Vendredi Lecture ! SWING TIME, Zadie Smith

Bonjour mes claquettes !

Quel plaisir de renouveler l’expérience d’une lecture qui accompagne harmonieusement un voyage !

Après Amsterdam : Londres, ses quartiers typiques, son vivier artistique et sa multiculturalité !

 

Swing Time est un roman dans lequel on rentre facilement, par la fluidité du propos, et la réalité qu’évoquent des situations tragi-comiquement humaines.

Dans sa construction et ses évocations, le roman est à « double face » , comme une danse à deux temps.

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Carnaby Street, au coeur du West London

Il s’ouvre dans le Londres populaire des années 80, quand la narratrice rencontre Tracey à un cours de danse(s), mis en place par l’Eglise pour favoriser la mixité.
Leur amitié sera aussi flamboyante et ambiguë que l’est Tracey elle-même.

Si elles partagent une même nuance de peau, leurs univers diffèrent ostensiblement :
Quand Tracey est pourrie gâtée par une mère qui traduit son ambition par une opulence matérielle ; celle de la narratrice n’a de considération que pour l’émancipation et l’ambition intellectuelles, plongée dans ses théories en -isme et ses cours de sociologie politique.

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Bloomsbury, Londres

Alors que l’on suit leur aspirations et désillusions, portées par la passion commune de la comédie musicale ; le roman alterne entre leur jeunesse dans cette cité et leurs vies d’adultes.

A l’image de son adolescence faite d’excellence pour la danse et d’artifices : Tracey embrasse une carrière de danseuse professionnelle, écourtée par ses fragilités pratiques et psychologiques.

Et en ce début des années 2000, on suit la narratrice au gré des tournées et lubies humanitaires d’Aimee, pop star dont elle est l’assistance sceptiquement fidèle.

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Zadie Smith entretient le suspens dès l’ouverture du roman, où l’on sent que la relation entre Tracey et la narratrice s’est brisée à la suite d’un événement ou d’une révélation.

A la fois, on ne sait pas toujours où mène le roman, du fait de déambulations narratives …qui, justement, en ce qu’elles ont de peu substantielles, participent du ressenti réaliste, incarné et humain de ce récit qui entremêlent les destinées et questionnements de deux inglo-caribéennes.

Si la narratrice garde continuellement Tracey en mémoire ; les deux jeunes femmes seront amenées à se retrouver quand se rappelle à elles ce qui rythmait leur vie à la cité. L’univers de la comédie musicale bien sûr. Mais aussi leur famille : comme la mère de la narratrice, à présent personnellement émancipée et professionnellement accomplie…en apparence.  L’insaisissable et les non-dits restant de mise entre mère et fille.

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Comme une partition contemporaine, Swing Time mêle avec fluidité les notes graves (rondeur d’une écriture chaloupée et réflexive), et les aiguës (ce ton sarcastique qui titille avec clairvoyance les aspirations individuelles).

D’une écriture très accessible- justement par la fluidité du style et l’humanité des situations-l’auteure aborde dès les prémices des thèmes soci(ét)aux forts.
Rien que dans ce qui environne et participe de la construction de la narratrice : elle a grandi aux côtés d’une mère dont les théories politiques remuent les injustices sociales, raciales ou de genre.
Des engagements révélateurs de leur époque; dont on peut retrouver un certain manichéisme obtu, dans les œuvres humanitaires de la pop star pour laquelle la narratrice travaille. Elle doit ainsi l’assister dans la mise en place de structures socio-éducatives dans un village Africain. Mission avec laquelle la narratrice prendra de plus en plus de libertés clairvoyantes, à mesure
qu’elle réalise que les aspirations des autochtones ne se circonscrisent pas à une liasse de dollars.

Elle-même en perpétuelle quête de ses aspirations, remplacer humanitaire par humanisme puis humanité, l’aidera à trouver ses vérités.

L’évolution identitaire et sociale des jeunes femmes se  construit sur un cœur de perspicacité, enveloppé de brumes d’inconscience, drogues, et théories du complot.

À l’image de ce roman ambivalent : chaloupé et brumeux; incarné et sagace.

Si j’ai aimé retrouver dans le récit, des quartiers que je venais de découvrir ; l’auteure ne situe pas précisément les lieux. Comme pour donner une résonance universelle à ces jeux de rôles humains, trop humains. Qui se resserrent pourtant autour de destinées individuelles étonnantes et attachantes.

Nombreuses sont les références artistiques, qui donnent envie d’accompagner sa lecture d’une playlist dansante !

Si l’auteure anglo-jamaïcaine nous fait défiler les pages en nous tenant en haleine; c’est pour ouvrir sur une révélation assez peu détonante. Incorporée naturellement dans un récit d’apprentissage qui fait primer les expériences humaines ; et pourrait continuer à dérouler sa partition de vie…

Swing-time

Pour un premier séjour à Londres, et parce-que j’étais intéressée par le métissage des cultures jamaïcaines et britannique : je suis contente d’avoir choisi ce roman pour m’accompagner !


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