Le pouvoir des livres pour changer le monde : « Nous sommes ce que nous mangeons » de Jane Goodall, Gary McAvoy et Gail Hudson, extraits choisis

 

Née le 3 avril 1934 à Londres, Jane Goodall est «une pionnière dans les recherches sur les rapports humain-animal et s’investit depuis toute petite dans la préservation de la vie animale sauvage d’Afrique ». Ethologue, anthropologue, primatologue, elle s’est immergée dans les cultures africaines, pour connaître les autochtones et observer les primates : notamment les chimpanzés, dont elle a partagé le quotidien pour patiemment les étudier.
Les considérant comme des êtres vivants doués de sensibilité, elle est la première à avoir rapporté qu’ils utilisaient -voire fabriquaient- des outils pour s’alimenter. Un fait que l’on considérait jusqu’alors comme distinctif de l’Homme et de l’animal, comme elle le raconte dans ce livre.

Ce dernier est un des nombreux témoignages mêlant données étayées, observations et expériences personnelles, que la primatologue partage pour faire prendre conscience du danger sanitaire et environnemental d’un système qui ne voit plus de bénéfice à se considérer comme un écosystème.

L’alimentation est un élément constitutif de notre culture, notre survie, notre physiologie; un simple acte qui implique pourtant tant d’enjeux et dont nous avons perdu le bon sens.

 

 

Résultat de recherche d'images pour "jane goodall book"

 

Paru en 2005, cet essai écrit avec Gary McAvoy & Gail Hudson convoque les connaissances et observations des auteurs, avec les tenants et aboutissants des dérives de ce système dans la seconde moitié du XXeme siècle, totalement déconnecté des principes et besoins de notre écosystème.
Bien que l’ouvrage soit surtout illustré d’exemples anglo-saxons, sa parution chez Actes Sud en 2008 s’ouvre sur une introduction écrite spécialement pour l’édition française.
En croisant des (res)sources scientifiques et empiriques des quatre coins du monde Nous sommes ce que nous mangeons informe pour sensibiliser aux risques de l’agriculture industrielle.

Un récent rapport britannique rappelle que le vrai coût de la malbouffe low cost est une crise de santé publique et la destruction de l’environnement.
Et c’est ce sur quoi alertait déjà le discours fort mais non moralisateur de Jane Goodall.

Mais aussi sur les aberrations éthiques pour tout ce(ux) qui nous entoure(nt) : des firmes industrielles qui brevettent le vivant, puis attaquent les paysans en justice quand ceux-ci ont été contaminés malgré eux. Des animaux auxquels on dénie le droit de vivre selon leurs besoins élémentaires. Des populations animales ou humaines que l’on coupe de leur cycle naturel.

 

Condensé d’enjeux alimentaires dans le temps et dans l’espace, Nous sommes ce que nous mangeons s’engage pour la protection des êtres et de la 🌎, et donne aussi à voir l’engagement de producteurs ou consommateurs à travers le monde.
Des initiatives alternatives qui montrent que le bon sens est encore ce qu’on a inventé de mieux.

Nous sommes ce que nous mangeons est l’exemple fort d’un livre que tout le monde pourrait et devrait lire : étayé mais très accessible, édifiant sans être moralisateur, éclairant un large spectre d’enjeux agricoles, environnementaux, alimentaires, et sociétaux.

Le partage d’extraits édifiants sur les réseaux sociaux ayant suscité un intérêt qui me touche, j’ai souhaité en sélectionner certains dans cet article. Ce sont des faits instructifs même quand on connait le sujet, et qui peuvent sensibiliser des personnes qui ne le sont pas encore. C’est ce dernier point, auquel je ne m’attendais pas lors des partages en storys instagram, qui m’a poussée à les partager ici.

Dans un esprit de synthèse et pour ne pas dévoiler tout ce qui fait l’intérêt du livre, j’ai, parmi ces extraits choisis, coupé des bouts de phrase ([…]), en respectant  leur sens qui n’est en rien modifié par ces retraits.

