« Une gourmandise » de Muriel Barbery

Les dires ne peuvent tout contenir..

« L’élégance du hérisson » est un livre qui m’avait marquée jeune adolescente, et auquel j’ai souvent repensé : les images du film fixant les impressions de cette belle lecture.

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Alors quel plaisir de tomber, totalement par hasard, sur son premier roman au hasard des rayonnages de la B.U!

Une découverte qui s’est avérée une gourmandise de lecture insolite qui mêle bonne cuisine et belle langue : la vie, pour ainsi dire!

Au cœur de ce roman, un « esthète encyclopédique toujours en avance d’un plat, mais toujours en retard d’un cœur»… : le Pape de la critique gastronomique est sur son lit de mort.
Intransigeant et satisfait; son cœur le lâche au crépuscule d’une vie d’agapes. Un cœur qui, au fond, lui a fait défaut tout au long d’une carrière marquée par l’orgueil, la suffisance et le prestige enveloppé de la crainte qu’il inspire. Coutumier d’être vénéré avec docilité, il se révèle en ces dernières heures dans sa fragilité.

Il ne consacre pas ses derniers souffles à profiter d’une famille dédaignée ; mais à ses réminiscences. Et surtout à la quête de la Saveur, l’authentique, l’essence nostalgique.
Une sensation qui, puissante et insaisissable, ne se contentera pas d’envolées syntaxiques ou de belles tournures journalistiques.

Un huis clos qui est l’occasion pour l’auteure de dérouler une richesse linguistique autour des plaisirs de la chère; et l’étendue de l’ambivalence humaine.

L’élégance du dire fait écho au raffinement gourmand.
Jamais ne m’avait été donné à voir une langue si juste, déliée et grandiose pour parler de la cuisine comme lieu chaleureux, acte évocateur et dégustation polyphonique.

Un livre enlevé et subtil qui aborde bien plus que les enjeux gastronomiques.
Mêlant mets et bons mots, Muriel Barbery nous propose de mettre en perspective de façon insolite : l’orgueil, les relations hommes/femmes ou familiales, le prestige; et ce qui fait la richesse humaine.

Mais ce roman choral nous  offre aussi des réflexions intéressantes sur le terroir, l’enfance, l’ailleurs ou les souvenirs.

Et surtout, cette histoire grave et légère à la fois nous rappelle que les mots n’englobent pas tout, que les ressentis ne peuvent toujours être contenus dans des envolées syntaxiques ; qu’il faut laisser à la saveur de nos émotions ce qu’elle a d’insaisissable.

Bien mené et élégant, cette perle rare rappelle le bonheur de flâner dans les rayonnages pour dénicher celui qui saura associer découverte et attentes de lecture du moment  😊

La justesse et la qualité de la langue m’ont touchée au cœur, sur un sujet dont la légèreté savoureuse fait du bien en période d’examens !

Une gourmandise de Muriel Barbery*, chez Gallimard

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