Vendredi Lecture.. d’ouvrages d’utilité publique ! « Algues vertes », « La bio entre business et projet de société », « Mission : sauver les abeilles », « Les combats pour la nature »🌿

Bonjour !

Ce vendredi lecture est l’occasion de (re)découvrir des BD, guides pratiques ou essais qui nous éclairent sur des écoles de pensée ou des pratiques en faveur de l’environnement. Moins pour prêcher la bonne parole que pour exercer notre esprit critique en nous informant.

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🌿 Les combats pour la nature de Valérie Chansigaud chez Buchet-Chastel

 

Cette maison d’édition propose un très bon catalogue d’ouvrages de référence en écologie.  Voici comment elle présente cet ouvrage : « Les mouvements en faveur de la nature se développent dans la plupart des pays occidentaux depuis la fin du XVIIIe siècle. Protéiformes et redoutables à définir, ils partagent finalement tous le même objectif : construire un monde meilleur.
Cet enjeu, qui est avant tout politique, relève aussi de questions sociales, économiques, culturelles, car vouloir sauvegarder l’ environnement, c’est s’interroger sur la # répartition des richesses, le rôle des régulations, l’expression des citoyens, la modification des modes de vie, etc. Autant de thèmes qui sont abordés ici à travers l’analyse de la pensée d’acteurs incontournables et la présentation d’événements emblématiques.
Au final, c’est toute la question du progrès social que les combats pour la nature placent au cœur du débat »

Dans ce livre, l’historienne des sciences et de l’environnement propose une structuration temporelle et idéologique des luttes pour la défense de l’environnement. Sans prétendre à l’exhaustivité, elle rend compte des réflexions progressives sur l’organisation des sociétés humaines dans leur rapport à la nature et à leur environnement. Ainsi que leur interdépendance, et ce qui relève du choix et des déterminismes.

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sauver les abeilles

🌿 Mission sauver les abeilles de Henri Clément et Marion Puech, envoyé en service de presse par les Editions Rue de l’Echiquier, que je remercie.

Un livre complet, précis et didactique, d’utilité publique pour les (plus ou moins) jeunes!

Avec un contenu toujours détaillé et pédagogique, ce nouveau guide de la collection « Je me bouge pour ma planète » dans lequel j’ai appris plein de choses, se structure ainsi :

🐝La situation de l’abeille dans la famille des insectes, puis description du fonctionnement de cet hyménoptère, de sa ruche et de la production de ses multiples substances précieuses.

🐝Une fois rappelé le rôle crucial de l’abeille, notamment par la pollinisation, vient l’heure d’informer et alerter sur les dangers qui pèsent sur les insectes -chacun expliqué clairement, que ce soit l’agriculture intensive, les pesticides, la monoculture, le remembrement, le changement climatique ou le frelon asiatique – et donc sur les apiculteurs et l’environnement.

🐝Un déclin fulgurant qui reflète celui de l’écosystème et alerte sur la perte de biodiversité. Ici, comme dans le reste du guide, les études internationales et les connaissances apicole sont rappelées avec clarté et simplicité.

🐝 Enfin, pour mener à bien cette mission de sauvetage des abeilles, le livre se clôt sur diverses solutions adaptées à chacun : des solutions les plus simples au jardin, aux plus élaborées ; en passant par la consommaction et la sensibilisation !

Œuvre d’un apiculteur et d’une illustratrice, ce guide mêle ainsi informations étayées & accessibles, et illustrations ludiques ou explicatives. Participatif, il accompagne les connaissances de jeux et quizz pour apprendre en s’amusant !

Une pédagogie qui me paraît bien plus efficace que les leçons rigides ; de même que je compte bien plus sur la sensibilisation des plus jeunes que sur une énième grand-messe politico-médiatique comme ce « sommet sur la biodiversité » .

Parents, professeurs et curieux de nature : je vous conseille vivement ce livre « petit mais puissant », comme les 🐝🐝!

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bio

🌿La bio entre business et projet de société : ouvrage collectif sous la direction de Philippe Baqué, aux Editions Agone. Enquête aux quatre coins du globe sur les coulisses du marché BIO.

Au-delà d’une opposition binaire entre « le bio » de supermarché et « la bio » de magasins spécialisés, l’apport premier de cet ouvrage édifiant est selon moi de toujours renforcer son esprit critique face à toute promesse marketing, offre étiquettée et produit labellisé.

