Quels consomacteurs sommes-nous?

Ne transposons pas notre rapport antérieur à la consommation, au mode de vie slow. Au risque de dénaturer un mouvement nécessaire, en le pratiquant selon des procédés contraires à ses valeurs de base. Et d’entretenir une quête vaine et vide de sens, derrière un avoir qui définirai un être.

Penser à ma wishlist pour Noël, a suscité chez moi des envies plus que ça n’a répondu à des besoins.

En effet, je distingue ces deux types d’aspirations avec plus de recul depuis que j’ai concrétisé mes valeurs « écolo ».

Et mon déménagement a été un puissant révélateur de mes accumulations, qui s’est révélé très oppressant, et que je ne veux plus entretenir.

Je ne souhaite plus m’encombrer de possessions sans valeur symbolique à mes yeux (ces tasses que tout le monde a) et préfète l’authenticité du réfléchi.

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Mais, n’en déplaise au bon sens : même si je n’avais besoin que de très peu de choses, j’avais quand même envie qu’on m’offre quelques bricoles pour Noël.
Et avouons-le, c’est pas super funky de ne se voir offrir que des trucs utilitaires pour les fêtes.
Genre une lampe ou un couteau suisse 🤪.

Du coup, la bonne excuse aidant : je me suis accordée de flâner sur des e-shops slows et blogs écolos, pour allier l’utile à l’agréable.
À savoir répondre à un besoin (chaussures, savon, kit zéro déchet) tout en (re)découvrant des marques ou testant des produits qui me tentaient.

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J’ai réalisé que tant que je ne serai pas apaisée de manière globale (je suis très anxieuse et ai du mal à lâcher prise), j’aurai comme des pulsions consuméristes, malgré leur raréfaction et le regard lucide que j’y porte.

Cela n’a pas été le cas ici, mais ce déclenchement d’envies, ouvert par  l’opportunité que m’offrait Noël de pouvoir en piocher 2-3, m’a fait réfléchir.

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Depuis que j’ai adopté une consom’action plus responsable, et que -via le blog et les réseaux sociaux- le besoin social d’appartenance et d’échange, m’a intégrée à une communauté plus « slow, » je me demande si cette dernière fonctionne vraiment différemment des travers sociétaux qu’elle tente d’écarter.

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La communauté « slow »/écolo -dont je ne m’exclue pas- rejette la surconsommation et ce qu’elle engendre; le fait que les marques entretiennent des envies artificielles, la vaine quête de possession qui n’est qu’une course vide de sens derrière une éternelle insatisfaction.

Mais, inévitablement et un peu comme dans La Louve : à l’authenticité s’est mêlée le marketing. Outil servant le besoin légitime des marques à faire des bénéfices, afin de se développer et perdurer.

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Mais j’ai parfois l’impression que la possession de produits plus « verts » est devenu le nouveau Graal d’une partie de la communauté « slow » (ça fait secte mon truc 🙈) pour qui le passage au durable n’a pas concordé avec une distance plus saine envers la consommation, et le fait de montrer que l’on a ce produit.

Car la quête de la possession traduit un vide existentiel que résoudra une connaissance de soi apaisée, et non une simple transition écolo.

Celle-ci remodèle considérablement notre consommation. Devenue consom’action, elle est souvent moindre, plus raisonnée et réfléchie, moins artificielle; et porteuse de sens.

Mais au sein de cet univers « slow »,  l’on retrouve des schémas similaires : sponso de blogueuses , réseaux sociaux envahis de promotions détournées pour telle enseigne d’alimentation vegane ou telle marque de slow cosmétique.

Certes, ces blogueuses authentiquement éthiques doivent bien vivre, et sélectionnent rigoureusement des marques en lesquelles elles croient sincèrement. Proposant des produits responsables, qui ont besoin de se faire connaître pour se développer et étendre des pratiques éthiques.

Moi la première, je vous parle de marques que j’apprécie.

Mon article sur les blogueuses Green

Ainsi, je pense que ce paradoxe est moins imputable aux marques et blogueuses ; qu’à nous-mêmes et notre propre quête de sens.

Si le besoin de reconnaissance via la possession, et de remplissage existentiel par la consommation, perdurent alors qu‘on se veut consom’acteur; c’est que nous n’avons pas fait le point sur nos aspirations avant de nous tourner vers ces pratiques durables.