 

AGRICULTURE

Engrais chimiques et pesticides.

Après la Seconde Guerre Mondiale, l’introduction de la monoculture a marqué la première rupture avec l’agriculture traditionnelle […] si un paysan perd sa seule et unique espèce, les conséquences seront lourdes.
Le fermier moderne cherche donc désespérément à maintenir ses cultures en vie. Il enrichit ses terres d’engrais chimiques (contenant du plomb, de l’arsenic et parfois même du mercure) et arrose ses cultures de pesticides. Les insectes qui sévissent sur cette espèce deviennent plus résistants, si bien que le paysan répand des quantités de plus en plus grandes […].
Au bout du compte, le sol est tellement appauvri que l’écosystème de la ferme entière doit sa survie aux produits chimiques 🔄. Cette forme d’agriculture génère l’angoisse et le stress (suicides […]).

Cultiver des aliments avec du poison : Avec la Seconde Guerre Mondiale, les scientifiques se sont rendu compte que les gaz neurotoxiques pouvaient aussi servir contre les insectes qui détruisent les semences. Depuis, l’agriculture est de plus en plus dépendante de l’industrie chimique. […]
Près d’un demi-siècle d’une agriculture ayant recours aux pesticides a pour conséquence que de nombreuses espèces d’insectes nuisibles y résistent de plus en plus. La réponse du paysan consiste à traiter plus souvent et de surcroît avec des pesticides encore plus toxiques […].
Ces produits chimiques s’évaporent dans l’atmosphère et retombent ; ils atteignent nos arrière-cours, nos parcs et même nos fermes bio. Ils s’enfoncent dans nos sols et s’infiltrent dans la nappe phréatique, dans nos réserves d’eau et nos puits ; ils gagnent nos lacs, nos rivières, nos océans pour finir dans le corps des animaux et des êtres humains.
On estime à 0.1% la part des pesticides qui atteint sa cible effective – ce qui veut dire que toutes sortes de témoins innocents en pâtissent […]. En Amérique, les produits chimiques agricoles tuent quelque 67 millions d’oiseaux chaque année.
La prophétie de Rachel Carson dans son livre visionnaire Silent Spring s’est réalisée » (extrait accompagné d’études sur l’impact sur les animaux et la santé, comme le développement des enfants affecté par l’exposition aux pesticides) « comment avons-nous pu croire que c’était une bonne idée de cultiver nos aliments avec du poison ? ».

 

Le(s) BIO

( Le coût du bio: inaccessible et élitiste ?  «Le coût invisible des aliments qui ne sont pas bio » )
«Pouvons-nous vraiment nous permettre les aliments « bon marché»?

Pendant des années, nous avons été forcés de cautionner la contamination chimique de nos corps et de notre planète sous prétexte de produire en abondance des produits « bon marché ».
Mais ces produits sont-ils vraiment bon marché ?
Le vrai coût de l’agriculture industrielle n’apparaît jamais sur l’étiquette. On y précise jamais la somme payée par le contribuable sous forme d’aides gouvernementales, ni le prix à payer pour notre santé malmenée. Il est pour le moins impossible de mesurer tout ce qui est dépensé pour remédier aux dégâts environnementaux causés par l’agriculture intensive et ses produits chimiques ».

«Le vrai bio, le faux bio.
Le mouvement bio s’est d’abord développé en réaction à la mainmise des grands groupes sur les réserves alimentaires.
À ses débuts, l’utopie bio avait trois objectifs :
– Cultiver des aliments sains en harmonie avec la nature
-Préserver la riche diversité des productions locales
-Créer une nouvelle forme de distribution à travers des marchés de producteurs et des coopératives agricoles
En achetant des aliments bio, nous pensons encourager les écosystèmes variés et menacés [manger des produits sains cultivés dans le respect de la nature]. Il faut dire que l’industrie bio contribue à perpétuer cette image.[…]
Mais la réalité est parfois bien loin de l’idylle.
Sachant que les produits bio font maintenant partie d’une industrie à hauteur de plusieurs milliards, on ne s’étonnera pas que les grands groupes agro-alimentaires prennent le train en marche[…].
La plupart de ces multinationales ne traitent pas avec les petites exploitations respectueuses de l’environnement. A la place, on découvre un nouvel hybride, la ferme bio à grande échelle, avec des hectares entiers de monoculture […].

