut-être pour cela que ce livre me fait du bien : j’ai du mal à trouver des recettes salées végétales, complètes, qui soient simples, polyvalentes, rappellent des souvenirs gustatifs, et sont satisfaisantes et photogéniques.

 

Bolognaise de lentilles, haricots blancs à la tomate, gnocchis, risottos, currys, plats de pâtes…Le tout nécessitant souvent aussi peu d’ingrédients que de temps.

C’est le genre de plat que l’on a hâte de retrouver en rentrant, chaleureusement lové dans un bol, et qui va nous combler pleinement, tout en apportant plein de bonnes choses à notre corps.

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Quant aux recettes sucrées, évidemment elles ont conquis mes yeux !

Moi qui ne suit pas adepte de la cuisine crue, les recettes de brownies sans cuisson, ou de tout autre délice à base de dattes m’ont vraiment donné envie ! Et ne parlons pas du porridge, des cookies ou des scooooones (des scones ! vegan !). Vous avez sans doute entendu parler de la recette du brownie à la patate douce d’Ella : elle figure bien sur en bonne place dans le livre !

Il y a donc aussi bien des recettes que l’on peut faire en rentrant du travail ; que des plats qui demandent à bloblotter un peu ; mais Ella précise bien qu’elle n’envisage jamais de passer plus d’une demi-heure ou une heure en cuisine.

Enfin, encore une fois, l’important me semble de s’organiser ; parce-que personnellement, quand je fais du riz complet, il met un certain temps à cuire. Il faudrait donc le cuire la veille et le réchauffer ou l’intégrer dans le plat le lendemain…

 

Dans ce livre qui gonfle le cœur, on se sent donc épaulée vers une alimentation satisfaisante et saine; à aucun moment je n’ai été déboussolée, et si un ingrédient ne me convient pas, je sais que je peux le remplacer, adapter la recette.

 

C’est vraiment un carnet de vie ; tranche de vie sous forme de recettes accessibles qui ont changé un quotidien à jamais, et en changent tous les jours (le livre est ponctué de témoignages de lectrices dont la vie a été transformée par ce régime alimentaire également > plus simple que de mettre un cierge en forme de kale !).

 

Je n’ai pas eu l’occasion de tester toutes les recettes et de les intégrer pleinement à mon quotidien, donc ma vie physique n’a pas changé ; mais je sais que ce livre est là, rassurant et lumineux à la fois ; et quand je l’ouvre, j’y trouve des recettes qui répondent à mes besoins essentiels : manger sainement de façon simple sans être frustrée.

 

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cette recette est tellement réconfortante!

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GREEN, GLAM ET HAPPY, de Rebecca Leffler : photographies de Sandra Mahut

 

Ici, comme pour son premier ouvrage à succès Green, Glam et Gourmande, dont je vous avais parlé ici, le postulat est semblable à celui d’Ella Woodward/Mills, à savoir healthy, easy, happy.

 

Mais, du point de vue formel, ce livre est plus complet, car comme le premier, il présente, selon les saisons : une playlist, des exercices de yoga, des conseils et recettes beauté, puis des recettes salées ou sucrées.

Rebecca Leffler est une journaliste américaine qui a passé plusieurs années en France. L’on peut d’ailleurs noter par les références dans ses livres, que cette bulle vêtue d’un legging de yoga, pétille entre Paris et New-York, sur un pont en forme de fourchette.

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Ce deuxième Green Glam s’articule sensiblement de la même façon, présentant le mode de vie « green » comme une philosophie de vie fondamentalement globale, qui inclut enchainements de yoga, astuces beauté, respect de l’équilibre du métabolisme, inspiration de la médecine chinoise, ou parole donnée à des invités privilégiés.

Mais la ligne éditoriale a visiblement été revue.

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Je vous invite à lire mon article sur son premier livre ; mais pour repère : celui-ci ne comportait pas de présentation de l’auteure (l’on ne sait donc pas ce qui l’a portée à verdir sa vie) qui se décrivait fugacement comme quasiment végétalienne (elle consomme pollen et miel). Il présentait l’alimentation green comme un « must have », une sorte de it alimentation, voire un régime purifié qui serait la « fierté des stars ». Une révolution pour passer de la malbouffe honnie à la green attitude (ce qu’on appelle « plantbased »).

Si l’on prend l’exemple de ce que Rebecca y conseille de se préparer le matin (jus de citron aux épices et pollen ; jus d’aloe vera le week-end ; smoothies et jus verts), on peut comprendre, qu’associé à ces termes assez tranchés et binaires, cela ait provoqué des réticences parmi des lecteurs, initiés ou non.

