UNDERGROUND RAILROAD, de Colson Whitehead

…Quand les seuls Etats américains que j’ai « visités » furent parmi les plus esclavagistes. Réminiscences que j’ai pu ressentir.

*

Seuls 6 livres ont obtenu ces deux prix

 

Dans la Géorgie pré-Guerre de Sécession, Cora, 16 ans, n’a connu que la condition d’esclave. Alors qu’elle n’était qu’une enfant, sa mère s’est enfuie de la plantation qui avait acheté sa propre mère ; abandonnant Cora aux labeurs et châtiments imposés par les Randall.

La première fois que Caesar partage avec elle son désir de fuite alors qu’ils ne se connaissent pas, elle refuse de quitter le lopin de terre de sa grand-mère.

Mais suite à un nouveau débordement de haine et de rancœur envers sa condition, elle accepte, suivant les pas de sa mère, voilée d’amertume.

 

Est-ce l’esclavage ou ce qu’ils auront à commettre lors de leur fuite que deux enfants n’auraient jamais dû connaitre ? en tout cas Cora et Caesar sont activement recherchés par les chasseurs d’esclaves.

Après leur traque dans les bois, ils parviennent néanmoins à emprunter le CDFC, chemin de fer clandestin, pour rejoindre la Caroline du Sud.

 

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Dans Underground Railroad, l’auteur matérialise la locomotive souterraine ayant permis à des dizaines d’esclaves de prendre la fuite. Il s’agissait en fait d’un réseau d’abolitionnistes plus ou moins actifs : une chaîne clandestine à travers des Etats plus ou moins vigoureux dans leur esclavagisme, mais ayant toujours une conception hiérarchisée des races.

En Caroline du Sud, les lois raciales sont toutefois bien plus « ouvertes » qu’en Géorgie, et les deux adolescents vont tenter de construire une vie dans cet Etat où les Noirs sont éduqués la faveur de la mission civilisatrice des Blancs.
Éduqués…et étudiés, voire bien pire.

Croyant avoir trouvé la liberté dans la vastitude de l’affranchissement des chaînes, Cora va réaliser que la claustration et l’assujettissement à sa condition sont permanents.

Des entraves d’autant plus manifestes quand la traque continue de chasseurs d’esclaves sans pitié, l’oblige à retrouver tant bien que mal le CDFC, non sans déchirements.

 

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Encensé par la critique, ce livre s’est vu primé d’un rare doublé : le Prix Pulitzer et le National Book Award.
Autant dire qu’il est un « incontournable » de la rentrée.

Pourtant -ou devrai-je dire « donc » puisqu’aux éloges suit souvent la déception?- j’ai été déçue par le style (la traduction?) de ce roman, qui fait perdre en consistance ce pan pourtant crucial de notre Histoire.

Alors qu’au fil des asservissements, traques et espoirs d’affranchissement, les désillusions de Cora illustrent bien quel trouble grignote la notion de liberté.

 

Même dans un Etat ouvert aux idées abolitionnistes, sa dignité et son humanité seront piétinées par la hiérarchisation omniprésente des êtres.

Même échappée de la plantation, elle se retrouvera coincée dans une issue tout aussi aliénante.

Même sans chaînes et coups de fouet, elle est soumise aux préjugés raciaux qui imprègnent les esprits.


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