LOW IMPACT MOVEMENT : quel rapport avec le zéro déchet, quelle mise en pratique et quelle projection ?

Moins mais mieux : des petits gestes quotidiens à la mobilisation citoyenne.

 

Vous savez comme je suis mal à l’aise avec l’étiquetage des individualités : réduites à des hashtags, comme autant d’injonctions simplificatrices, et décourageantes par la complexité de leur absolu.

Parmi ces étiquettes, bien sûr : le zéro déchet.

 

Je vais être honnête : s’il m’arrive de l’employer *, c’est pour être référencée au sujet de cette démarche de réduction des déchets : car écrire un article demande beaucoup d’investissement (recherche, temps) et il est légitime de faire son possible pour être lu-e.

Quitte à se soumettre à des procédés réducteurs, pour faire découvrir un article au propos plus complexe et nuancé.

Cet article est par exemple très dense, mais je m’y suis beaucoup investie pour vous le proposer, et espère légitimement qu’il sera lu et partagé.

 

*Employer « zéro déchet » ou « zero waste », qui me parait déjà plus pertinent car il englobe la notion de gaspillage, au-delà du déchet.

 

 

Car, si le zéro déchet n’est pas un en-soi; mais un concept vers lequel  tendre : afin d’adopter, au rythme de son cheminement, une manière d’Etre et d’Avoir plus soutenable ; la pression perfectionniste de sa simplification à un hashtag est, elle, bien existante.

Et quels dégâts, par son abstraction, ce terme peut-il faire !
Justement parce-que les efforts ne se mesurent pas, les victoires  ne se comparent pas…Et les « petits gestes » paraissent si modestes par rapport à cet idéal intimidant.

 

Evénement Objectif Zéro déchet dans la maison

 

Toutefois, frustrée par ce que le « zéro déchet » a de réducteur voire de décourageant ; je pense que toute cause a besoin d’aller au-delà de la complaisance et de la modération – pour secouer les consciences et faire avancer la société.
J’ai en effet réalisé récemment que : alors que je suis modérée et bien au chaud derrière mon écran, certaines prises de conscience ne m’auraient pas été possibles sans les initiatives « extrêmes » de membres de la société civile, qui se bougent à ma place. Que les acquis dont je suis bien contente de bénéficier, ont été obtenus par des mobilisations actives,  soutenues et répétées. Voire par la « violence pédagogique ». Et non par une politesse bienséante qui, au contraire, dessert les vrais changements.

 

Or amoindrir la catastrophe socio-environnementale nécessite de vrais changements : des prises de conscience citoyennes ; aux décisions étatiques.
Ceci n’est évidemment en rien une incitation à la violence, mais une réflexion sur la mobilisation active, au-delà de la complaisance. Qui va de nos choix de consommation à l’interpellation des décideurs.

Les minorités agissantes ne sont pas là pour tous nous convertir au sac à vrac; mais pour susciter une prise de conscience. Elles titillent nos représentations et influencent nos réflexions, choix et actions.

🌿🌿

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Allier refus de l’étiquette « zéro déchet », et mobilisation active : c’est l’esprit du mouvement LOW IMPACT.

Formalisé par Immy, de la chaîne Sustainably Vegan dont je vous parlais ici : le low impact movement se libère du « zero waste », pour être plus inclusif et constructifqu’un terme décourageant, parfois hypocrite, souvent récupéré en tendance, alors que nombre de personnes « n’ont de toute façon déjà pas les moyens de consommer ».

Le « L.I.M » est porté par des éco-activistes (« soft » à ce jour)  qui ont à coeur d’informer, sensibiliser, donner les clefs et se mobiliser pour les enjeux socio-environnementaux.

Encourager les « petits pas » pour tendre vers les concepts dont les étiquettes font des tendances intimidantes : une alimentation plus végétale, un environnement plus minimaliste, la réduction des déchets de la source jusqu’aux décharges, le refus du gaspillage, etc.

