Humeurs des saisons : recettes vegan autour de la Butternut; « Est-ce que se fixer un but, c’est vouloir (se) prouver quelque chose? ».

BoNjoUr !

Comment allez-vous?

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Dernièrement, j’ai lu « L’Autre qu’on adorait », de Catherine Cusset, un roman aussi tragique que prometteur. Vous pouvez retrouver mon avis contrasté et affecté ici.

Consciente de  la douleur avec laquelle doit vivre l’auteur et qui sous-tend cette autofiction ( ?), et des montagnes russes émotionnelles auxquelles Thomas était en proie ; j’ai toutefois trouvé cette distance et ce rythme linéaire assez plat –sûrement sert-il de miroir et de contraste au tragique mouvementé de cette existence.

«Ain't no sunshine when she's gone». "She"? ELLE; l'exaltation; la certitude, mue par la vanité orgueilleuse.. Rouge exaltation – Noir néant. Un autre, dont les épreuves sur le chemin de la vie ne sont que "formalités" ; mais qui ne parvient pas à remplir la formalité de la Vie. Une lecture bien contrastée que celle de "l'Autre qu'on adorait" : elle résonnera, en tout ou partie, différemment selon chaque individualité. Catherine Cusset sait jouer des contrastes : la haine, l'amour; des phrases sèches et monocordes -un rythme limite lassant et aliénant- pour dépeindre une vie d'intensité éparpillée. Des montagnes russes existentielles décrites en un récit rectiligne et cyclique. Lassant..? Ou une écriture finement en miroir de ce dont souffre Thomas? C'est au début du chapitre V que mon ventre a exsudé de la peur, de l'angoisse, du chagrin..à la lecture d'une analyse fine du néant vers lequel s'embourbe Thomas, du fait de réminiscences personnelles. Thomas, qui a des valises de livres et de culture plein la tête; mais ne sait où poser et que faire de ses bagages existentiels. Quoi qu'il en soit, c'est la fin qui bouleverse..Mais quelle fin? Celle qui commence au début du livre, ou à ses dernières pages?..📖 #📖. #livre #roman #catherinecusset #book #bookstagram #rentreelitteraire #rentreelitteraire2016 #lire #lecture #itsibitsibookini #blogàfeuilles #durable #greenblog #veganfood

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Mais c’est au chapitre V, vers la fin du livre que mon ventre s’est noué et a reflué tout un tas d’émotions..

Tant la description de la dépression dans laquelle s’embourbait Thomas était fine ; tant cette évocation de l’affaissement morose de l’état dépressif rendait compte du néant.

 

 

Peur, chagrin, angoisse, cafard sont les émotions qui m’ont saisie au ventre.
Car si j’ai pu jauger de la finesse de cette description en quelques mots, c’est que j’ai connu ce tunnel sans lumière (sans connaître l’affection de Thomas). Cet embourbement noir, ce trouble innommable mais sans espoir, qui dénature toute chose et fait perdre goût à la vie.
Au fond, l’on n’a jamais été bon à rien, notre vie est un néant et l’on ne voit pas d’issue, pas la lumière de l’amélioration.

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Et si j’ai pu sortir progressivement la tête de l’eau –outre le pilier intérieure et constant que fut et est ma famille– c’est entre autres grâce à une ancre extérieure que j’ai décidé de saisir, mon ancre, ma bouée, à savoir m’investir dans l’idée que je me fais d’un blog, et de ce qu’il pouvait apporter : écrire (pour l’amour des mots) ; questionner (pour mon besoin de mettre ce qui m’entoure en relief) ; proposer des idées et des recettes (pour la force du partage) ; et progressivement, donner une identité propre à cette plate-forme, à mesure que je me trouvais -ce qui ne se façonne que depuis quelques mois.

Ce blog n’est donc pas une funeste bouée, mais la concrétisation de ma passion des Mots, de la cuisine, des débats et de la lecture ; de mon goût pour le partage ; de mon intérêt pour tout ce que l’univers des blogs peut offrir afin de s’enrichir*. Unique ancre à laquelle je me suis accrochée pour donner progressivement un sens aux diverses ramifications de mon existence. Une raison de se relever, de continuer, d’Etre.

La bouée d’un univers qui peut paraître futile, mais m’a été bien utile.
Comme chaque béquille que trouvent les nombreuses personnes connaissant un jour la dépression.

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Mais m’accrocher à une bouée extérieure m’a beaucoup gênée.
Si j’aime écrire, je n’avais qu’à tenir un journal ; si j’aime cuisiner, je n’avais qu’à simplement le mettre en pratique sans passer par une plateforme publique.

Malgré sa force salvatrice, cela m’a donné l’impression de ne pas trouver la justification nécessaire en moi pour choisir de me relever.
Comme si  la couleur et la texture de mon existence, ce que je valais, était trop fades et pas à la hauteur pour me donner une raison de voir la lumière au bout du tunnel.
JE ne légitimais pas un relèvement, le vide –à mes yeux- de sens et de consistance de mon existence ne constituait pas une raison suffisante pour que je m’y accroche et y impulse une guérison.