Rebecca précise tout de même que le but est de faire du bien au corps et au palais, et d’allier plaisir et santé ; piliers qui fondent également le livre de Deliciously Ella. Comme cette dernière, Rebecca est amoureuse du houmous, des patates douces, de l’huile d’olive, et plus encore de l’avocat ; et veut montrer qu’une alimentation végétale (ici encore, pas question de veganisme) ne rime pas avec une feuille de salade bien frustrante ; mais la mise en valeur de ces aliments, dans des préparations inattendues et bénéfiques.

Il ne s’agit pas d’exclure ou de se priver, comme dans un régime restrictif, mais d’ajouter des végétaux à son alimentation, et découvrir la richesse du règne végétal. Mettre de la conscience dans ce que l’on mange, et ici encore, découvrir et non convertir.

Je suis moi-même très mal à l’aise avec les livres de cuisine intransigeants, enjoignant à bannir certains aliments pour adopter une alimentation épurée qui serait le nouveau miracle alimentaire, et surtout représenterait le Bien.

 

Pourtant, à la lecture de ce premier recueil de recettes, je ne me suis pas sentie gênée, déstabilisée, voire outrée par les termes employés. J’ai sans doute pris l’habitude de prendre du recul et faire le tri dans ce que propose les livres de cuisine : je prête attention à la qualité de certaines recettes, mais les écarte naturellement de mon esprit, car je sais qu’elles ne conviennent pas à mon rythme de vie, à ce que je digère, à mon tempérament.

Je n’aime pas suivre les tendances sans réfléchir, sans y mettre de la distance afin de voir si cela me correspond ; donc je n’ai pas eu l’impression que ce livre tentait de me convertir. J’y ai bien sur perçu le côté moralisateur, mais il faut savoir y mettre de la nuance : encore une fois, en tant qu’auteur il est légitime de vouloir marquer le coup en tentant de s’inscrire voire d’impulser un mouvement de fond présenté comme miraculeux ; et puis soyons honnête, le règne insidieux d’une nourriture sans intérêt nutritionnel (ici appelée malbouffe) n’est pas plus bénéfique. J’ai pris ce livre, comme tous les autres, à savoir un recueil d’idées recettes créatives, simples et saines, de base ou plus inventives ; qui en plus me donne des explications sur les bienfaits des aliments présentés.

Certaines recettes ne me conviennent pas pour le moment, je les écarte, tout comme l’éventuelle tentation de voire le Bien ultime et pur dans cette alimentation précise.

L’humour de Rebecca est typique, délicieusement perché, mêlant parfois fragilement anglais et français ; et c’est avec ce style qu’elle distille des prescriptions affirmées qu’il ne faut pas prendre pour parole d’évangile.

 

Du point de vue de la forme, les recettes inventives et lumineuses sont prévues pour 1 personne, ce que je trouve plutôt pratique; et articulées par saison.

 

Ici aussi sont présentés les ingrédients de base, qui sont peu ou prou les mêmes que ceux détaillés par Ella (ingrédients de base de toute alimentation végétale équilibrée et complète), et restent accessibles.

Toutefois, la différence est que Rebecca utilise bien plus de superfoods (maca, caroube, lucuma) qui sont moins évidents, mais tout autant trouvables sur internet ou en magasin bio, si vous souhaitez les utiliser vous aussi.

Conception binaire te revoilà, Rebecca expose ses « ennemy foods » ; par opposition à ses « best friends foods » dont elle détaille les vertus tout au long du livre, quand ils figurent dans une recette. Là encore, on pourrait croire, à entendre la liste des mille bienfaits de chaque aliment, que cette alimentation est magique, mais appréhendons-le comme une manière de nous présenter la richesse d’une alimentation végétale variée.

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Le matériel nécessaire/conseillé est simplement listé, mais pas détaillé ; l’ultime super blender étant toutefois là encore présenté comme le must. Tu m’é-tonnes.

 

Petit plus : on trouve dans ce livre les alternatives pour remplacer les œufs, encart très pratique quand on s’initie à une alimentation sans produits animaux.

 

Il y a une grande diversité et créativité de recettes de produits de base : laits, beurres, sauces, ketchup, crèmes végétales ; qui seront polyvalents, comme chez Ella, mais dans lesquels on retrouve typiquement la touche de Rebecca. Cette dernière propose aussi tout un tas d’idées de smoothies et jus.

 

Et les recettes elles-mêmes, inventives, colorées et équilibrées, restent simples et toutes sont appétissantes ! De belles assiettes bien assaisonnées, des préparations crues, des recettes d’ailleurs, des douceurs, et quelques recettes d’invités concernés.