Low impact, low waste : de lower, réduire/revoir à la baisse : on est bien ici dans la même démarche de réduction des déchets, du gaspillage et de l’empreinte environnementale ; mais sans réduire une démarche individuelle et sociétal, à un « zéro » circonspect.

Puisque toute activité génère du déchet, qui lui-même se définit en fonction de ce que la société décide de valoriser ou délaisser.

 

Marche pour le climat, 8 septembre

 

🌿 De mon point de vue, ce qui porte le Low impact movement est d’informer, aider et relayer des initiatives (exemple ici ) en faveur de l’environnement, de manière inclusive.

Afin de faire son possible pour : préserver la planète, les valeurs humaines et son porte-monnaie. Tant par des astuces du quotidien, que des mobilisations actives, par lesquelles le bas (la société civile, les consom’acteurs) interpellent les marques et décideurs.

En effet je remarque que la conscience socio-environementale de nombre des porteurs de ce mouvement, s’est éveillée lorsqu’ils étaient étudiants ou jeunes adultes.
C’est pourquoi, même ce mouvement qui se veut ample et constructif, est parti de ces « petits gestes » écolonomiques de la vie quotidienne.  Ces petites gouttes du quotidien, peut-être insuffisantes devant l’urgence globale, peut-être dérisoires quand les grands choix ne sont pas faits par les tenants du système.
Mais essentielles pour se réapproprier nos choix de vie, envoyer des messages de consommation, et décider que notre sphère privée soit moins parasitée par un marketing vain et une pollution omniprésente.

« Faire sa part ne sert pas à grand chose. Alors faisons-là (lien)« 

Les tenants du Mouvement Low Impact proposent par exemple des recettes & astuces anti-gaspillage (ressources). Des DIY de beauté slow et ménage écolonomique. Des recettes nécessitant peu d’argent et d’ingrédients. Ou des conseils pour désencombrer et bien sûr générer le moins de déchets possible.

Ce mouvement est avant tout un réseau, qui s’appuie  et met en valeur l’Humain : mutualisation des expériences, économie sociale et solidaire ; prise en compte des individualités : qui impliquent des contraintes propres à chacun, mais aussi la richesse de ce que chacun peut apporter.

 

 

En ayant ces valeurs humaines à l’esprit, le L.I.M veut faire bouger les choses en défendant :

🌿 Les options réutilisables : il s’agit ici de diminuer drastiquement la présence de plastique dans notre quotidien, et dans la nature. En informant sur les alternatives, et privilégiant les options réutilisables.

Ainsi, à l’echelle individuelle, moins de déchets sont générés; et si 1+1+1.. refusent le jetable inutile (vous le savez, je n’y inclue bien sûr pas ce qui touche à la santé) : la demande peut réorienter l’offre. Même si la plupart des enseignes accompagnent l’air du temps à des fins marketing.

Dans sa grande bonté, le Low Impact Movement lance une campagne de sensibilisation aux tenants et aboutissants du plastique, le jour de mon anniversaire 😉

Sinon, au quotidien, les conseils sont :

-d’avoir sa propre tasse/bouteille pour s’hydrater en évitant les gobelets/bouteilles jetables au quotidien (je vous en parlais dans cet article)

-D’emprunter (livres, outils, vêtements)

-d’acheter ce qui est possible en vrac (sachant qu’elle habite Londres où elle a une belle offre de « bulk shops »; et un quartier qui favorise les démarches éco-responsables).  Cela évite d’avoir à payer et jeter un emballage.

J’ai de la chance, car depuis que j’achète en vrac, je n’ai jamais eu de mites alimentaires. Mais je sais que cet aspect joue en défaveur du vrac.

-Avoir des au cas où dans son sac (comme je vous le détaillais ici) : un sac en tissu, des encas, etc  : selon nos habitudes.

-Justement : avoir conscience de ses actions régulières (boire un café, voyager, se déplacer) pour y intégrer de plus en plus de solutions moins impactantes ( se déplacer à pied/en vélo, prévoir une gourde en voyage, s’approvisionner de seconde main pour les fournitures).