Et j’ai même été très gênée de voir que l’amour et la présence solide dont m’assuraient mes proches, n’étaient pas suffisants pour que m’y appuie pour arrêter de broyer du noir.

Car cet amour avait justement été constant, permanent, assuré ; ce pilier intérieur faisait partie de cette existence vide que je remettais en cause.

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Il me fallait attraper au vol une bouée extérieure, nouvellement façonnée. Me donner une raison d’exister, en m’investissant dans un projet mû par la passion ; mais qui, par essence, implique voire attend une reconnaissance extérieure.
Pour permettre le partage d’abord ; mais aussi justifier de continuer, évaluer la valeur de ce que l’on propose, voire sa propre valeur ; se légitimer, se jauger, être reconnu et accepté. Donner une consistance et un répondant à son existence.

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Cette reconnaissance n’est pourtant pas venue au moment où elle était nécessaire –sans doute car mes productions de bébé blogueuse étaient maladroites- et elle reste fragile malgré le temps et l’investissement que j’y consacre.

Mais j’ai continué, car mettre des mots sur les choses, partager des idées et des recettes, y découvrir la cuisine végéta*ienne, concrétiser mon intérêt pour l’environnement ou la lutte contre le gaspillage…me renforçaient, me portaient modestement ; et me donnait une porte d’entrée sur les articles admirables et le talent considérable d’autres blogueuses passionnées.

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Et je continue à ce jour, où mon blog commence à avoir son identité propre (moi, avoir une identité et une consistance propres !), où je m’amuse et m’épanouis dans l’univers végétal, où je propose des idées anti-gaspi ; et où j’ose commencer à vous parler lecture.

Mais je reste perplexe face à ces écrits qui ont besoin de répondant ; ces productions qui attendent une reconnaissance. Je pourrais tout garder pour moi, et tirer une satisfaction et une légitimation dans le simple fait de faire de bonnes recettes au quotidien, de mettre en place des astuces anti-gaspi, de lire des livres touchants…

Mais non, j’ai besoin de partager : pour échanger certes, mais sans doute aussi pour jauger ma valorisation sur le marché de l’approbation sociale. Pour prouver quelque chose. Montrer ce qui constitue la richesse d’un quotidien, proposer des idées ; pour être reconnue, légitimée, valorisée ?

 

Etre mon propre public ne suffirait donc pas à me rassurer sur ma valeur ; j’écris aussi pour me sentir légitimée par la reconnaissance, enrichie par le partage, revalorisée par le répondant de l’approbation.

JE ne suffit pas, il semble qu’on ait encore fondamentalement besoin de la société et de la reconnaissance sociale pour se dire qu’on en vaut la peine ; que cette existence a une valeur suffisante pour continuer à la porter sans faillir ou douter dangereusement.

Ce besoin diminue sans doute à mesure que la force et la confiance en soi apparaissent ; mais il ne me semble pas que cette nécessité de prouver et d’être reconnu et approuvé disparaisse : que ce soit avec sa proche famille, ses amis, des pairs donnés, des collègues, des partenaires, des individus abstraits ou la société en général..

 

Qu’en pensez-vous ?

*(enrichissement intellectuel, je ne suis nullement sponsorisée 😉 )

*

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A l’heure où l’huile de coco s’est figée à une vitesse fulgurante, où l’on troque les robes pour les pulls; et où pourtant les pâtissons et courges côtoient encore pour quelques jours les aubergines et les fraises sur les étals.. J’ai voulu vous proposer des déclinaisons gourmandes autour de la douceur de la courge Butternut.

Tarte citron-pécan ; boulettes ; gratin, veggie burger et même porridge !

*

TARTE

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Tarte citron, fromage de pécan et pâte à la butternut :

Je crois que j’ai trouvé LA recette de pâte qui me convient : originale, ferme et moelleuse à la fois, SAINplissime !

Pour la tartinade de pécan :
-25gr de noix de pécan
-3 CS d’eau
-4-5 gouttes d’huile essentielle de citron bio

Pour la pâte :
-170gr de butternut cuite à la vapeur
-70gr de farine de pois chiches
-70gr de farine 5 céréales (ou farine sans gluten)
-1CS de yaourt de soja

Pour la garniture * :
-200-250gr de poireaux cuits (rincés et égouttés si en bocal)
-1Cs de levure maltée

La veille, mettez les noix de pécan à tremper dans de l’eau ; changez cette dernière 1 ou 2 fois

Vous pouvez préparer la pâte la veille également : réduisez la courge en purée, avec le yaourt de soja. Ajoutez cette purée au mélange de farines; mélangez bien pour obtenir une consistance souple et homogène. J’ai du ajouter un peu d’eau : cela dépend de la consistance de votre yaourt de soja : ajustez en fonction. De même, ajoutez du curry et/ou du sel si vos poireaux ne sont pas déjà salés.
Formez une boule, et laissez reposer au frais

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Le lendemain, préchauffez le four à 180°-200°C selon sa puissance (un jour j’aurai un four de grande ^^)

Rincez et égouttez les noix ; mixez-les avec l’eau et l’HE de citron. N’hésitez pas à laisser quelques petits morceaux de noix !

