Se sentir soi et être végétaBien en famille…Lectures gourmandes !

A partir de quand, de quoi, nos décisions sont-elles crédibles? Et nos choix de vie doivent-ils être légitimés jusque dans la sphère familiale?

Vouloir prouver la solidité et le bien-fondé de ses choix, même au sein de sa famille peut être aussi accablant et désolant ; que source puissante de crédibilité et de confiance en soi.

img_3793

Feuilleter un livre comme on feuillette une pâte : prendre le temps de poser son esprit et ses mains, afin de ressentir et de laisser les odeurs et les souvenirs nous immerger…

Bonjour jolies graines de courges !
Comment votre famille accepte-t-elle vos choix de vie, de consommation?

img_3809
quatre-quarts doré au safran, « Desserts en famille..ou pas »

J’ai l’immense chance d’évoluer dans une sphère familiale ouverte, sensible, qui me soutient et est toujours là pour moi.
Moins végétarienne que bienveillante, moins végétalienne qu’aimante.

Je n’ai jamais eu tendance à suivre les modes –comme peut l’être considéré le mouvement végéta*ien– ce qui pouvait assurer de la crédibilité de mon choix de me détourner de la consommation de produits animaux ; mais mon relatif déboussolement dû à mon manque de confiance en moi pouvait faire craindre que je ne m’accroche à un choix alternatif comme à une bouée attrapée au vol..Et l’attention que me porte ma famille lui a quoi qu’il en soit fait dans un premier temps craindre des carences ; sa lucidité et sa cohérence lui ont fait redouter un excès ou un égarement ; sa bienveillance, un trop plein de déboussolement aboutissant à un manque de nuance.

img_3814

Et en effet, même au sein de ma famille, j’ai à cœur de prouver ma crédibilité, surtout pour ce choix de consommation, qui correspond à un tournant de ma construction et de ma vie. Cette incertitude, ce manque de confiance de part et d’autre, ces doutes que je vivais comme une remise en cause, m’ont troublée, harassée, et heureusement questionnée.

Car effectivement, sans cette remise en cause (moins vécue que suspectée et ressentie) qui a été source de perte de confiance, d’accablement, de déboussolement ; mais aussi de mise en perspective de ce choix, de nuance pour plus de cohérence, et qui m’a permis de relativiser; j’aurai été encore plus perdue, mais surtout me serais appropriée un choix de vie que je savais juste et cohérent, mais que je n’aurai pas intégré personnellement, adapté à qui je suis et deviens : ce qui l’aurait rendu bancal, incohérent et ravageur car trop fragile.

img_3821

Il est tout à fait normal et légitime qu’une famille s’inquiète et doute.
Ma crédibilité première venait du fait que j’étais déjà sensible aux questions environnementales, au gaspillage alimentaire et au bio.
Mais je me serai lancée trop vite dans le végéta*isme, si les discussions et l’écoute de ma maman ne m’avaient permis d’apporter de la nuance et de me calmer. Je voulais en fait tout faire dès le début pour être cohérente : pas de viande ? donc pas de cuir, pas de savon au lait d’ânesse? Tout bio? Pas de laine, etc..

Je cherchais la cohérence, mais sans la nuance bienveillante de ma mère, je l’aurai piétinée au prix de mon déboussolement.

Tout est relatif ; mais discuter et argumenter avec sa famille n’est pas que « saoulant » : c’est aussi précieux, enrichissant et constructif.
En tout cas ça l’a été pour moi.

img_3819

Et après de longs mois -des revirements dans mon choix d’orientation professionnelle ;un apaisement existentiel, comme si les pièces éparpillées et tordues de mon puzzle commençaient à se restructurer- je me suis enfin posée, (presque !) trouvée et solidifiée sur ce choix de consommation, assurée que le végéta*isme (végétalisme mais je n’aime pas les étiquettes) me convenait, que je m’y épanouissais, nourrie de ces questionnements constructifs et non hâtifs, de découvertes et de lectures ; en harmonie avec un choix de vie et de valeur que j’avais fait mien.
Je peux à présent affirmer qu’être végéta*ienne me convient, même si ce n’est pas toujours évident « en société », que ça fait une case de plus à cocher dans mon côté atypique, a-normale.