Voir : dans quelles situations je suis susceptible de générer des déchets, et ainsi comment organiser mon sac

-privilégier les cosmétiques solides : savons , shampoings si cela convient à vos cheveux, beurre végétal

-Préparer sa boite-repas : ce qui est beaucoup plus économique et écologique que d’avoir à acheter un plat préparé (comme ici)

Réutilisable veut aussi dire réutiliser ce que l’on a déjà : pourquoi jeter ce contenant plastique, certes nocif, mais qui peut servir à ranger des papiers/chargeurs. Plutôt que d’acheter un contenant plus « zerowaste-friendly » ?

Le gaspillage passe aussi par le fait de jeter des objets qui ne collent certes pas au « green lifestyle », mais sont toujours fonctionnels. Jusqu’à ce qu’ils soient remplacés par une version plus éco-responsable quand ils seront usagés.

 

🌿🌿

🌿 Privilégier les produits bruts : pour le ménage, le soin de soi ou l’alimentation.

Ainsi, on réduit les emballages ; on fait des économies et on « reprend le contrôle » de ce que l’on ingère.

En faisant soi-même ses produits ménagers ou de beauté, on sait ce qu’on y met, et on évite les additifs irritants, cancérogènes ou perturbateurs endocriniens.

J’ai sincèrement plaisir à faire certains produits moi-même, et diminuer ceux que j’utilise. Car après 22 ans à utiliser des produits dont je n’avais aucune idée de la composition : je trouve passionnant et nécessaire de m’informer sur l’histoire et les propriétés des composants de base d’un quotidien plus écolonomique. Comme le savon d’Alep, les différentes formes de soude ou le vinaigre.

Ainsi un mélange d’eau, de vinaigre et de quelques gouttes d’huile essentielle fait un très bon nettoyant multi-usages : écologique, économique et sans les composés organo-chlorés de l’eau de javel.

 

L’ADEME est une mine de ressources et informations : ici une infographie QQF pour l’ADEME

Et en faisant sa lessive avec du vrai savon de Marseille et du bicarbonate par exemple (selon la dureté de votre eau et le linge à laver), on ne libère pas de détergents ou dans la nature et sur nos épidermes !

L’article étayé et didactique de Hélène sur la lessive ; actualisé ici 

Pour le ménage, je me satisfais très bien en ce moment de : vinaigre, bicarbonate, savon noir et huile de coude 😉

Lessive au savon de Marseille (pantalon de 2nde main)

 

Sustainable beauty (sustainable = durable)

Autre exemple : le démaquillage ou l’hydratation à l’huile respecte bien mieux le film hydrolipidique de la peau, sans la charger de paravents, agents moussants ou silicones.

Pour la désincruster, rien de tel que l’éponge de Konjac, du sucre, du savon  noir ou  un savon saponifié à froid exfoliant, sans huile essentielle !

Ma recette de shampoing sec

 

Crème hydratante DIY de Lily Fairly

 

Les conseils d’Aline (Consommons Sainement) pour des cosmétiques zéro déchet

En France : les valeurs de la Slow Cosmétique 

🌿🌿🌿🌿

Alimentation écolonomique

Tout simplement : pâtes aux légumes, sauce à la farine de pois chiches, graines de chanvre local

De même, vous le savez, dans mon alimentation je privilégie largement les produits bruts. Pour éviter les additifs des aliments transformés, et parce-que je n’ai pas les moyens d’acheter des plats préparés ou tartinades toute prêtes 😊

Et il se trouve que j’ai toujours préféré manger des choses simples, et apprécier le goût des produits bruts .

Si vous avez des enfants qui aiment les trucs chimiks (ce qui est normal ! Il ne s’agit pas de faire de la privation malsaine qui n’encouragerait que du pire en cachette) : pourquoi ne pas essayer de les faire ensemble quand vous avez le temps ? C’est ludique et ça sensibilise les n’enfants au contenu de leur assiette 😉 (des idées dans le livre Veggie Kids)!

