Nos valeurs : Sécurité ou Liberté ? Débat sociétal et dilemme individuel

Il y a quelques temps, une thérapeute m’a demandée de hiérarchiser les valeurs qui comptaient pour moi, parmi une liste.

Après avoir fait plusieurs tris de mon côté (lors desquels l’ordre changeait à chaque fois !) nous en avons reparlé ensemble.

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Et à la fin, même si le processus d’élimination me paraissait un peu radical,  se tenaient tête : liberté et sécurité.

Je ne fus pas surprise de retrouver la contradiction qui m’habite entre ces deux valeurs ; mais de voir à quel point  elle est forte et très dure à départager.

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En effet, même dans les débats publics et le climat de tension actuel, je suis tiraillée entre ces deux fondamentaux.

Nous sommes en train de perdre ce qui fait de nous une démocratie libre, dite « pays des droits de l’Homme » du fait de normes qui viennent d’en haut.

Nous perdons ce qui fait de notre territoire un environnement sécurisé, du fait d’une frustration gangrénée venant d’en bas.

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Non, je ne suis plus vraiment rassurée quand je sors, ou de savoir que tel membre de ma famille vit à Paris et l’autre à Toulouse

Mais (pourquoi ce mais ?!) Non, je ne tolère pas les dérives, qu’elles soient autoritaires, policières ou de surenchère.

La perte de repères que nous vivons s’auto entretient : une menace prétendument insaisissable, que l’on combat par une rigidification de la société.
Pour nous garantir la chaleur sociétale de la sécurité, les libertés prennent froid.
Blanche, discrète, préférant la tempérance et les petits pas de colibris de mon côté, aux manifestations virulentes : je peux me considérer comme non-concernée par cet état d’urgence permanent.

 

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Et pourtant, il y a urgence à ce que les (pour l’instant) »irréprochables » au faciès accepté et à l’esprit critique aiguisé, agissent pour rogner cette permanence de l’urgence dans l’Etat.

Car : À force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel disait Edgar Morin.

 

Et pourtant, je me suis vue reproché de faire partie d’une génération résignée car je sais qu’on me vole mes données (malgré mes bloqueurs de Pub et moteurs raisonnés).

 

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Car en effet, même si j’agis comme je peux, de mon côté et en silence : je continue de faire partie de ce tout social, de ceux qui empruntent chaque jour le bateau-société sans parvenir à en lire la boussole, d’utiliser les moyens que ce 21ème siècle met à notre disposition.

Je continue à confondre progrès et usurpation de sens ; modernité et aliénation de toute éthique ; âge de fer et ère de faire ; avancer vers l’avenir ou reculer vers sa perte ; accepter l’évolution ou voir sa régression.

Je suis dans ce dégoût qui « accepte » ; cette désillusion qui avance malgré tout ; une peur de ce devenir qui ne s’entend qu’à l’intérieur de moi, car je suis une cynique sage.

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C’est sans doute cette peur du devenir qui est également commune à l’existence individuelle.

Je ne m’en cache pas : si je suis attachée à cette valeur de sécurité, c’est que j’ai peur.
Mais je ne sais pas de quoi.

L’on voudrait briller d’originalité : mais peut-être ne suis-je qu’à ranger sagement dans ces communes cases devenues psychologie de comptoir.

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Peur de grandir. De s’émanciper.
Peur des responsabilités. Peur de devenir.

Femme ; citoyenne ; peur d’habiter ce corps ?
Professionnelle, affranchie : peur de lui donner une voix ?

Et pourtant, je sentais lors de cette discussion sur les valeurs, que je tenais charnellement à celle de Liberté.

J’en ai même compris la puissance du poème d’Eluard.

Liberté, j’écris ton nom.

Car écrire serait l’ancrer, la fixer, se la donner comme objectif.

Je ne l’ai pas encore fait.

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Je ne me considère pas comme féministe, car ce terme est actuellement galvaudé, et surtout car je suis tout simplement pour l’égalité.

Je veux être libre de disposer de mon corps, de mon cœur, de ma voix.
Je veux être libre d’aller où je veux, si je le veux, libre de choisir ma voie.

Je veux être libre de débattre, d’agir, de m’engager
Je veux être libre de me faire plaisir, de m’aimer telle que je suis, libre d’oser.

Ce dernier souhait, je ne l’ai pas encore fait.

Car j’ai peur : du regard d’autrui de l’imperfection de l’incohérence du manque de légitimité
De ne pas parvenir à (me) prouver

Or nous n’avons rien à prouver, juste vivre

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Mais ce tiraillement de valeurs que vivent la société et ses membres, rend ces cinq lettres bien difficiles à appliquer avec légèreté, ou du moins équilibre.

Car nous sommes notre propre paradoxe.

Comment échanger quand on tient trop à sa routine sécurisante pour aller vers l’autre ?

Comment partager, quand son chez soi (d’habitudes et d’habitat) prime sur oser ?

Comment notre coquille peut-elle nous protéger quand elle nous oppresse ?

Nous tenir chaud, quand trop de sécurité serre et frigorifie le cœur ?

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Du général au particulier, je pense que deux valeurs doivent accompagner le je t’aime moi non plus du couple sécurité-liberté : la confiance et l’esprit critique.

Nos cœurs de citoyens sont en état d’urgence humaniste et social, car l’on ne sait plus si l’on peut/et à qui faire confiance. Surtout à ceux qui édictent les lois qui régiront notre vivre ensemble…dont certains finissent par douter de la solidité et de la résistance à toute épreuve.

« On ne nous dit pas tout ».

Un climat de fiance s’installe entre eux et nous, entre nous et nous.

Que faire : accepter plus de sécurité pour être libre d’être protégé ?

Refuser de rogner nos libertés, pour mettre nos précieux acquis sociaux et droits humains en sécurité ?

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Un climat de défiance est installé en nous.

Car notre cœur et notre inconscient ne nous disent pas tout.

Je suis tiraillée entre ma précieuse sécurité, et mon profond besoin de liberté car je suis déboussolée sur mon identité, à révéler,  mes aspirations camouflées, ce qui est vraiment important pour ce moi enfoui.

Se démasquer prend du temps, car il s’agit de s’écouter, d’avoir confiance, d’avoir un recul critique quant au mode de fonctionnement d’autrui.

Mais rien n’est perdu, puisque nous vivrons vieux grâce aux technologies ;
Nous avons tout le temps de sonder notre qui je suis !

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Une louche de tempérance additionnée de nuance, une cuillérée de distance ; Une rasade d’échanges et de discussions enrichissantes, beaucoup d’engagement et une poignée d’espérance !

 

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4 réflexions sur “Nos valeurs : Sécurité ou Liberté ? Débat sociétal et dilemme individuel

  1. Bonjour! Être féministe c’est être humaniste et pour l’égalité des sexes! Tout en soulignant que ds cette inégalité de genre actuelle ce sont majoritairement les femmes qui sont opressées. (sans pour autant nier que le sexisme nuit aussi aux hommes). Se dire féministe, pour moi, c’est affirmer sa solidarité avec toutes les femmes victimes de violences et d’injustices ds le monde parce qu’elles sont femmes. C’est un mot certes galvaudé, mais tellement important!
    Merci pour votre blog qui me donne à réfléchir et met des mots sur certains de mes ressentis!

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