Le titre correspond parfaitement au propos du livre et aux compromis(sions) qui menacent tout projet fondé sur des principes éthiques, dès lors qu’il se diffuse à grande échelle.

Un esprit averti se doute que la «démocratisation du bio» est plus une récupération marketing qu’une volonté d’accessibilité élargie de ses bienfaits écologiques et sanitaires. Et que derrière ces produits-suremballés pour mieux cacher qu’on les a vidés de leur substance- se cachent des monocultures intensives et des travailleurs exploités.
Mais ce livre, en plus de détailler les coulisses d’un bio reposant sur les mêmes méthodes que l’agriculture productive conventionnelle, nous montre à quel point la jungle des certifications est confusément au service du système que la bio rejette.
Que se passer des supermarchés ne garantit pas un bio écologiquement, humainement, éthiquement responsable, indépendant d’industriels dont les motivations heurtent les valeurs originelles.

Le collectif d’auteurs étaye son propos avec des enquêtes au sein d’exploitations, des recoupements de témoignages, des éclairages sur les industriels derrière les filiales BIO ou des décorticage de prix : révélant ce que j’ai déjà partagé ici, à savoir que c’est bien le bio de grandes et moyennes surfaces qui est trop cher et abuse sur toute la chaîne : du producteur au consommateur.

Alors pour s’assurer de ne pas payer 3 fois plus cher du bio qui enrichit les industriels mais appauvrit la terre et les agriculteurs, il n’y a pas de réponse miracle. Il s’agit moins de favoriser un circuit plutôt qu’un autre, que d’exercer son esprit critique et son bon sens.
Bien sûr les légumes de la commune d’à côté vendus dans ma biocoop sont plus bénéfiques que les fraises suremballées du supermarché, importées de monocultures intensives espagnoles.
Mais au sein de magasins spécialisés peut se cacher de l’ huile de palme dont la production a participé à des dégâts humains, écologiques et socio-politiques. Et le mode de certification ainsi que l’interprétation « souple » des labels n’en font pas des garanties que l’on peut suivre les yeux fermés.

Oui, le bio industriel a réussi à s’imposer comme « le bio accessible à tous » mais ce n’est que la récupération d’un segment marketing juteux,dont les prix artificiels ne tiennent pas compte des externalités négatives engendrés.
Oui, la bio fidèle à ses principes est de plus en plus difficile à trouver, et reste plus chère que le « conventionnel ».
Mais la différence de prix dans une grande ou moyenne surface, sert plus à augmenter les marges des industriels que la fertilité des sols ou le niveau de vie des humains derrière.
Nous faisons tous partie d’un tout, et la bio dévoyée ne fait aucunement preuve de respect envers les hommes ( solidarité entre consommateurs et producteurs), les animaux et la planète.

 

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🌿 Algues vertes, l’histoire interdite*, une enquête d’Inès Léraud dessinée par Pierre Van Hove, Delcourt/La revue dessinée  : une enquête éclairante et édifiante sur les tenants et aboutissants des marées dévastatrices.

Une co-édition très bienvenue où le format BD permet de développer les enquêtes illustrées qui font l’intérêt de La Revue dessinée !

« Pas moins de 3 hommes et 40 animaux ont été retrouvés morts sur les plages bretonnes. L’identité du tueur est un secret de polichinelle : les algues vertes. Un demi-siècle de fabrique du silence raconté dans une enquête fleuve.
Des échantillons qui disparaissent dans les laboratoires, des corps enterrés avant d’être autopsiés, des jeux d’influence, des pressions et un silence de plomb. L’intrigue a pour décor le littoral breton et elle se joue depuis des dizaines d’années. Inès Léraud et Pierre Van Hove proposent une enquête sans précédent, faisant intervenir lanceurs d’alerte, scientifiques, agriculteurs et politiques ».

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A l’heure où j’écris cet article, la BD est en réimpression. Mais vous pouvez la réserver chez votre libraire 😉

Problème local, enjeu global.
En amont et en aval, Inès Leraud et Pierre Van Hove suivent la piste des algues vertes : leur origine, leurs répercussions, les conflits d’intérêts ayant mené à l’omerta sur cette affaire ancienne et toujours d’actualité*.

Savoir rend triste, dit-on…
Oui, car la source, les tabous et dégâts causés par les algues vertes sont une nouvelle  illustration édifiante des abjections de ce système qui produit aussi intensément qu’il détruit.

