Mode éthique et vêtements d’occasion : pourquoi j’aime participer au défi rien de neuf, en matière d’habillement (et il ne s’agit pas que d’écologie !)

 

Peut-on enfin accepter son corps en 2018?

🦋 Qu’est-ce que je suis émue quand je vois des personnes qui enfin s’acceptent, et font la paix avec leur corps !
Qu’est-ce que je me réjouis quand les rondeurs sont honorées et les corps en formes valorisés!

 

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T-shirt La Revolution Textile et Veste de seconde main

 

Mais – sans évoquer la récupération marketing de l’Etre soi…pour mieux Avoir
avez-vous remarqué comme la BIENPENSANCE PERPÉTUE LES NORMES ?

Pourquoi, spectatrice de ces affichages de formes réjouies, et belles paroles sur les corps épanouis,
je me sens toujours mal à l’aise d’en être actrice ? Pas à ma place sur la nouvelle scène du corps valorisé.

Car -tout comme j’ai été à l’écart de l’injonction de l’ « être différent pour être comme tout le monde« ;
je reste hors de la nouvelle norme bien-disante.

 

C’est en réalisant, qu’alors que je ne vais pas dans les chaînes aux mannequins aseptisés & ne lis pas de magazines féminins : j’en subis quand même les diktats, car j’ai intégré leurs normes d’apparence…
Que je me suis rendue compte que le nouveau marketing apparemment détaché, et les campagnes « libérées », RESTAIENT DÉFINIS PAR RAPPORT À CES NORMES.

Les pubs et messages mieux-disant de ces dernières années, ne nous veulent pas épanoui(e)s parce-qu’enfin autorisées à accepter notre corps. Mais parce-qu’on a, dans une certaine mesure, plus de rondeurs que les mannequins normatifs. ON EST PAS LIBRES D’ETRE VRAIS mais d’afficher de vraies formes, parce-que c’est aujourd’hui (RE!)valorisé.

 

Quand Shelbi dit :

« There aren’t many other public members of this community with my body shape, and it’s something I’ve noticed.
I want eco friendly living to be something that anyone can come to and feel that they are welcome. That they don’t need to be a certain size or wear a certain color to make a positive impact on our planet ».

Je m’y reconnais pleinement.

Et pourtant nous avons un gabarit très différent.

En effet, les campagnes qui se veulent plus ouvertes quant à l’apparence physique de celles et ceux qui les portent, concernent tout autant les marques conventionnelles –qui jusqu’alors nous enjoignaient à être minces- que les nouvelles marques engagées et/ou éthiques.

Or, comme Shelbi, je reste mal à l’aise face à ces affichages car je ne m’y retrouve toujours pas.

La liberté est un éternel recommencement

Ainsi, il ne s’agit pas d’un malaise par rapport aux conventions physiques socialement (re)valorisées. Mais à une authenticité encore une fois manquée.

Il ne s’agit pas des femmes elles-mêmes, aux formes enfin valorisées. Mais de leur affichage à dessein. Qui risque de toutes nous desservir.

 

T-shirt LRT et jupe de seconde main

Il est de bon ton que la différence soit mainstream.
Mais attention, pas n’importe laquelle.
Il ne s’agit pas d’envoyer des messages d’authentique acceptation; mais d’estimer, ce que la deuxième décennie du 20ème siècle a choisi de défendre.
Les formes dont la société lutte pour la reconnaissance. Cette même société dont l’œil omniscient est l’étalon.
L’étalon de valeur dénigré, reste ce par à rapport à quoi on s’épanouit. Du moins les formes le sont, mais qu’en est-il de l’esprit ?

La société avance dans ce qu’elle libère et accepte enfin ; mais trébuche par ses maladresses et les récupérations.

2018 se croît authentique parce-qu’il enjoint la femme que je suis, à accepter ses formes.
Les marques d’aujourd’hui me veulent réjouie parce-que leurs standards se sont élargis, leurs tailles agrandies.