 

Waste de Tristram Stuart, Editions Rue de L’échiquier

 

🌿Le refus du gaspillage des ressources : alimentation, énergie, terres agricoles.

Comme moi, Immy a en horreur le gaspillage alimentaire ; et préfère donc une cuisine simple, consciente et faisant la part belle au végétal. Sur sa chaîne, elle donne des conseils pour réduire le gaspillage ; et soutient depuis longtemps OddBox, un système d’abonnement à une box  composée de « fruits et légumes moches » sauvés du gaspillage.

 

 

 

Aucun texte alternatif disponible.

Né dans une capitale, ce mouvement a la chance de disposer alentours d’initiatives comme OddBox. En France, nous avons les paniers antigaspi de Graapz – une initiative qui pas encore arrivée dans les petites villes comme la mienne -mais ils sont ouverts aux propositions 😉 .

Et que ce soit des restes que l’on n’a pu manger, ou des déchets organiques, l’idéal est de composter quand c’est possible. Afin de valoriser les déchets organiques, fertiliser la terre..et descendre moins souvent la poubelle !

Toutes les explications d’une maître composteur, sur le blog Consommons Sainement !

Ma ville fait la sourde oreille en ce qui concerne les composts collectifs, donc je me débrouille comme je peux car je ne souhaite pas revenir en arrière (après m’être habituée à composter à la maison), mais ce n’est pas toujours pratique. N’hésitez pas à demander auprès d’agricultures ou magasins bio de votre ville si vos déchets organiques les intéresseraient !

 

Théière trouvée chez Emmaus

🌿Privilégier la seconde main pour éviter des pollutions et l’extraction de ressources supplémentaires.

La famille presque ZD nous rappelle que pour produire 1 kg de coton, il faudrait 10 000 L d’eau, 75 grammes de pesticides et 2 kg d’engrais. En France, nous avons la chance d’être des leaders dans la production de lin et chanvre, bien plus écologiques et moins gourmands en ressources. Mais pour du textile Low Impact plus accessible à tous, la seconde main est une option dont je suis très satisfaite (tous les détails ici).

Valoriser les achats d’occasion, c’est refuser que des ressources aient été épuisées pour rien, en incitant à faire circuler les vêtements qui dorment dans les placards.

C’est refuser de déverser encore plus de composés chimiques dans les cours d’eau chinois déjà pollués à 70% par l’industrie textile : 2ème industrie la plus polluante. C’est éviter l’extraction de nouvelles ressources, tout en réalisant des économies.

Bouteille réutilisable et vêtements de 2nde main : investir quelques euros dans une jupe en jean, un basique qui va avec tout!

Nombreux sont les porteurs du Low Impact Movement qui étaient des « shopaholic » et se sentent bien mieux à présent qu’ils ont compris que cette vaine quête de sens, traduisait une insatisfaction plus intime que résoudrait non pas  la consommation, mais un recentrage sur soi. Ils consomment donc beaucoup moins et conseillent de se tourner vers la seconde main, quand un besoin se fait sentir. L’idée n’était pas de reproduire une surconsommation, blanchie par la bonne conscience de l’éthique.

Privilégier l’achat de seconde main, c’est aussi ce à quoi nous motive Le défi rien de neuf en 2018, dont je vous parlais ici

Un challenge participatif, enrichissant et qui nous pousse à valoriser la récup, les initiatives locales et le lien social !

Voir non le défi rien de neuf n’est pas radical

🌿🌿

D’ailleurs, dans ledit article, il était également question de rationaliser sa consommation ; un recentrage bénéfique pour favoriser un meilleur impact socio-environnemental

🌿Raisonner sa consommation :  Moins mais mieux, pour son équilibre et celui de ce(ux) qui nous entoure(nt)

L’écologie est certes une invitation à un changement global des modes de vie; mais qui passe par un recentrage de chacun. Sur ses besoins, et non ceux que la société ou le marketing lui prêtent.
Sur ce qui est produit à cette période de l’année sur mon territoire.
Sur l’importance d’accorder de la valeur à ce dont on s’entoure, plutôt que d’accumuler des possessions qui ne sont durables ni pour notre porte-monnaie, ni pour notre bien-être, ni pour l’environnement.