Cette enquête dessinée s’ouvre sur l’hécatombe des intoxications humaines et animales dues aux marées vertes dans les années 2010.
Pourtant, la première a été officiellement observée 40 ans auparavant. Mais les pressions, censures et « stratégies de l’incertitude » mis en place par les politiques et industriels entravent la reconnaissance du lien entre agriculture intensive et pollution des littoraux. Une stratégie du doute bien connue des lobbys pour s’assurer de l’inaction.

Les « impératifs » de développement agricole et économique, ainsi que l’image touristique de la région passent avant les enjeux de santé publique et d’environnement.

En effet, la BD nous rappelle en quoi la « modernisation » agricole des 60’s est selon toute vraisemblance à l’origine de la prolifération d’ulva armoricana.
Une mutation économique, sociale, paysagère pour s’adapter à marche forcée à la logique de marché et au modèle productiviste américain.
Dépassé « l’archaïsme »: le développement agro-alimentaire breton passe par des élevages hors-sols de plus en plus grands, où des animaux toujours plus nombreux sont nourris aux  maïs et soja importés bourrés de pesticides. Ces derniers, ainsi que les déjections, l’azote minéral et les engrais, participent à l’augmentation des taux d’azote qui se transforme en nitrates dans le sol. Ceux-ci s’accumulent de manière croissante dans les cours d’eau depuis les années 60 ; sachant qu’une présence excessive de nitrates dans l’eau entraîne la prolifération des algues vertes, qui en se putréfiant dégagent un gaz très toxique, le H2S.

Mais que soit orchestré le silence sur l’origine agricole des marées vertes, ou organisés des plans de lutte, les décideurs (politiques, agricoles, industriels) s’arrangent pour préserver leurs intérêts

Les syndicats agricoles ont eu beau jeu de retourner la situation en accusant les associations et écologistes d’être la cause des suicides croissants des agriculteurs. Car ce ne sont pas les paysans qui sont mis en cause ; mais bien le système agricole qui pompe les ressources des agriculteurs et l’argent public pour accroître les profits des dirigeants (et pas les marges des agriculteurs, acculés) et la pression sur la Terre et les Hommes. La BD illustre les connivences entre industriels et politiques et les détournements par lesquels les subventions censées diminuer la pollution des eaux -et donc les marées vertes- sont utilisées pour intensifier la production et donc la pollution.

Des plages aux bureaux des décideurs, en passant par les champs, l’enquête de d’Inès Léraud montre les pressions exercées pour que les grands choix ne soient pas pris en matière de modèle agricole, et surtout que le lien ne soit pas fait entre les victimes et les algues vertes. La forme serait presque risible si le fond n’était pas morbide.

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A l’heure où j’écris cet article, la BD est en réimpression. Mais vous pouvez la réserver chez votre libraire 😉
Alors que faire?
Pour ce qui est des choix politiques lorsque survient un décès sur une plage, les auteurs proposent une solution simple.
En ce qui concerne notre pouvoir, je pense qu’il faut, autant que possible :
– s’informer
– privilégier une agriculture bio et paysanne : afin de respecter la santé, la Terre et les Hommes
-de même : raccourcir autant que possible les circuits d’approvisionnement (vente directe, circuits courts) offre une meilleure traçabilité pour le consommateur, réduit les intermédiaires qui augmentent les prix sans que le surcoût revienne aux agriculteurs, et permet à ces derniers de gagner en autonomie pour se dégager des coopératives omnipotentes et destructrices.
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💡Pour aller plus loin.

💡*L’article du Monde : « En Bretagne, l’angoisse des algues vertes ravivée »

« Algues vertes, le déni » sur France Culture

« Comment en est-on arrivé là ? Comment le taux moyen de nitrate des eaux bretonnes a pu passer de 5 mg / litre dans les années 1960, à 40 mg / litre dans les années 2000 ? » Algues vertes, le littoral empoisonné, FNE

💡La tomate, un exemple de produit dévoyé par la mondialisation et le productivisme

💡Les travaux de Valérie Chansigaud font l’objet de plusieurs articles et émissions sur France Inter (lien), dont une série d’émissions de la marche de l’Histoire.

Retrouvez mes partages livresques ici ou !

Belle fin de semaine ☀

 

 

*Ceci est un lien affilié : si vous achetez le livre par ce biais car vous ne pouvez pas vous rendre en librairie, je reçois une petite commission quand je fais vivre les livres 📖


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