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La trame reste donc la même pour « Green, Glam et HAPPY », mais l’on peut, dès la couverture, remarquer que la ligne a été assouplie : on passe des « recettes cultes du health mouvement » aux « nouvelles recettes bonheur ».

Il ne s’agit pas de réorienter une démarche qui aurait été reçue comme trop intransigeante ; mais de mettre habilement en avant le bonheur et le plaisir que peuvent apporter les recettes green de Rebecca, dans le premier comme dans le second livre.

Ce n’est donc pas affiché comme une remise en cause totale, mais j’ai été surprise à la lecture du livre, qui est beaucoup plus ouvert à ce qui s’écarte de l’encart collé sur la couverture « sans gluten, lait, protéines animales ». L’auteure est bien plus souple sur les éventuels écarts, tolérante sur une alimentation qui ne serait pas intégralement green ; certaines de ses recettes proposent d’être accompagnées de protéines animales, et les recettes des invités ne sont plus végétaliennes !
Passer d’une telle fermeté sur une alimentation végétale optimale, enrichissante et bénéfique ; à une telle souplesse, m’a laissée sincèrement perplexe, voire gênée.

J’ai ressenti que l’auteure avait lâchée la bride de son parti pris initial, binaire mais sincère ; pour un élargissement du spectre peut-être dû à des requêtes de lecteurs. Ce n’est pas du tout le fond qui m’interroge : je ne suis pas étiquetée végétalienne, et aimerait un peu plus de tolérance dans cet univers ; mais c’est la réorientation éditoriale qui ne m’a pas paru si spontané.

Faire un pas de côté est désormais explicitement « toléré » : n’est-ce pas ça la liberté ?

Ou peut-être a-t-elle assoupli son alimentation entre temps pour des raisons personnelles…

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Toujours est-il que les recettes sont toujours aussi accessibles (encore plus du coup !), pétillantes et appétissantes !

 

Il n’est absolument pas question de dogme des recettes healthy, mais toujours de mettre plus de green dans son alimentation, ponctuée de moments d’une autre couleur. Manger sain est ici explicitement présenté comme un choix qui est possible pour tous, quel que soit le lieu ou le rythme de vie ; et que l’on soit veggie ou non.

Il ne s’agit pas d’un régime restrictif, mais de nous permettre d’intégrer le plus possible des aliments happy pour le corps et l’esprit. Il s’agit avant tout de trouver un équilibre entre le corps et l’esprit. Il y a d’ailleurs un dossier, avec des interviews de médecins sur les relations essentielles entre le cerveau et le ventre.

Dans ce livre est vraiment pris en compte l’aspect terre à terre et matériel de la vraie vie : rythme de vie et moyens.

Le qualificatif qu’elle emploie pour parler d’une pratique régulière du yoga ou de la méditation pour les gens busy est d’ailleurs surprenant, quand on sait que le livre est ponctué de plusieurs initiations au yoga, qui parait central dans cette philosophie de vie. C’est pourquoi l’initiation à la méditation est dans ce second livre présentée comme easy.

Le maitre mot c’est cette fois de permettre au plus grand nombre d’intégrer du green dans sa vie ; avec pour notions centrales, outre l’équilibre des repas, le bien-être et le plaisir, qui permettent au corps d’être plus réceptif, et on s’en doute, de se nourrir green de façon durable, sans frustration.

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Conciliante, Rebecca nous affirme que le plus grand savant sur nous, c’est nous !

Les recettes sont donc adaptables et souples ; réalisables en plus ou moins de coups de cuillères à pot et plus ou moins transportables.

Sans avoir compté, j’ai l’impression que les superaliments sont moins présents, ce qui rend encore une fois les recettes plus accessibles, bien que quoi qu’il en soit, on peut les omettre ; eux aussi sont là en +.

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L’auteure fait donc des points explicatifs sur le bio, les nutriments indispensables, les 6 saveurs, et les ingrédients de base (graines, huiles, condiments).

Les aliments « non happy » sont réduits à trois, et donc bien plus ouverts et légitimes.
La question du sel, sucre, et gluten est donc abordée : pragmatique, Rebecca Leffler met en avant le fait de ne pas les exclure, mais d’en consommer avec parcimonie, et surtout qu’ils soient de qualité, et non raffinés.

 

L’on retrouve les recettes de base, et cette fois l’auteure propose des idées de laits végétaux aromatisés et colorés homemade.