Ainsi, quand un besoin se fait jour, une démarche low impact invite à s’interroger sur les options « éco-responsables » (ex : seconde main, matériaux recyclés, fibres écologiques), soutenant l’économie locale et/ou sociale et solidaire (réinsertion, emplois, initiatives à encourager..).

Ainsi, ce peut être un textile en chanvre en Bretagne, ou en lin en Normandie : l’idée n’est pas de se priver d’un achat auprès d’une grande enseigne ; mais de s’écarter de la solution de facilité pour se reconnecter à ce que les initiatives locales et engagées ont à nous offrir. Ce qui permet de créer du lien, remettre du sens dans l’acte d’achat; et se libérer des désirs suscités par le marketing.

Il ne s’agit pas là d’incitation à l’achat car  nous seuls savons : ce dont notre peau a besoin, ce qui correspond à notre mode de vie, ou ce qu’offre notre territoire.

Je pense que pour être inclusive, la démarche environnementale doit se libérer d’une certaine « charge mentale écologique« .
Oui, ce shampoing solide/tawashi/crème slow circule sur tous les réseaux sociaux. Mais en quoi est-ce pertinent écologiquement de l’utiliser, si elle ne me correspond pas, sous prétexte de produit zéro déchet?

 

Route Mandarine, une super savonnerie à froid de mon département !

Qu’on parle d’avoir sa propre tasse, ou de privilégier l’économie locale ou circulaire ; il ne s’agit pas là de retomber dans une consommation qui reflète plus des envies suscitées, que des besoins personnels (dans lesquels j’inclue le plaisir).

Bien que très doué-e-s pour créer l’envie, les blogueurs/ses Low Impact précisent toujours, que l’option zero waste présentée est une alternative qui existe : à se procurer si nous de l’autre côté de l’écran, en avons authentiquement besoin. Ou quand l’option actuelle ne sera plus utilisable.

Ressentir le besoin de revoir son propre environnement, pour protéger l’Environnement peut amener à tout remplacer d’un coup. Ce qui est compréhensible, mais implique des dépenses et l'(aban)don d’objets encore fonctionnels.

Evénement Objectif Zéro déchet dans la maison : la salle de bain

Surtout, ces nouveaux choix de vie -bien qu’impulsés par d’autres blogueurs/activistes au nom d’un changement global– doivent nous correspondre et ne pas sacrifier un mode de vie déjà contraints par des impératifs personnels. Afin d’intégrer une cohérence écologique dans son individualité.

On ne peut plus se satisfaire du statu quo, et c’est en me secouant que j’ai fait miens des choix plus éthiques ; mais j’ai remarqué qu’il était tout sauf constructif de bousculer les autres en leur imposant une manière de changer.
Car ainsi on ne présente que le sacrifice et non l’intérêt de la prise de conscience. Et l’on impose des choix qui ne seront pas durables s’ils entrent en contradiction avec l’individualité de chacun (santé, contraintes, moyens socio-culturelles et financiers, goûts…).

Il y a donc des achats dont on réalise qu’ils sont peut-être « utiles à la cause zéro déchet », découverts grâce à des prescripteurs; mais qui n’ont aucun intérêt humain et écologique, à faire partie de notre quotidien. Car oui, le risque aussi existe dans le zéro déchet, de retomber dans une consommation de consolation ou d’intérêt (bonne conscience, image sociale).

🌿🌿

🌿 Ressources et documentation

Les enjeux environnementaux sont présents dans chaque aspect de notre quotidien : le réseau formé par les low impacter a à cœur d’informer, de partager des lectures et des ressources*. Afin de favoriser l’accès à des connaissances, seul garant d’un changement que s’appropriera chacun.

