Ecrans et affrontement des émotions

Haha regardez ce que j’ai trouvé dans mon ordinateur : un article que j’avais écrit il y a au moins deux ans pour un autre projet 😅

Sur le rapport entre émotions et écrans..Tout un poème !

Vive le ménage de Printemps 😬

 

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« Sans même aller jusqu’aux amours virtuels que les sites fleurissants à chaque coin d’écran vous proposent, l’on ne peut que constater que les relations à travers un écran, souvent qualifiées de virtuelles, reconfigurent complètement le rapport à l’Autre, surtout aux personnes de sexe opposé que l’on cherche à satisfaire ou séduire. En effet, par le temps de réflexion et la part de simulation spécifique que permettent réseaux sociaux et sms, la confrontation aux réactions spontanées est retardée ou entravée.

Déja que « les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus »), et que l’on a souvent du mal à se comprendre et à appréhender les réactions de l’autre entre sexes opposés, il me semble que le fait de se découvrir, faire connaissance, garder contact, se draguer, entretenir la relation ou de se réconcilier, derrière un écran, remodèle les rapports car virtuellement, les réactions sont par définition moins spontanées et plus réfléchies.

 

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Une approche facilitée

En effet, si les communications virtuelles sont par définition en marge des relations réelles et concrètes, l’accès à l’autre est cependant plus aisé ; car posé au calme derrière un écran, l’on peut prendre le temps de canaliser ses émotions, réfléchir à la manière dont on va l’aborder ou introduire la conversation, bref, ne pas se laisser déborder par la confusion.

Les nouvelles technologies nous offrent une palette de moyens de communication, que ce soit par messages, ou témoignages de ses centres d’intérêt, attraits ou désamours par des « like », photos et partages.

Qualifier ces relations de virtuelles est toutefois délicat, car elles sont ressenties comme bien réelles, les obstacles émotionnels en moins, et permettent dans la plupart des cas d’introduire une relation concrète.
L’on découvre la personne de sexe opposé à travers le symbole de la culture de l’immédiateté, tout en ayant paradoxalement plus de temps pour contenir ses errements et hésitations

La découverte et l’appréhension d’autrui, potentiel(le) ami(e) ou plus si affinités, se fait par une facette toute autre : non plus par la sensibilité, la sensorialité, l’observation de ses attitudes, prises de position spontanées ou tout simplement par le dialogue, mais par des biais à première vue indirects, qui nous en apprennent sur lui/elle à travers d’autres prismes. La délicatesse de la tâche consistant bien sur à déceler ce qui relève réellement de la personnalité de l’individu, qu’il nous aurait dévoilée en cas de relation sans simulation ; et ce qui a trait à l’artifice conformiste propre à toute société, et accentué par les réseaux sociaux, leur immédiateté et leur tendance à la vie pour autrui.

Si les réponses ne sont pas temporellement synchronisées, elles le sont parfois factuellement, par l’ajustement aux apparentes attentes de l’autre, ce qui bloque l’authenticité nécessaire à toute fréquentation.

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Le ptit truc en moins

Mais bafouiller, douter, se tromper, serait alors la figure de l’anti-glamour que l’écran permet de neutraliser ? Le charme des prémices d’une relation ne tient-il pas aussi à ces incertitudes ?

Certes, dévoiler ses troubles et se mettre à nu dans la confusion, déstabilise et porte un rude coup à notre confiance, mais notre différenciation biologique et sociale entraine immanquablement des dissonances, reflet de l’appréhension des réactions de notre interlocuteur-trice ; spontanéité qu’il sera regrettable de gommer au profit d’une cohérence réglée et réfléchie.

Alors bien sur, l’écran n’est pas la baguette magique moderne (mes excuses aux derniers illusionnés), et le clavier n’entraine pas, sous prétexte de nous laisser le temps de réfléchir, une parfaite cohérence des réactions et une appréhension harmonieuse des dires et agirs du sexe opposé. Mais il nous est déjà difficile d’atteindre, de comprendre, et surtout de nous confronter aux réactions ce dernier ; alors introduire un tiers entre nos réactions pensées et nos messages finalement écrits, par le biais du clavier, distancie nos attitudes premières et instinctives, portées par la parole.

 

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Her, ou l’Autre essentialisé(e)

Dans ce troublant film de Spike Jonze, Theodore (Joaquin Phoenix) est confronté, par sa rupture avec sa femme, à son incapacité à affronter les vraies relations ; ce que sa relation avec Samantha, système informatique intuitif, n’arrange pas à première vue.

Le titre du film montre bien à quel point le sexe opposé est essentialisé, dans son altérité globale. Ici, l’autre semble inaccessible, et ses réactions parfois désajustées par rapport aux attentes et aspirations.
La fougue et l’enthousiasme presque enfantin des Twombly, laisse la place à une maturité ou lassitude relationnelle sous forme de divergences et dysharmonies ; ce trouble pousse le couple au divorce… mais ne fait-il pas le propre des relations entre deux altérités qui ne peuvent prévoir, envisager et s’adapter à toutes les postures de celui que l’on doit perpétuellement conquérir, ou combler dans le cas d’un amitié ?

Le face à face n’est pas totalement supprimé entre Theodore et Samantha, car ils se découvrent et se séduisent par la voix ; mais cela l’empêche de se confronter aux réactions humaines du sexe opposé, ce que lui reproche d’ailleurs son ex-femme.

 

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Une affaire de sexe ou d’altérité ?

En effet, une relation entre personnes de même sexe serait-elle plus évidente alors ?

Il est certain que développer une relation avec quelqu’un qui nous est plus semblable est facilité par la moindre différence de constitution physique, sociale et peut-être psychique ; en témoigne la plus grande aisance presque naïve avec laquelle l’on construit une amitié. L’autre sexe est presque entièrement à découvrir et appréhender ; car si beaucoup sont sociales, les différenciations d’approches et de comportement ne sont pas négligeables. Aucune étude sérieuse ne l’a démontré, mais il est souvent rapporté que les femmes doutent, s’inquiètent, pleurent, bref, se prennent plus la tête que les hommes, plus terre à terre et directs quand quelque chose déraille.

Mais d’une part construire une relation d’amour est bien différent d’une relation d’amitié, et d’autre part, les difficultés que l’on rencontre dans son parcours amical, et le fait que l’on ne puisse être ami avec tout le monde, montre que l’approche n’est pas qu’une affaire de sexe.

(Se) découvrir (à) l’Autre reste un besoin de chaque instant, et non seulement des premiers jours, se qui implique une sincérité mesurée, et si dissimulation il doit y avoir, elle doit être due plus à une volonté de préserver son jardin secret, qu’une simulation sociale virtuelle pour se conformer aux attentes de nos amis facebook, followers, ou de la personne que l’on cherche à séduire ou contenter.

 

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La virtualité peut être d’une grande aide dans l’approche de l’autre, et surtout du sexe opposé, tâche malaisée pour beaucoup d’entre nous, mais ma relation ne doit pas persister dans l’idéalisation et la dissimulation de nos aspérités derrière pixels, like et autres sms ».

 

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Voilà voilà.

Heureusement que je n’ai pas voulu être journaliste 😉

 

 

 

 

 

 

 

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