Mais alors que je me sens crédible…Je ne ressens plus le besoin de me légitimer.
Car ce besoin d’être crédible auprès de ma famille venait du fait qu’elle est mon pilier et que j’ai besoin d’échanger avec elle ; mais aussi du fait que ce choix du végéta*isme était encore fragile et bancal en moi, mal-assuré.
A présent qu’il est solide (donc crédible, cohérent, et bien mené donc exempte de carences) je n’ai plus besoin de l’écho de confiance que je cherchais désespérément au début.
Mais si mon végéta*isme est solide, c’est aussi parce-que j’ai discuté de mon choix et de  mes pertes de repères avec ma famille et surtout ma maman, qui les a mis en relief et m’a apaisée ; si je me sens plus solide, c’est grâce à sa confiance.

Et à présent que je ne tente plus de prouver, ma maman m’a confié récemment qu’elle me trouvait changée : plus « adulte » (j’ai toujours souffert de mon manque de crédibilité du fait de mon physique juvénile), plus posée : plus crédible car je me suis trouvée. Je m’épanouis au travail, dans mon alimentation, je me sens bien chez moi..Je réussis presque à être moi. Ce que je n’aurai jamais pensé envisageable (vous imaginez l’Everest, pour quelqu’un de ma taille?).
Je n’ai plus à chercher à prouver, à être crédible, à me légitimer ; je peux utiliser cette vaine énergie à être moi, me construire selon mes choix et valeurs, car au fond, c’est ça qui rend plus crédible : prendre le temps de trouver comment ce choix de vie peut être cohérent avec soi ; et rester ouvert aux discussions avec l’extérieur.

img_3823

Mon végétalisme est surtout déployé dans mon quotidien; et si ma famille fait des efforts quand je reviens, ce n’est pas son mode d’alimentation donc je suis parfois frustrée. Mais elle reste ouverte aux propositions (pas du tout du genre à considérer qu’un repas sans produits animaux ne peut être bon) ; et mon repas d’anniversaire sera végétal, tout comme le fut le dessert de Noël l’année dernière.

C’est surtout que ma famille peut manquer d’idées, ce qui me fait tout bizarre moi qui suis passionnée par les livres de cuisine, et fascinée par le talent exprimé dans les blogs.

Donc c’est foulant le sol de ma nouvelle ville au crépuscule, à la lumière des réverbères et au son des jets d’eau de la place centrale, que je plonge dans les réminiscences et les recettes, à travers le livre d’Hannah Kaminsky « Desserts en famille..ou pas », pour y trouver des idées de recettes à proposer et partager à ma famille.

Nous n’avons jamais été pâtisseries et gâteaux du dimanche à la maison; et ma famille est rikiki donc je ne connais pas les grandes tablées gourmandes.
Mais on sait se faire plaisir ! Gâteaux au chocolat, madeleines, cookies, crêpes, tartes !

img_3793

Comme Hannah Kaminsky, j’aime autant retrouver le goût des classiques, que revisiter des recettes avec des associations originales.
Ses recettes détonantes, très variées, et accessibles  semblent donc plus me convenir (Niark Niark!) car j’y retrouve un côté farfelu, des recettes pouvant se décliner au fil des idées, des variations gourmandes, et décomplexées.

Mais ça ne m’a pas empêchée de trouver un tas de recettes qui leur correspondraient, leur plairaient, ou du moins m’ont fait penser à eux.

img_3810

Pour ma soeur qui vit de soleil et de noix de coco, et aime beaucoup quand je lui fais des congolais; j’ai surtout pensé aux macarons à la noix de coco ! Mais comme c’est son anniversaire dans une poignée d’heures, pourquoi ne pas oser la Tarte Samoa aux saveurs de noix de coco et de chocolat?

 

Quant à l’audace de l’association du poivre et du piment avec du chocolat, comme dans cette crème, elle m’a fait penser à mon frère, toujours ouvert à goûter de nouveaux mets.

img_3808

C’est surtout en automne, saison de son anniversaire (!) que j’ai trouvé des recettes qui plairaient à ma maman : glace gourmande aux noix de pécan ; quatre-quarts au safran pour le petit-déjeuner; brochettes pommes d’amour ; crèmes brûlées revisitées; blondies au kaki, fruit qu’elle adore; madeleines..etc.

 

Et à moi les tartes, sablés, cheesecakes (un des premiers « défis » quand je suis devenue végéta*ienne!), etc !!