En effet, je réalise en ce moment que je tourne en rond dans ce que je suis à même de faire à ce jour en matière de réduction des déchets. Dans le même temps, que ce soit sur la composition des produits que j’utilise, ou mes connaissances personnelles : je réalise l’importance cruciale de l’accès à l’éducation, l’information et la connaissance afin de m’autonomiser (le fameux empowerment…) dans mes réflexions, mes achats, mes décisions.

 

Je songe donc à « servir » cette cause écologique qui me tient à cœur, par des engagements socio-éducatifs.

*Ces ressources sont en anglais, mais étant libraire, je vous conseillerai avec plaisir des lectures selon vos intérêts 😘

Homo Detritus : mon avis ici

🌿🌿🌿

➡ Le Low Impact Movement est donc un mouvement qui se veut ample, inclusif et engagé; porté par des individus sensibilisés. Qui tiennent à se mobiliser activement pour une cause fondamentale et urgente, qui les dépasse ; mais qu’ils ancrent dans leur quotidien par des petits gestes qui, cumulés, veulent dire beaucoup.

➡ Ce que ces mouvements ne doivent pas oublier :

L’accès à leurs ressources n’est pas généralisé : la concrétisation du mouvement en est à ses débuts et je sens (à leur odeur d’herbe fraichement coupée …) que ces jeunes ont à coeur de représenter une diversité d’acteurs. Surtout, le but du mouvement est justement de sensibiliser un plus grand nombre de manière inclusive.

Mais ses représentants restent des gens « instagrammables » ayant eu la possibilité de faire des études supérieures, voyager, se documenter, etc.

Or un mouvement qui se veut inclusif ne doit pas se circonscrire aux représentations et modes de vie d’urbains éduqués et conscientisés.

Car on retomberait dans les mêmes écueils. Et l’on évoluerait seulement dans une sphère déja sensibilisée et ayant accès aux ressources intellectuelles, sociales, culturelles.

 

Nous, blogueurs « écolo », ne devons pas perdre pieds et penser que la réalité se limite à notre sphère de consomacteurs qui vont au magasin bio/de vrac, lisent Naomi Klein et utilisent des contenants zéro déchet pour transporter leur boisson chaude.

Par la force des algorithmes, et une socialisation naturelle qui nous pousse à aller vers ceux qui ont les mêmes centres d’intérêt : on peut vite se réduire à une blogosphère green.
Et oublier que dans les pays qui polluent bien plus que nous, des populations luttent pour préserver leurs droits, leur dignité, leur vie.

Le débat est intarissable : faut-il atténuer sa mobilisation environnementale, sous prétexte qu’il a des préoccupations plus vitales ailleurs? C’est peut-être ce genre de considérations qui relèguent l’écologie au second plan depuis trop longtemps.
Mais ne pas l’avoir à l’esprit n’est en rien constructif et inclusif.

 

 

Ainsi, au-delà de l’écologie, et pour rendre celle-ci durable, forte et pertinente, n’oublions pas les enjeux de  :

L’accès aux ressources :

L’éducation : rien ne sert de sensibiliser à de grands principes environnementaux, si les citoyens du monde n’ont pas les clefs pour se réapproprier eux-mêmes leurs actes, choix et décisions. Tout comme dans les Trente Glorieuses, on a dit que le plastique allait révolutionner le quotidien, sans que la majorité des ménages en comprennent les tenants et aboutissants : avant d’assurer que le low waste est le nouvel eldorado, assurons l’auto-défense intellectuelle des individus.

Avant de décider de m’informer sur ce qui compose les produits que j’utilise; j’ai en effet adopté des produits « zéro déchet » , influencée par le pouvoir prescripteur de certain(e)s et par la confiance que j’accordais à des blogueurs/organismes qui savaient mieux que moi. Or ces produits ne me conviennent pas forcément. Plutôt que de partir de l’extérieur (ce qu’on me présente comme le nouveau graal green); je choisis de me réapproprier mes décisions, en partant de connaissances sur les produits, et de la connaissance de mes besoins et envies.