Le bio de façade reprend les méthodes à succès des grandes multinationales.
Certes, les pesticides sont proscrits, mais les quantités d’eau et d’énergie fossile utilisées sont considérables.
Comme ces producteurs persistent dans la monoculture intensive, ils sont les tenants d’un système affaibli de l’intérieur […].
La culture bio de façade s’inscrit encore dans une infrastructure qui encourage la production de masse, l’emballage superflu et l’expédition vers des magasins éloignés de milliers de kilomètres  [avec] de nombreux intermédiaires et des objectifs à court terme.
La réussite du bio de façade se mesure à ses bénéfices, pas à son respect de l’environnement».

 

 

 

Perte de biodiversité et domination de quelques firmes

La commission des Nations Unies a fait savoir qu’un nombre terrifiant de plantes comestibles sont en passe d’être réduites à quelques variétés propres à la culture industrielle […].
Te Tzu Chang : « Ce que les gens appellent le progrès n’est autre que la corde raide en ce qui concerne l’approvisionnement alimentaire. Partout, nous perdons des variétés de semences ».

«Les OGM représentent pour les grands groupes le moyen de s’assurer le contrôle global de la culture et de la distribution des aliments. Quelques multinationales détiennent à présent un brevet sur leurs semences génétiquement modifiées  et elles attaquent en justice les paysans dont les semences ont été contaminées (par pollinisation croisé, par le vent, par les oiseaux) pour non-respect du brevet. Non seulement la contamination par les OGM a menacé la terre et le cadre de vie des petits producteurs, mais en plus les compagnies détentrices des OGM accusent les fermiers d’être légalement responsables !»

« Certaines des multinationales qui s’emparent des terres cultivées en Amérique du Nord rachètent aussi des producteurs de semences, essayant donc ni plus ni moins de déposer un brevet pour les semences du monde entier [….] le moteur des technologies génétiques n’est autre que l’appât du gain, une vaste tentative de multinationales de s’assurer à travers des brevets déposés, le contrôle des réserves alimentaires mondiales.

Résultat de recherche d'images pour "nous sommes ce que nous mangeons"

Pendant ce temps, des techniques agricoles indéfendables se répandent dans les pays en voie de développement dont les dirigeants sont souvent pressés de coopérer avec les multinationales. Et ces derniers de créer de nouveaux débouchés pour leurs technologies agricoles et de produire des aliments bon marché (dans des conditions proches de l’esclavage moderne) qu’elles peuvent vendre avec un confortable bénéfice à leurs riches clients des pays développés.
C’est ainsi que se perpétue l’exploitation coloniale du monde émergent».

[La faim dans le monde] « n’est pas dû à un manque d’aliments en soi mais à divers facteurs variables tels que l’instabilité politique, la distribution lacunaire des vivres, la corruption des gouvernements, la dégradation des terres liée à la surpopulation et aux cultures intensives, le rachat des exploitations rurales par les multinationales qui menacent les cultures locales mieux adaptées aux conditions de vie ; et enfin les centaines de milliers de fermiers privés de leurs moyens, qui ne doivent leur survie qu’à une agriculture de subsistance et finissent par migrer vers les villes (paupérisation). […] il faut se méfier des multinationales qui prétendent éradiquer la faim dans le monde en transformant les terres cultivées en surfaces couvertes de semences génétiquement modifiées».