Donc aujourd’hui encore, je reste à l’écart de l’acceptation, et n’ose me montrer.
Je peine toujours à me mettre en valeur car le comme-il-faut moderne a encore oublié de valoriser tout le monde, et je trouve difficilement  ma taille pour les vêtements qui me plaisent. Eh oui, la délicate acceptation intime du soi, et la fragile valorisation sociale du corps ne concernent pas qu’un côté du spectre. Elles touchent aussi les tout petits gabarits.

Rondeurs équilibrées et formes bien dessinées.

Quand les générations à qui nous laissons une  planète  à bout de souffle, s’informeront sur la mode des 2015’s , ils constateront qu‘il était de bon ton de valoriser l’acceptation ; à condition d’avoir une certaine forme.Le nouveau COMME IL FAUT célèbre les corps atypiques et femmes « bien en forme ».

L’affichage ostentatoire de mannequins aux formes exprimées, ayant comme objectif bienvenu de montrer que les injonctions corporelles dictées par la mode dominante on s’en fou…lard :
me fait bien sentir que je ne fais pas partie de cette nouvelle réjouissance englobante, car je ne corresponds pas aux critères de ce nouveau mouvement de libération.

Mais ne peut-on pas nous encourager authentiquement à être soi ?
Sans définir les critères actuellement revalorisés par la société ?

Jupe Creaty Breizh

 

 

🦋 LE COMME IL FAUT N’A-T-IL PAS FAIT ASSEZ DE DÉGÂTS COMME ÇA ?

Qu’est-ce que ça me fait de la peine quand je vois un bout de chou de 6 ans et demi renier son corps.

Comme mon cœur se déchire quand je vois une enfant de 8 ans sombrer dans les troubles alimentaires.

Parce-que même pendant l’enfance on se construit et définit par rapport aux normes qui nous environnent.
Parce-que surtout à l’âge de l’insouciance on est conditionné par la bienséance.

 

« YOU are enough »

Je n’ai pas besoin de papier glacé pour savoir selon quels critères je dois m’accepter. Et je n’ai heureusement pas pris l’habitude de me comparer aux formes des mannequins  du moment.

Mais j’ai réalisé que j’en étais imprégnée, que cette bienséance d’affichage ne rimait pas avec acceptation du soi comme un tout. Ne collait pas avec la mise en valeur authentique de corps, dont la proximité ou non avec une autre norme ne serait pas le critère physique dominant.

 

 

En 2018, j’ai souhaité participer au défi  « rien » de neuf lancé par Zero Waste France.

D’un challenge collectif, il est devenu un automatisme personnel auquel je prends plaisir.

Je vous en parlais par exemple ici .

 

Si j’ai toujours aimé trouver de belles pièces dans des magasins d’occasion, l’option de seconde main était loin de faire partie de mes habitudes régulières, car je ne trouve rien dans ma petite ville, et ai de toute façon, toujours choisi l’option commode et moderne des magasins conventionnels.

 

 

🦋 Mais quel rapport avec l’acceptation de son corps, et le rapport aux conventions physiques ?

Eh bien, quand se rendre dans un magasin aseptisé, entourée de mannequins standardisés, pour peiner à y trouver un vêtement qui nous mette en valeur.. nous piétine le cœur : parce-qu’on s’y sent moche, informe, pas à sa place par rapport aux conventions physiques valorisées actuellement….
La seconde main est comme une bouffée d’oxygène, car les vêtements font fi des modes actuelles; et l’offre présentée est déconnectée de l’air du temps.

Peu importe les modes & apparences socialement estimées cette année-là; ou le style avec lequel il convient de valoriser une certaine forme de corps.
Sur les sites de vide-dressing ou dans les magasins de seconde main : les styles, coupes, tailles, modes et airs du temps se mélangent, pour ne se distinguer que selon le goût de l’acheteur.

Je n’y choisis pas un vêtement parce-qu’il est à la mode, mais parce-que, justement sa coupe, son imprimé ou sa forme ont une fantaisie et un je-ne-sais quoi qui me correspondent,et que je ne trouve pas en magasin.

J’en suis la première étonnée, mais depuis que j’utilise Vinted, je trouve enfin ma taille et des styles que j’adore.

 

 

Déjà, disons-le : je me sens mieux derrière mon petit écran pour choisir au calme parmi une diversité de coupes et imprimés; que dans un magasin conventionnel où l’atmosphère m’épuise.