**

img_3814

Autant je préfère me faire plaisir pendant les repas, et ne grignote pas entre ; autant ma mère comme mes frère et soeur aiment « grignoter », trouver des petits biscuits tout frais à déguster avec le café du milieu de matinée, en rentrant du travail ou à n’importe quelle heure de la journée. Au quotidien, ils préfèrent se faire de petits plaisirs ponctuels et inopinés au gré de l’appel de leur ventre ou de leurs papilles, que de s’attabler devant un gâteau plus conséquent.

img_3816

Donc autant vous dire que cette « Invasion de cookies » est le livre parfaitement adapté (de toute façon les cookies doivent répondre à une théorie assez universelle, non? 😉 ). Si devant « Desserts en famille..ou pas » l’on murmure un « Rhoooo » d’émotion et de gourmandise nostalgique ; « Invasion de cookies » est plutôt le genre de livre devant lequel on pousse un « Gniiii » de décadence.

img_3823

Tout comme Hannah Kaminsky, Terry Hope Romero & Isa Chandra Moskowitz -dont on ne présente plus le talent, proposent en introduction une liste d’ingrédients aussi basiques que décomplexés. La qualité des produits est valorisée, de même que la saisonnalité ; mais le bio n’est par exemple pas imposé, tout comme le sans gluten, même s’il est pris en compte.

La cuisine d’Hannah Kaminsky n’est pas sans gluten. Si j’ai eu ma période excessive, où j’ai évité le gluten, influencée par les articles chocs, qui le présentaient comme la source de nos maux voire le nouveau poison, à coups de hashtags montant en puissance ; je me suis là aussi posée, questionnée, et j’ai réalisé que le gluten n’était pas la source de mes maux de ventre, que je le digérais ni plus ni moins bien qu’une autre céréale, et que le principal était la diversification et la qualité de celles-ci.Et si la farine de blé est ici majoritaire, libre à nous d’adapter, de tester, d’innover, de s’amuser, comme l’explique l’auteure en introduction : esprit du « free the taste buds » qui façonne mes recettes !

img_3812
« Desserts en famille..ou pas! »

Dans les deux livres, ingrédients et ustensiles nécessités sont détaillés, mais j’ai été plus à l’aise avec le didactisme de l’introduction d' »Invasion de cookies », dans lequel les ingrédients présentés sont plus « bruts », ce vers quoi je tends ; tandis qu’Hannah Kaminsky présente ses ingrédients au sens de produits qu’elle utilise régulièrement et que l’on retrouve ensuite dans les recettes : ce sont moins des produits bruts, que ses basiques à elle, qu’elle trouve aux Etats-Unis (comme certains biscuits ou cream cheese) ; alors que je n’habite paaaas vraiment là-bas, et encore moins à Paris. Et j’évite de trop commander par Internet, donc libre à moi, à nous de détourner et adapter certaines recettes ! Ou de faire nous mêmes certains biscuits…d’après les recettes d' »Invasion de Cookies » !

img_3804
Oreo veganes « Oh la la », Invasion de cookies »

Comme le fera sans doute ma famille, je suc-combe pour « Invasion de Cookies » : un livre d’un très bon rapport qualité-prix compte tenu du talent des auteurs, et des valeurs des Editions L’Âge d’Homme, qui est un vrai coup de coeur.
Des blondies au biscuits sains, en passant par tous les cookies décadents !

img_3802

Cette année, mon rythme de travail fait que je rentre plus tard, à l’heure flottante où l’on a faim, mais où prendre un gros goûter risquerait de nous couper l’appétit pour le diner.
Alors, avec « Invasion de cookies », je me suis dit que ce serait l’occasion parfaite, car les biscuits sont adaptés aux petits creux, on peut les varier, les ajuster. Et pour les jours de cours, ils sont pratiques à glisser dans le sac et à croquer entre deux cours !

img_3800

J’ai vraiment hâte de les tester au quotidien, et de les partager avec ma famille rikiki quand je la verrai (soon).

Et puis, pour les jours Off et les grosses faims, comme « Desserts en famille », le livre de Isa Chandra Moskowitz & Terry Hope Romero proposent des blondies, gâteaux et autres brownies décadents !

img_3797

Les deux ouvrages proposent ainsi chacun à leur manière, des recettes décalées, polyvalentes et innovantes. A partager en famille; à décliner seul, au quotidien ou lors d’occasions (Halloween, fêtes diverses, réunions, petits bonheurs…).

img_3813
Cheesecake façon banana split, « Desserts en famille…ou pas! »

*

Et y a même des biscuits canins !!

Je sais pourquoi je l'appelle Joie de Vivre ☺️ #dogsofinstagram #saucissesurpattes

A post shared by qu'on se le dise 🍀 Mathilde (@quonseledise) on

 

Pensées feuillues

 

img_3814

Advertisements

3 réflexions sur “Se sentir soi et être végétaBien en famille…Lectures gourmandes !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s