«Dans leur dernier ouvrage, Hope’s edge, Frances Moore Lappé et sa fille soulignent le fait que 10 multinationales agro-alimentaires contrôlent plus de la moitié des réserves mondiales de nourriture.
En d’autres termes, une poignée de PDG réduit le choix de produits disponibles en magasin à ceux qui rapportent le plus de bénéfices à leur groupe.
La plupart des gens ont dû accepter de manger des pesticides et des OGM; accepter ce monopole des grands groupes qui sacrifient la qualité et la diversité au profit d’une production de masse et font passer leurs bénéfices avant la santé humaine et la protection de l’environnement».

[…] [l’alimentation déséquilibrée des plus défavorisés (dans les pays développés)]. «Certes, ils ne manquent pas de nourriture, mais s’intoxiquent du fait de la qualité de cette nourriture. Les articles sont certes bon marché mais leur valeur nutritive est quasi nulle. Monica Ferreria, Roots&Shoots : « Tous les enfants aiment les chips, le marketing autour de ces produits est immoral.
Quel dilemme, lorsque l’on voit que les plus pauvres ne meurent pas par manque de nourriture en soi, mais par excès de mauvaises nourritures« . […]
L’industrie de la malbouffe doit être tenue pour responsable de sa production mondiale de nourriture bon marché, riche en calories et qui ne vise qu’au profit sans tenir compte des dégâts causés».
S’ensuivent des témoignages et études sur l’impact de la consommation de sucre sur la hausse des comportements violents.

MODES DE VIE

«On pensait que le 21ème siècle apporterait un confort sans limites aux nations industrialisées, à la place on assisté à un effondrement des habitudes alimentaires. Les relations familiales en pâtissent, nos aliments sont moins nutritifs, chacun se dépêche, travaille toujours plus et profite toujours moins de la vie.
[…]
Alors que nous essayons de démanteler les rouages de l’agriculture industrielle, nous devrions peut-être aussi remettre en question notre mode de vie qui fait passer la vitesse et la facilité avant les valeurs nutritives d’aliments cuisinés avec amour et mangés en famille. La rapidité, la facilité, les calories ne nous ont pas rapprochés de nos enfants, elles n’ont pas consolidé nos relations et sont loin d’améliorer notre santé et notre alimentation».

LA PERTE DES PRODUITS FRAIS & LOCAUX

«Alors que le supermarché global incarne la multiplication de l’offre, il est aussi à l’origine de valeurs et d’attentes totalement irréelles.
On nous a conditionnés à croire qu’il est tout à fait normal de se rendre dans un supermarché pour y trouver en toute saison n’importe quel produit de n’importe quel pays.

Il y a bien plus d’énergie dépensée (énergies fossiles) pour que la nourriture arrive sur notre table que nous n’en recevons en la mangeant. Le déplacement par camion des aliments est responsable d’une grande quantité d’émission de dioxyde de carbone (encore plus élevées quand ils sont acheminés par voie aérienne).

Songeons aussi aux quantités d’emballage gaspillés pour que les aliments soient conditionnés et puissent supporter des milliers de kilomètres [et le produit est passé par de nombreux intermédiaires].
Nous découvrirons aussi qu’il a subi une irradiation ionisante pour supporter un long voyage.
Nous pourrions aussi nous rendre compte qu’il a été cueilli avant terme, puis à été dopé pour mûrir après son transport. Ou qu’il a été passé au spray, qu’on lui a injecté un colorant pour que ses belles couleurs lui donnent un air bien mûr.
Où encore qu’il a été génétiquement modifié pour rester frais plus longtemps.
[…]

Un des exemples les plus tristes de la manipulation sélective des plantes est la tomate de culture industrielle qui est farineuse, incolore et sans goût. Ce légume imposteur doit mûrir dans des camions réfrigérés où il voyage pendant une semaine avant d’arriver dans les rayons des supermarchés. En outre, il pourrait bien s’agir d’une variété génétiquement modifiée.