Et j’y trouve enfin des vêtements adaptés à ma taille de manière plus écolonomique. En effet, concrètement les marques dont les coupes mettent les petites tailles en valeur -selon ce que j‘ai connu depuis 10 ans- sont Asos, Zara ou Bizzbee : donc des chaines dont les valeurs socio-environnementales me sont très éloignées, et que je ne souhaite plus financer par l’achat de neuf. Même si je suis consciente que le fait que ces marques « tournent bien » sur le marché de la seconde main, asseoit leur visibilité et les encourage dans leurs pratiques.

Mais la plupart des marques « éthiques » sont trop chères pour moi, et/ou leurs coupes inadaptées à mon gabarit.

Cela fait environ 4 mois que je n’ai pas porté de jean, mais je sais que l’offre de marques « engagées » sur ce produit ne me correspond pas du tout. Produire un jean nécessite 8 000 litres d’eau; mais les jeans de marque éco-responsables ne sont pas à ma taille.

Le coton étant une des cultures les plus polluantes (pesticides, colorants, détergents déversés dans les cours d’eau; pollution liée au transport…), si je trouve mon bonheur en seconde main : mon achat n’occasionne pas l’utilisation et la pollution supplémentaires de ressources. De surcroît, au fil des lavages, les vêtements déjà portés et donc (j’espère 😅 ) lavés, libèrent moins de composés nocifs dans l’eau de lavage.

« Moins mais mieux » ?

Oui, galvanisée par ces vêtements qui enfin me correspondent, et libérée des modes qui m’empêchent de trouver ma taille : j’ai acheté des vêtements de 2nde main au-delà du raisonnable ces derniers mois.
Mais le raisonnable est aussi ce qui fait plaisir.

Or renouveler (vendre-acheter) ma garde-robe fait partie de mon fonctionnement (vêtements, thé, odeurs : j’aime varier).
Je ne fais pour l’instant pas partie des gens qui se satisfont de 20 pièces en tout.

Plaisir qui ne me sera pas possible avec des marques éthiques inabordables.

 

Et émue de trouver enfin des pièces dont les coupes me mettent en valeur, peu importe le style; et qui entraînent des compliments sincères : je le savoure en intégrant dans ma garde-robe des vêtements que j’aime porter.
Et en donnant/vendant tous ceux qui pourraient être plus utiles à d’autres…Ou dans lesquels je ne veux plus me voir, car leurs coupes standards ne me mettent pas  en valeur.
Des styles so in dans lesquels je me sens out.

En seconde main, je peux trouver, pour le prix d’un T-shirt aux externalités socio-environnementales désastreuses : un lot composé d’une combi-short, un pantalon un gilet et un t-shirt. Un tout qui me va,et dont les coupes/imprimés correspondent tant à mon style à un moment donné de mon cheminement, qu’ils deviennent des basiques. Ils mettent en valeur ce que j’ai envie de mettre en valeur; et camouflent ce que j’ai envie de camoufler.

Et des vêtements optimisés peuvent plus facilement être portés ensemble, créer de multiples tenues (on s’amuse bien!) .
Cette robe peut être portée en toutes saisons; avec une jupe ou des collants.
Cette combishort peut se porter seule ou sous une jupe noire ou un pantalon fluide, etc : je réalise des écolonomies source de plaisir, sans épuiser plus la planète, et en me libérant des injonctions actuellement valorisées.

Des vêtements non-neufs, dont le moindre coût me permet de soutenir 1 à 2 fois par an des initiatives engagées ; ou des marques éco-responsables. Dont les coupes me vont et les valeurs me correspondent : comme dernièrement la Révolution Textile, dont je porte très fréquemment les t-shirt en lin, car je m’y sens bien et ils vont avec divers « bas ».

 

Donc merci le défi (presque) rien de neuf en 2018.

Car  décidément, (presque) rien de neuf en 2018.

 

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6 réflexions sur “Mode éthique et vêtements d’occasion : pourquoi j’aime participer au défi rien de neuf, en matière d’habillement (et il ne s’agit pas que d’écologie !)

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