Récemment, j’ai eu plaisir à lire : « MAGNUS » de Sylvie Germain

De Hambourg aux massifs français, en passant par Londres, Vienne ou San Francisco : un roman initiatique sur fond de mystique et d’Histoire, porté par une plume aussi poétique qu’haletante.

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Magnus figurait en bonne place dans ma Pile à Lire parce-que je savais qu’il s’agissait du récit initiatique d’un enfant un peu différent et donc en marge, deux thèmes qui me touchent. Mais je ne soupçonnais pas la puissance stylistique de ce roman, érigé de surcroît sur les échos de la Seconde Guerre Mondiale : deux autres éléments très chers à mon cœur de lectrice !

 

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L’histoire tissée d’Histoire :

Qui jamais ne quitte sa peluche râpée –Magnus, le garçon baigne dans un double non-savoir rêveur. Au cœur de l’enfance, il est foudroyé par une expérience traumatisante qui le vide de souvenirs.

Alors que pulse la Seconde Guerre Mondiale, il aura tout à réapprendre, au sein d’une famille mue par sa foi en le Reich.
Sa mémoire se rééduque par la contemplation bienfaisante de ce qui l’entoure;  et son apprentissage se redresse sur le tuteur des légendes familiales, ressassées par une mère aussi olympienne que son père est indifférent. A son tempérament rêveur s’ajoutent ainsi les rêves de grandeur portés par les augustes fables familiales qu’elle imprime en lui à renfort de murmures.
Mais la superbe s’atrophie quand le père et ses pairs sont rattrapés par l’Histoire. Alors que le Reich s’effondre, à mesure que progressent les alliés et les désirs de justice, le crédit des fables familiales est ébranlé.

L’enfant qui connait intimement le pouvoir des mots, oscille devant leur dualité : réconfort ou vérité.

Les doutes et la quête de repères grondent en lui aussi violemment que les bombardements sur leur route de l’exode. En effet, l’image du père glorieux ne colle plus avec celle du fuyard contraint de tout quitter pour se cacher. Car s’il le craignait pour sa froideur, les fables maternelles ne l’ont pas préparé à frémir devant ses horreurs.

Alors que se délite la structure familiale, la quête identitaire du jeune homme s’intensifie.

magnnus

Des fuites européennes du fait d’un passé évidé, à l’émigration américaine pour enfin se projeter : l’incertain devenu homme est continuellement aux prises avec une humanité sournoise, violente : dans son entourage et dans sa chair. Car comment avoir foi en ce qui nous constitue ou nous entoure quand cela se dérobe?

Vide de souvenirs, de cette mémoire conscientisée, son univers s’esquive : à commencer par sa propre identité. Il est cependant habité d’une mémoire primitive, suintant de passé. Polyglotte, c’est pourtant au-delà des mots qu’il exprimera les non-dits, traces (im)mémoriales et mystifications.

Et il ne faut pas moins d’un vie pour trouver, avec incertitude et rugosité, une paix suffisante avec son passé, pour enfin avancer.

 

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Cette traque de sens et d’assise identitaire et émotionnelle est superbement déroulée par Sylvie Germain.

Entre conte et héritage historique, dans Magnus les mots sont un remède prodigué avec une poétique densité.
L’amplitude de cette quête de soi est déployée avec une richesse aussi quiète qu’haletante.
Qui dévoile les paradoxes humains avec une justesse saisissante et très sensorielle.

 

Ici encore : quel beau choix pour le Prix Goncourt des Lycéens (2005) ! Aimez -vous l’univers magnétique de Sylvie Germain ?

 

Magnus, de S. Germain : ne sera pas  plus cher chez votre libraire   🙂

 

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