Récemment j’ai eu (tellement ! ) plaisir à lire « Hérétiques » de Leonardo Padura : plaisir de lecture à Amsterdam !

 

Bonjour vous !

Avez-vous remarqué que c’est pour parler des choses qui nous ont le plus touché(es) que l’on peine souvent à trouver les mots ?

Parler des livres qui m’ont transportée est toujours un défi : trouver les mots justes pour décrire l’émotion ; résumer une richesse romanesque et narrative ; faire valoir la qualité de la langue ; retranscrire une expérience de lecture unique, au risque d’employer des expressions vidées de leur « (puis)sens ».

 

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Hérétiques est un plaisir de lecture, qui m’a judicieusement accompagnée à Amsterdam ; et que j’ai fait durer plusieurs semaines. Car mieux qu’un bonbon : plus l’on fait durer un grand roman, plus il a de saveur !

Une telle expérience de lecteur se vit seul(e) ; mais tout plaisir de lecture se doit d’être partagé pour démultiplier les cœurs conquis, les yeux ravis et les sourires élargis !

Je vais donc tâcher –avec humilité et justesse- de vous parler de ce roman de Leonardo Padura, qui traverse les époques et les continents!

 

2008 : alors que l’ex-policier Mario Conde traîne ses désillusions et sa pauvreté dans un Cuba qui n’a pas tenu ses promesses d’émancipation ; il est contacté par Elias Kaminsky. Venu des Etats-Unis, le peintre fait appel à ses services pour enquêter sur un mystérieux tableau de Rembrandt appartenant à sa famille depuis le 17ème ; mais volé dans le port de La Havane, lors d’une désolante halte d’exilés juifs fuyant les  persécutions.

Au fil de ses savoureuses 700 pages, le roman tisse une intrigue foisonnante et réflexive entre le 17ème et le 21ème siècles ; et de La Havane aux Pays-Bas, en passant par les Etats-Unis et l’Europe de l’Est.

Ces aller-retour amples entre lieux et époques seront savamment liés par la requête de Yasmine Kaminsky  de retrouver Judy, son amie disparue à l’été 2008. Cette histoire reliera les familles des deux jeunes filles au paquebot ancré dans le port de la Havane en 1939.

 

 

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Plaisirs en feuilles 🇳🇱 The place to TEA *. Je ne regrette pas d'avoir choisi #heretiques de #padura pour ce voyage à Amsterdam ! Chaque jour, mes visites nourrissent ce roman , et celui-ci enrichit mes pérégrinations. Si vous parvenez à lire le passage sur l'identité juive ou le camp de Westerbork; vous réaliserez comme il résonne après la visite du #quartierjuif . Et l'intrigue autour d'une toile de #rembrandt se voit enrichie de la visite de sa maison-musée …🎨 En effet, par des allers-retours entre La Havane contemporaine et celle de la #secondeguerremondiale , #leonardopadura plante une intrigue autour d'un mystérieux tableau de Rembrandt qui se serait retrouvé entre les mains d'une famille juive polonaise dès le 17ème, mais aurait disparu au cours de leurs exils et persécutions. 50 ans plus tard, un descendant de la famille vient trouver l'ex policier Mario Conde à Cuba, pour solliciter son aide dans la quête du tableau. Cette dernière est l'occasion pour les protagonistes de questionnements : sur leur identité, leur histoire et leurs aspirations face à la grande Histoire. Et l'occasion pour l'auteur de tisser un roman riche, nourri de retours sur les persécutions juives -à travers un prisme cubain insolite ; de détails artistiques ; et de réflexions sur l'articulation entre vécus intimes et destinées universelles 🖋️. Le tout avec sagacité, densité et humanité ! * #vlaamschbroodhuys est un café-boulangerie que je vous conseille si vous voulez petit-déjeuner, bruncher, boire un thé ou acheter du bon pain aux #paysbas 🍞 #itsibitsibookini #amsterdamqsld #visitamsterdam #teastagram #ilovetea #teaaddicted #livredepoche #editionsmetailie #editionspoints #auteurespagnol #romanhistorique #livrestagram #blogàfeuilles

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Ce qui m’a plu dans ce livre :

Comme dit plus haut, Hérétiques m’a accompagnée à Amsterdam.
S’est ajouté au plaisir de le lire ici ou là ; le fait que lorsque je me plongeais dans un chapitre, je venais souvent de visiter le lieu en question. Le fait d’avoir visité la maison de Rembrandt m’a permis de comprendre d’emblée pourquoi un tableau signé du maître pouvait malgré tout avoir été réalisé par un apprenti. L’évocation de la condition juive à Amsterdam, et du quartier juif ; a fait écho à la visite de ce dernier quelques heures plus tôt…
Bref ! Un choix plus  qu’approprié que ce livre pour partir à Amsterdam, d’autant plus quand les thèmes abordés sont si riches et intéressants !

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le quartier juif d’Amsterdam

En effet, quels que soient le lieu ou l’époque de l’intrigue ; Padura fait jaillir des pensées d’El Conde, des réflexions intemporelles sur la condition humaine, socio-politique ou historique.
Que ce soit les tourments de l’apprenti peintre de Rembrandt en 1648 qui doit sans logique aucune, choisir entre sa passion et sa foi ; le sarcasme d’un cubain désabusé et « a-câblé » devant les évolutions contemporaines ; ou les cas de conscience d’adolescents emos en 2008…Tous nous ramènent à des réflexions individuelles et universelles sur la liberté (de choix, le désir d’être soi), l’art, l’amour, la foi, l’amitié, le désir, la jeunesse, l’émancipation.
vec un regard sagace, parfois sombre de réalisme; mais sans noirceur (ce livre ne fout pas le bourdon, au contraire)!

 

Déjà passionnée par les implications de la Seconde Guerre Mondiale et la découverte des cultures d’ailleurs ; j’ai beaucoup appris sur la vie à Cuba, la condition des juifs d’hier ou d’aujourd’hui, les dilemmes des croyants, la ville d’Amsterdam, ou l’art…

Toutes considérations qui ne sont pas traitées avec simplisme, mais amplitude, richesse et perspicacité. Un roman magistral : si bien écrit, drôle et prenant ; il nous embarque à travers les époques dans une intrigue bien ficelée, enrichissante et plurielle !

 

 

Arguments ultimes quand il s’agit de savoir si ce livre nous a sincèrement plu : j’avais hâte de le retrouver; il m’a définitivement marquée ; je l’ai acheté sans regret (étant libraire, j’aurai pu l’emprunter, comme je le fais souvent pour mes lectures au risque d’épuiser l’argent que je n’ai pas) ; et je compte lire plein d’autres Padura !

(en effet, je pense qu’il est préférable de lire (certains) précédents romans de Padura mettant en scène Conde, car notre cher Mario évolue au fil des livres (aaah l’amuuur!)

Hérétiques, de Léonardo Padura chez Métailié puis Points. Traduit de l’espagnol (Cuba) par Elena Zayas

 


3 réflexions sur “Récemment j’ai eu (tellement ! ) plaisir à lire « Hérétiques » de Leonardo Padura : plaisir de lecture à Amsterdam !

  1. Bonjour !
    C’est un livre que j’avais reçu dans mon abonnement Exploratology et que j’avais mis de côté car ma PAL débordait 😉 et je viens de le ressortir et j’en suis à la moitié, captivée ! Ta chroniue tombe à point ! (j’ai attendu d’être à la moitié du livre pour la lire…)

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