Tous ces transports et manipulations seraient peut-être justifiés s’ils aidaient à nourrir les régions de ce monde où les produits frais ne sont pas disponibles.
Mais en fait, la plupart de ces aliments sont expédiés dans des pays qui cultivent les mêmes produits. […]
Dans la mesure où les tomates de production locale ne font plus partie de la chaîne alimentaire industrielle, elles ne parviennent jamais sur les rayons de supermarché.
Dans l’état actuel des choses, les acheteurs des supermarchés ne font que des commandes de gros auprès d’entrepôts qui importent de la nourriture provenant de distributeurs ou de fermes industrielles du monde entier. [Pour eux] il n’y a presque aucun intérêt à commander des produits auprès de différents petits producteurs locaux».
J’imagine que l’int€r€t changerait de camp si nous consommateurs votions par nos achats pour des produits locaux et de saison. Qui ne sont pas forcément plus chers (encore une fois, quel est le vrai prix du low cost??) mais pâtissent de barrières pratiques (les circuits courts, moins pratiques que le supermarchés), financières, socio-culturelles.

🌿🌿🌿

MAL-ETRE ANIMAL

« Dans les années 70, j’ai soudain découvert que tout avait changé dans le monde de la ferme.
C’est en lisant Animal Liberation de Peter Singer que j’entendis pour la première fois parler de l’horreur des fermes industrielles et de leurs méthodes à grande échelle pour élever de plus en plus de bêtes et répondre à la demande croissante des consommateurs en viande de moins en moins chère. […]

Les animaux sont traités comme des objets alors que ce sont des êtres vivants qui connaissent la douleur et la peur, mais aussi la satisfaction, la joie et la peine.
Ils ont le droit de vivre dans des conditions qui leur permettent d’avoir un comportement conforme à leur nature […].
Le modèle industriel ne voit aucun intérêt à considérer les animaux comme des êtres sensibles. A la place, ils sont ni plus ni moins traités comme des machines qui transforment de la nourriture en de la viande, du lait, des œufs ».

« La plupart de nos volailles sont élevées en batterie, dans des bâtiments où des centaines de cages sont empilées les unes sur les autres (il peut y avoir des dizaines de milliers de volailles par entrepôt). Les poules sont fourrées par 5 ou 6 dans de petites cages grillagées qui ne leur laisse même pas assez de place pour déployer leurs ailes. Et comme elles se donnent mutuellement des coups de bec, ceux-ci s’atrophient douloureusement.

Lorsque la ponte commence à décliner, les poules sont privées d’eau et de nourriture pendant plusieurs jours alors que le cycle de la lumière et de l’obscurité est inversé. Cette mue brutale leur fait perdre les plumes et elles se mettent à pondre à nouveau, mais juste pour quelques semaines. Ensuite, ces oiseaux poussés au bout du rouleau sont utilisés pour le bouillon de poules.

Dans ces usines à œufs, les coquelets tout juste éclos passent pour des produits secondaires dépourvus d’utilité» (donc tués, dans diverses conditions dont je vous épargne les détails)  «certains poulets sont moulus en nourriture animale, parfois même alors qu’ils sont encore vivants. Les volailles qu’on achète et dont les cuisses, ailes et gésiers sont vendus dans de jolies petites barquettes, sont entassées dans de minuscules casiers, où elles se bousculent, se marchent les unes sur les autres et piétinent celles qui meurent » .

« À bien des égards, l’élevage intensif de porcs est le pire de tous. Les jeunes cochons d’élevage sont gardés dans des enclos surpeuplés avec un sol en ciment. La promiscuité est telle […] qu’ils en arrivent parfois à se dévorer la queue les uns les autres». S’ensuit une illustration difficilement soutenable des effets des hormones de croissance (élevages américains) et l’enfer vécu par les truies élevées pour la reproduction».