Le livre riche et étayé de Valère Corréard (ici)

Deux choses sur ce dernier point : m’informer me demande du temps. Et je choisis de croiser mes sources.

– Vous le savez, je n’ai pas la télé et suis passionnée de cuisine et d’écologie pratique. Donc j’ai fait le choix de prendre le temps de cuisiner (des choses très simples), de faire mes produits ménagers et quelques soins DIY,etc. Le tout en écoutant des émissions qui m’instruisent.

Je ne veux pas choisir les options de facilité, qui sont bien moins écolonomiques et constructives.

Mais j’ai conscience que c’est un choix que j’ai été en mesure de faire; et n’oserai pas me prononcer pour des foyers où sont vivent des enfants, des personnes malades, des travailleurs débordés, ou des urbains épuisés par les transports. Car refuser l’option de facilité demande un investissement en temps et énergie que l’épuisement personnel ou professionnel ne permet pas toujours.

De même que lire des  articles de 12 pages/3 heures comme les miens ^^

J’aimerai sincèrement partager avec vous le plaisir que j’ai à faire certains produits moi-même, à rencontrer des créateurs/producteurs locaux, à m’informer sur ce(ux) qui m’entoure(nt), à me recentrer sur mes aspirations et non celles qu’on me prête, etc.

Mais jamais je ne jugerai ceux qui ont la conscience, mais pas la possibilité de faire rentrer leurs contraintes quotidiennes dans le hashtag zéro déchet.

 

Demander des options ZD en cadeau, une option progressive quand on manque de moyens

 

C’est pourquoi je me reconnais bien plus dans un mouvement qui bannit le zéro, m’enrichit intellectuellement et invite à faire son possible pour réduire son impact; sans  création de désirs matériels

  • Croiser ses sources : mais je tiens à ne pas me circonscrire à cette source d’inspiration. Les activistes donnent à voir une représentation du monde au travers de ce qu’ils veulent  défendre, ici l’environnement. Vie sociale, alimentation, sexe, lecture, féminisme, autonomisation, consommation, ménage : le Low Impact Movement est pluriel, mais hyper-investit dans un prisme, ce qui est normal pour un mouvement activiste. Toutefois, afin de se renforcer intellectuellement, d’assurer un savoir propre, et de garder à l’esprit que le monde ne se limite pas au Low Impact : il est important de croiser ses sources d’information.  Ce qui est loin d’être évident à l’heure actuelle.

Ne faisons pas rimer écologie avec hypocrisie (lien)

➡ Le plastique et son acolyte l’usage unique sont les bêtes noires des environnementalistes, à raison. Mais gardons à l’esprit que l’usage unique a permis d’incommensurables  progrès d’hygiène médicale.
Ainsi, ne réduisons pas le Low Impact Movement à un bannissement du plastique : mais à des mobilisations et sensibilisations pour revoir drastiquement à la baisse le plastique inutile et incohérent (ex : autour des avocats^^).
Depuis des mois que je puise de l’inspiration auprès des chaines de ces activistes softs : je n’ai jamais senti de jugement des modes de vie de chacun ou de pression à dépasser ses possibilités pour adopter le zéro déchet.

Si ce mouvement m’enrichit c’est parce-que j’adore l’anglais parce-qu’il est une source d’inspiration dont les valeurs me correspondent, mais que je fais miennes pour les intégrer à mon mode de vie et ainsi faire de mon Low Impact journey (cheminement) une écologie durable, cohérente et constructive.

Où je serai moins une consommatrice de contenus prescripteurs; qu’une consom’actrice pensante. Qui réduit ses achats, mais fais ceux dont elle a besoin/qui lui font plaisir en conscience.

Bref, Outre Mer : être une Licorne se dit Low Impact Movement 😉

Et heureusement pour lui, il est défendu par des gens qui font des posts Insta et des vidéos; bien plus accessibles à consulter que des articles de 12 pages comme celui-ci 💙

 

 

 

 

Article sans aucune sponso ou sollicitation ; ce qui n’empêche pas de le partager s’il vous a touchée  😘💐


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