Les racines de ce changement de consommation sont sincères et authentiquement motivées par une volonté d’agir pour ce(ux) qui nous entoure (nt). Mais elles ne seront pas solides, et cette démarche ne sera pas saine et durable si on court toujours après la possession et le besoin de le montrer; l’appartenance matérialiste à une communauté ; la définition de son identité par l’espérance de la et non la satisfaction de l’être.

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Encore une fois, si je l’ai remarqué, c’est car je m’inclue dans ce paradoxe.

Ce laïus de passer par des phases de sur-consommation de produits Slow.
De laisser éclore tous ces bourgeons d’envies de posséder de  l’éthique, qui ne feront fleurir aucune vraie satisfaction puisqu’elle ne reposent pas sur un besoin légitime.
Ce désir entretenu d’avoir ce produit »green » qui résoudra tel souci.
Cette envie de posséder, moi aussi, ce cosmétique car telle blogueuse écolo l’a (montré).

Tant du point de vue de l’accumulation oppressante, que des moyens financiers : je ne peux me permettre de concrétiser toutes ces envies.

Mais plus qu’empêcher l’achat, il s’agit de résoudre ces désirs frénétiques pour en faire des envies saines et fondées.

Sinon nous participons à la dénaturation d’un mouvement authentique et nécessaire, en le pratiquant selon des procédés contraires à ses valeurs de base.

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Pour agir durablement pour ce(ux) qui nous entourent, il s’agit avant tout d’etre « slow » avec soi et ses propres aspirations.

Qui suis-je? (bon, ok : celle-ci elle est trop dure, on zappe).
À quel besoin ce désir répond ? Est-ce une envie légitime ou un énième vide à remplir.. vainement ?

Pourquoi je tiens à posséder ce produit puis le faire savoir sur les réseaux sociaux ? L’ai-je acheté pour me faire authentiquement plaisir, puis en partager la découverte autour de moi?
Ou cet avoir ne concorde-t-il pas du tout avec mon être ; et a été effectué dans la seule espérance de répondre à mon besoin légitime de reconnaissance -auprès de mes pairs ou des marques ?

Je pense qu’après avoir dissocié besoins et envies ; il faut en effet distinguer les envies qui sont du plaisir sain, et celles qui sont artificielles.

Je ne suis pas minimaliste, et pleine de contradictions.
Donc je continue à avoir des envies de produits dont je n’ai as forcément besoin tout de suite-maintenant : parce-qu’ils sont utilement fun, que j’ai envie de me faire plaisir, et que j’aime découvrir.

Je pourrai n’utiliser que du savon de Marseille et de l’huile d’olive ; et n’avoir qu’une théière. Mais je suis déjà assez exigeante envers moi-même, et n’ai pas envie de faire rimer mode de vie responsable avec morosité et frustration.

Ne bannissons pas les envies si elles sont saines et source de plaisir.

Ce qui m’importe, c’est justement que cette démarche soit responsable.

Ne pas transposer une consommation injustifiée à l’univers du slow : ne pas simplement me donner bonne conscience en me disant que j’achète un produit bio/écolo, etc. Savoir s’il répond vraiment à un besoin/une envie légitime, qui me correspond. Qui répond plus à mon envie de me faire plaisir qu’à posséder puis entretenir un besoin de reconnaissance sur le web.

 Il ne s’agit pas de juger sa consommation de manière inconstructive, mais d’être bien avec soi parce-qu’on sait pourquoi on le fait.

Il n’est pas lieu de se flageller ou se comparer, mais d’avoir un rapport sain à une consommation durable, parce-qu’on la comprend en se comprenant.

Je sais que je resterai encore, un temps indéterminé, pleine de contradictions humaines qui m’éloigneront d’une consommation pleinement raisonnée et minimaliste.
Mais j’y aspire sincèrement, pour mon bien-être et celui de la planète.

Parce-que je me sens prête à tendre, pour moi, encore plus vers un objectif zéro déchet , qui traduira une rationalisation de mon rapport à la consommation.

Parce-qu’une consommaction responsable se fonde sur des racines saines qui passent par une connaissance durable de ses aspirations et non la satisfaction illusion re de désirs artificiels.
Dont la non-satisfaction n’entraîne que frustration, malaisance et.. surconsommation.

Mais une consommation responsable peut -doit? aussi se teinter de paillettes, de (f)utilités et de PLAISIR.

Prenez soin de vous 🍀🍀

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