70% de l’eau utilisée sur la planète l’est pour l’agriculture (FAO). 1 steak = 1 500 L d’eau. 80% de la déforestation est due à l’agriculture; entre autre pour produire du soja*.

« Manger de la viande : les conséquences pour l’environnement.
On estime à 1/3 voire à la moitié la part des récoltes mondiales servant à nourrir des animaux qui seront mangés par l’Homme.
Le fourrage et les graines qui servent à nourrir les animaux dont la viande est consommée en Europe exigent une surface de culture 7 fois supérieure à l’UE.
Les éleveurs doivent acheter des céréales et d’autres aliments pour animaux provenant d’autres pays. C’est ainsi que la forêt tropicale brésilienne est détruite» (déforestation importée) « non seulement pour créer des pâturages pour le bétail mais aussi pour produire du soja ou des céréales dont la plus grande partie est expédiée en Europe ou au Japon où elle nourrit les animaux d’élevage.
Ce qui veut dire que les populations locales qui ont besoin de faire pousser leur propre nourriture se voient privées de leurs terres par les compagnies étrangères.

«Pour produire 1kg de soja il faut 2000 L d’eau, un peu plus que les 1900L nécessaires pour produire 1kg de riz. Par contre, il faut 3500 L pour 1kg de poulet et 100 000L pour 1kg de bœuf. Pour nourrir ceux qui ont faim, la solution ne passe pas par l’augmentation des productions de viande, bien au contraire ».

SANTÉ

« Dans Disease-Proof Your Child, Joel Fuhrman insiste sur le fait que nous avons été conditionné à croire que les produits d’origine animale sont la meilleure source de protéines. En fait, les légumineuses contiennent plus de protéines par calorie que la viande. Les aliments les plus nocifs sont ceux qui regorgent de graisses saturées (présentes dans les produits animaux). Dans les pays développés, la dépendance excessive aux produits laitiers et à la viande a sûrement contribué à la prévalence actuelle des maladies cardiaques et du cancer».

(Risques sanitaires des OGM) « De nombreux aliments génétiquement modifiés ont été créés pour développer leur propre pesticide dans chaque cellule. Quels seront les effets cumulés à long terme de la production en masse de ces toxines ? »

💧💧💧

« L’EAU, LA CRISE MENACE
Alors que la population continue de croître, nous manquons de plus en plus d’eau.
Dans les zones de captage, la déforestation entraîne l’ensablement des rivières à cause des coulées de boue sur les terrains nus. Les cours d’eau diminuent et les besoins en eau pour l’irrigation et l’usage domestique ne fait que grandir. […]

L‘irrigation excessive du maïs et du soja qui servent à nourrir le bétail, lequel a aussi besoin d’eau, assèche nos ressources dans de nombreux pays » .

Nombre d’entre nous  « pensent que la meilleure manière d’avoir une eau pure et saine est de l’acheter en bouteilles. Pour tout dire, seules quelques marques sont vraiment pures […] songeons au rappel mondial des eaux Perrier aux débuts des années 90. L’eau avait subi une contamination au benzène (poison)» .
La production d’eau en bouteille nuit à l’environnement. Le plus souvent, les bouteilles plastiques sont faites de PET, une substance dangereuse pour l’environnement, dont la production dégage de nombre résidus. En plus, il faut 17.5kg d’eau pour obtenir 1kg de PET. Il faut plus d’eau pour fabriquer les bouteilles en PET qu’on ne met dedans »

« Quand les grands groupes détiennent l’eau.
Les grandes multinationales mettent tout en œuvre pour s’assurer la maîtrise des ressources en eau de ce monde.
Le magazine Fortune précise que »l’eau est le meilleur secteur d’investissement  » du 21ème siècle.
Dans le Toronto Globe & Mail, on peut lire : l’eau est en passe de devenir une industrie aux mains des multinationales« .