Etalez la pâte sur une surface farinée (je l’étale sur ma feuille de cuisson lavable, que je place dans le plat) et garnissez-en votre plat à tarte, éventuellement huilé.

Etalez le fromage de pécan sur la pâte, puis disposez les légumes.
Saupoudrez de levure maltée

Enfournez pour 25 minutes environ

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(*en version sucrée : remplacez les légumes par de la compote de myrtilles, des dés de pomme et des cranberries !)

 

*

BURGERS

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Pour 4 veggie steaks butternut-sarrasin-pois chiches  (sans gluten) :

-100gr de butternut
-50gr de yaourt de soja
-130gr de farine de pois chiches
-1 CS de fécule de maïs
-35gr de farine de sarrasin
-2 cc de paprika

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Faites cuire la butternut coupée en dés, à la vapeur (profitez-en pour faire cuire vos pâtes ou  céréales 😉 )

Préchauffez le four à 190°C

Dans un saladier, ajoutez la butternut, le yaourt, les farines, la fécule et les épices.

Mixez à l’aide du mixeur plongeant, pour obtenir une pâte souple et homogène.

Prélevez-en et formez les galettes avec les mains farinées

Déposez-les sur votre support de cuisson (je l’ai huilé avec l’huile de surface des pots de purées d’oléagineux pour éviter de la jeter : ça donne un bon petit goût de noix), et enfournez pour une bonne quinzaine de minutes !

Vous pouvez les servir entre des tranches de pain, ou de butternut; avec du fromage végétal !

*

BOULETTES

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Boulettes de saison :

L’occasion de décliner les farines en fonction des envies saisonnières; et de consommer du son avec parcimonie, si comme moi vous avez un TDM (tube digestif de m..) qui donne souvent une VDM.
Sinon, utilisez le son en gommage?

-100gr de butternut cuite  à la vapeur et réduite en purée
-20gr de farine de pois chiche
-2 cc de son d’avoine
-10gr de farine  : de noix de coco ; de noix ; ou de châtaigne
-1Cs de crème ou de yaourt de soja
-Epices et assaisonnement de votre choix

Préchauffez le four à 200°C

Dans un saladier, mélangez les farines tamisées, le son et les épices

Dans un autre récipient, amalgamez la purée de courge et la crème de soja

Ajoutez cette purée au mélange sec, et mélangez à l’aide d’une cuillère en bois puis de vos dix ptits doigts.

Formez des boulettes et enfournez-les pour une quinzaine de minutes (surveillez)

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(Vous pouvez les présenter piquées sur des brins de lavande ou de basilic séchés)

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*

GRATIN

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Gratin riz- légumineuses – butternut

Pour ce gratin effet bouillotte, j’ai utilisé un mélange de riz et lentilles que j’avais fait : une fois rincés, je les avais mis à tremper dans du bouillon de miso au curry, puis cuits dans ce dernier.
Si ces recettes contiennent pas mal de soja, c’est un hasard aléatoire, car j’avais du lait et du yaourt de soja dans le frigo.

-60gr de haricots blancs
-60gr de lait de soja
-40gr de crème de soja
-130gr de butternut cuite
-100gr de riz-lentilles au miso au curry
-levure maltée

Préchauffez le four à 180°C

Mixez ensemble les haricots, le lait et la crème de soja, et la butternut.

Amalgamez-les avec le mélange riz-lentilles

Disposez le tout dans un plat à gratin, ou un bocal en verre

Saupoudrez de levure maltée, ou de fromage végétal

Enfournez pour 20 minutes à 180°C; puis 10 à 200°C

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« CROQUE-MONSIEUR »

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Croque-monsieur sans gluten à la crème de butternut

-100gr de Butternut cuite à la vapeur
-40gr de chou-fleur cuit à la vapeur
-15gr de lait de soja
-10gr de crème de soja
-Belles tranches de pain (ici sarrasin)
-2-3 pieds de champignons découpés en rondelles
-Fromage végétal : celui-ci !! ou tout fait 

Préchauffez le four à 200°C

Mixez la butternut, le chou-fleur, le lait et la crème de soja

Etalez cette crème sur le pain. Disposez les champignons, et ajoutez du fromage

Refermez le croque et enfournez pour 15 minutes !

 

 

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PORRIDGE

 

Overnight porridge chia – courge – cannelle

Ce que j’aime avec les courges, c’est leur pouitch en bouche douceur  et leur polyvalence.
Alors parfois, le soir, je prépare un bol d' »overnight porridge » réconfortant avec de la purée de butternut. J’y mélange par exemple :

-100gr de purée de butternut
-50gr de lait végétal (ici soja)
-1cc de graines de chia
-25gr de flocons de seigle
-15gr de flocons d’avoine
-10gr de flocons de pois chiches
-1 CS de cannelle

Mélangez bien le tout, et laissez gonfler au frais

N’hésitez pas à tester l’association butternut – confiture d’abricot !

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*

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Pensées feuillues

 

 

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