On trouve parmi ces nouvelles mais constantes recettes, toujours saines et accessibles : des idées de salades pleines de couleurs, des tartes, des soupes ; un burger, ou des « happy bols » pratiques à réaliser et moduler. Plusieurs recettes sont présentées dans des bocaux (« jar »), ce qui, en suivant la tendance ( !) les rend inventives et pratiques à transporter, qu’il s’agisse d’un petit-déjeuner ou d’un déjeuner. Rebecca aime toujours autant le granola, et partage des nouvelles recettes de condiments visiblement divins, de snacks sains et futés, ou de yaourts végétaux ; ainsi que des assiettes d’ici ou d’ailleurs.

 

Il y a également des idées de boissons et grignoti pour l’apéro !

J’ai bien envie de tester (entre autres !) les wraps verts fondants ; ou la brousse de pistache avec des betteraves. C’est ce qui fait le charme de ces recettes : des associations inventives et simples. Il me semble que cela permet au livre de convenir à tous les gourmands : ils initient ceux qui veulent mettre plus de green dans leur vie ; et l’inventivité des compositions surprendra même les initiés à l’alimentation végétale.

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Ce livre se centre sur les couleurs, sources d’émotions.

Il y a une page sur les bienfaits des épices ; et surtout, chaque saison a une couleur dont découlent les aliments à mettre en avant pendant le trimestre (vert : avocat, petits pois, menthe).

 

Et l’on retrouve toujours des astuces bien-être globales : recettes et yoga pour se détoxifier en douceur le matin ; astuces beauté ; quelques conseils sur des huiles essentielles.

 

Les invités sont plus connus du grand public ici, et proposent toujours des recettes gourmandes ; contenant cette fois certains produits issus du monde animal ; qu’il est bien sur possible de remplacer : Rebecca donne des recettes de fromages végétaux, que vous pourrez utiliser à la place de la ricotta.

 

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Y a-t-il besoin d’avoir le premier livre, pour suivre le second ?

Non,  aucun problème si vous ne possédez pas Green, Glam et Gourmande ; car ici les bases sont reprises ; et les recettes didactiques et nouvelles.

Mais, ayant beaucoup apprécié le premier, je ne peux que vous conseiller de vous y intéresser, car il contient d’autres recettes lumineuses et c’est la première pierre posée par l’auteure !

 

*

 

Evidemment, au vu de ces livres colorés et idéaux, la tentation serait grande d’ériger ces foodistas en gourous d’une alimentation saine et accessible.

Mais ce que nous apprennent ces livres, c’est qu’être green, c’est mettre une bouffée d’oxygène dans sa cuisine ; et à mes yeux, c’est mettre aussi de l’air dans le rapport que l’on peut avoir aux prescriptions et à leurs prescripteurs, aussi bienveillants soient-ils : prendre un peu de distance avec ce mode de vie présenté comme lumineux et radicalement bienfaiteur, afin de l’adapter à son propre quotidien, ses besoins, ses convictions, son environnement, son rythme de vie. Et s’imprégner toutefois sans limite de l’essence que l’on peut tirer de ces livres : on peut aisément se faire du bien au cœur, au corps et aux papilles.

 

 

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La Plage, une maison d’édition engagée

J’avais ressenti ce sentiment de satisfaction libérée, dans la créativité de Valérie Cupillard, avec son très beau livre Sans Gluten Naturellement.

Je ne suis pas intolérante au gluten, et après avoir longuement réfléchi au rapport que je voulais avoir avec cette protéine, j’ai adopté une attitude plus libre que les prescriptions binaires que l’on peut entendre, et je m’attèle avant tout à diversifier mes sources de céréales, plutôt qu’exclure le gluten. Et quand je mange du blé, je choisis le produit bio, et si possible complet. C’est donc l’incroyable valorisation de la diversité qui m’a plu dans le livre de Valérie Cupillard, ainsi que la découverte de mille façons d’utiliser les différentes céréales, dans une approche de curiosité et de variété, et jamais de restriction ou de culpabilisation.

Diversité et découverte et cheveux bruns que l’on retrouve dans les deux livres véganes que je vous ai présentés (Valérie Cupillard utilise des œufs dans ses recettes).

 

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« Marabout avait mal au ventre, sa maman lui dit mon doudou, édite des livres qui propose des recettes saines et joyeuses ; des bobos t’auras plus du tout ». Ces deux livres sont donc proposés par les éditions Marabout… Vous les trouverez sans problème chez votre libraire.

J’espère vous avoir donné envie de vous faire du bien au cœur et aux papilles ! 

*

 Mon bol green :

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(vous voyez, avec ma vision en rose & bleu, ça donne une couleur étrange quand je veux obtenir du vert…) >Veggies ; Dés d’omelette de lentilles aux champignons et levure maltée Quinotto (quinoa) à la courgette et crème de pistache !
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8 réflexions sur “Livres de cuisine pour une alimentation green : curiosité joyeuse

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