Historiquement, les opérateurs du service public avaient la responsabilité des réserves en eau.  A présent, de plus en plus de grandes entreprises s’engagent dans ce secteur[…]. Quand une entreprise fournit de l’eau, sous quelque forme que ce soit, elle le fait pour assurer des bénéfices à ses actionnaires et non pas pour préserver la qualité de l’eau (données auxquelles les clients n’ont plus accès) ou la maintenir à un prix abordable […]
Un ancien directeur de Suez : « Nous sommes là pour gagner de l’argent. Tôt ou tard, une entreprise qui investit doit rentrer dans ses frais, ce qui veut dire que les clients doivent en assurer le coût  »

🔹🔹🔹🔹🔹🔹🔹🔹🔹🔹🔹🔹🔹🔹🔹🔹

« Peu importe la taille d’une entreprise, elle ne peut rester compétitive si ses clients la boycottent ».

Ce qui se fait et ce que nous pouvons faire :

Evidemment, pour vous donner envie de découvrir ce livre, je ne livre pas ici  les témoignages personnels de Jane Goodall, expériences positives et surtout les initiatives existantes et « solutions » diverses qu’elle propose comme alternatives à ce système qui marche sur la tête !

N’hésitez pas à partager cet article, ainsi que vos réflexions et lectures 😉 ! Vous pouvez aussi me suivre sur les réseaux sociaux, j’y partage souvent des extraits édifiants de lecture !

Pour aller plus loin…: (s’)informer pour comprendre et agir

Le mouvement Slow Food : Carlo Petrini et Alice Waters

Livres cités dans cet essai
Animal Liberation de Peter Singer
Disease-Proof Your Child de Joel Fuhrman
Hope’s edge, Frances Moore Lappe et Anna Lappe
The ten trusts

Résultat de recherche d'images pour "the ten trusts jane goodall"

La Cité de la joie de Dominique Lapierre (paupérisation des paysans devant migrer vers les villes)
Printemps silencieux de Rachel Carson

 

 

Ressources :

💡 L’émission Cash Investigation sur la mainmise des grands groupes et la perte de diversité alimentaire et d’intérêt nutritionnel et gustatif des OGM :

💡 »Saviez-vous que :
* 30% des émissions de gaz à effets de serre sont dus à l’industrie agro-alimentaire ?
* Qu’en France 54% des terres sont agricoles et seulement 6 à 7% de ce pourcentage sont dédiées à l’agriculture biologique contre quasiment 70% pour les élevages… », etc : le post de l’ADEME

💡 »Agriculture : comment en est-on arrivés là? » : l’article d’Ariane (dont je vous invite à (re)découvrir les autres articles et ses storys instagram très instructives 🙂 !)

💡* »Derrière la viande, les œufs et les produits laitiers consommés en Europe se cache un phénomène massif de déforestation qui alimente la crise climatique et la disparition du vivant. Le rapport de Greenpeace « Mordue de viande, l’Europe alimente la crise climatique par son addiction au soja ». « Ce dernier reprend et compile les données existantes concernant la déforestation et la destruction d’écosystèmes en Amérique du Sud liées à la culture et aux importations de soja, ainsi qu’à la production de viande et produits laitiers au sein de l’Union européenne ». En Europe, le soja est la première cause de déforestation importée.

💡  » 23% des émissions de GES, 13% des émissions de CO² et 44% des émissions de méthane sont imputables à l’exploitation forestière et à l’agriculture, qui compte pour 70% de la consommation d’eau » – le rapport du GIEC, l’humanité épuise les terres

💡Jane Goodall, Le Monde, 10 août 2019, « Plus les perspectives sont sombres, plus je suis déterminée »

Le prix du livre étant le même partout en France, cet ouvrage ne sera pas plus cher chez votre libraire 😉 et aurait bien sûr sa place parmi cette autre sélection de livres d’intérêt public!

 


3 réflexions sur “Le pouvoir des livres pour changer le monde : « Nous sommes ce que nous mangeons » de Jane Goodall, Gary McAvoy et Gail Hudson, extraits choisis

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s