[Revue Web] Semaine Européenne de Réduction des Déchets : au-delà du zéro déchet. Slow flower, biodéchets, 5r, défi rien de neuf et sobriété

Et si on profitait de cette Semaine Européenne de Réduction des Déchets pour passer à l’étape supérieure et comprendre que tout est lié ? Que le zéro déchet n’est que la facette instagramable d’une transition indispensable mais insuffisante ?

Gourde Insta-compatible 💁‍♀️

Et si on profitait de cette semaine pour réfléchir à ce qu’il y a derrière nos déchets et:

🌿voir que derrière la réduction des déchets, il y a le refus de soutenir un modèle où rapidité, profit et facilité détruisent l’écosystème.
Et donc buycotter (refuser de voter pour ce système avec son porte-monnaie ) les produits et entreprises qui l’entretiennent ?

🌿lier l’individuel du cheminement personnel et le collectif de la mobilisation ?

🌿Voir que la violence ne vient pas des acteurs engagés, mais des tenants de ce système; et s’y opposer avec la rationalité de la radicalité?

🌿Voir que la réduction des déchets passe aussi par la réduction drastique de sa consommation de produits animaux, par la relocalisation  de la production et de la consommation.

🌿Prendre conscience que tous ces déchets visibles ne sont : d’une part que la partie émergée de cette société consumériste (déchets sur les autres continents, pollution grise ou importée, analyse du cycle de vie du produit ) ; d’autres part la marque d’un système qui nous crée des nouveaux besoins et pseudo-envies en nous incitant à surconsommer, conso-jeter, renouveler, posséder.

Alors que le plaisir, l’expérience, le partage, la réflexion, la culture, l’émerveillement, le partage, le rire sont des universels non-matérialistes qui génèrent plus de bonheur authentique que de déchets.

🌿Que oui, faire sa lessive ou son déo est une 1ère étape du cheminement personnel nécessaire, qui permet de prendre conscience de sa consommation, des conditions de production de ce que l’on utilise, ne plus donner son argent  à des entreprises climaticides, se reconnecter au faire soi-même avec des produits bruts sains et durables, de choisir ce que l’on veut consommer et ce dont on a vraiment besoin.

Aller au-delà du zéro déchet domestique

Mais la transition doit  grandir, tant dans la force de l’engagement que dans son approche collective et systémique.

C’est pourquoi, comme l’année dernière je vous propose une revue Web à l’occasion de la SERD ; qui cette fois fait un pas de côté quant à l’approche traditionnelle du zéro déchet. Inspirée par la philosophie des 5R, elle se penche sur des facettes moins visibles du mouvement, pour insister sur la nécessité de la sobriété et de la prise de conscience de sa consommation dans sa globalité. 😉

Rappel des piliers de la démarche de réduction des déchets.

Rendus fameuses par le livre de Béa Johnson, les 5 r consistent à :

  • REFUSER ce dont nous n’avons pas besoin
  • RÉDUIRE ce dont nous avons besoin
  • RÉUTILISER ce que nous consommons (et que nous ne pouvons ni réduire ni refuser) et RÉPARER.
  • RECYCLER ce que l’on ne peut ni refuser ni réutiliser.
  • COMPOSTER (tout le reste !)

De quoi infuser de la conscience et de la responsabilité dans son quotidien !

Les écolos humanistes fournissent plein d’infographies sur leur site et dans leur livre !

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REVUE WEB

Refuser : le superflu et les emballages inutiles
En ce mois de Novembre, le questionnement sur l’impact des fêtes pointe le bout de son nez : éthique du cacao, surconsommation de gadgets aussi polluants qu’inutiles, emballages des cadeaux…Mais qu’en est-il des fleurs?
Un plaisir d’offrir naturel?
Automatique, l’achat de fleurs pour une occasion contribue pourtant à une souffrance humaine et écologique semblable au secteur de l’alimentation, mais pourtant moins connue.
Né aux Etats-Unis, le mouvement Slow Flower rassemble des horticulteurs soucieux de réduire l’empreinte de la filière en proposant des fleurs bio, locales et de saison; mais en accord avec la démarche zéro déchet. Des bouquets qui ont du sens, vendus directement en circuit court, parfois même livrés à vélo, qui sont emballés de manière plus naturelle, avec des alternatives au plastique ou au bloc de mousse.
« Fleurs d’ici a développé une offre de service pour soutenir les fleuristes qui veulent passer au local en leur mettant à disposition leur réseau d’horticulteurs… Il y en a près de 3500 en France ! » précise l’Info Durable.
Choisir des bouquets « slow », c’est donc réduire l’impact de la filière horticole sur tout le cycle de vie de la fleur, dont les emballages lors du transport, puis de la vente.
En effet, « 9 fleurs sur 10 commercialisées sont importées, essentiellement des Pays-Bas, mais aussi du Kenya, d’Équateur, ou de Colombie; traitées avec des substances chimiques pour résister aux transports et aux maladies » (source).
Donc comme pour l’artisanat ou l’alimentation : une consommation raisonnée locale, de saison et sans traitements nocifs a plus de sens et moins d’impact !
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Emprunter un livre et le lire dans la nature : une alternative (estivale 😁) à la consommation !
Réduire. La réduction des déchets par celle de la consommation
Après un état des lieux des enjeux de l’économie circulaire et du tri, Ariane rappelle que se reposer sur la bonne conscience du recyclage n’est pas soutenable et plus que de « bien trier »* ses déchets, il s’agit de réduire la production et la consommation pour éviter la création de déchets en amont.
*Une responsabilisation que pointe également Baptiste Monsaigeon dans son livre.
Ainsi, au-delà d’un challenge individuel, le Défi Rien de Neuf encourage les participants à privilégier les alternatives au neuf, afin de questionner nos besoins ; pour réduire la surconsommation, et par là son énergie grise. A savoir le poids de nos objets sur tout leur cycle de vie.
C’est pour prendre en compte l’impact global de nos activités qu’a ainsi été créé l’empreinte carbone, qui prend en compte les émissions délocalisées, comme l’explique cet article de Lundi Carotte.
Tout comme ces émissions que l’on ne prend pas en compte parce-qu’elles sont éloignées, notre (sur)consommation génère des déchets que l’on ne voit pas : pollution dans les pays de production, exportation des déchets issus de notre logique du conso-jeter.
D’où la nécessité de réduire, avant de recycler. Une sobriété qui passe par l’attachement aux besoins authentiques, et non aux envies artificiellement créées par le marketing et les pressions consuméristes, comme le décrypte Razmig Keucheyan dans l’essai qu’il présente dans cette émission.
« Le zéro déchet a été pour nous une bonne première initiative. Nous en avions assez de surconsommer et nous désirions avoir de plus en plus de temps pour réfléchir et surtout être ce que nous sommes sans avoir besoin de plus, sans superflu » témoigne Anne qui s’est lancée dans le défi Rien de Neuf avec sa famille. « J’ai compris que nous pouvions faire plein d’autres choses que juste diminuer nos déchets visibles ».
➡️Comment sensibiliser ses proches  réduction des déchets,  dans une approche positive!
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Réutiliser et réparer
Réemploi : le fléau plastique et la délicate question de la consigne.
Dans la tribune « Mettons fin à la folie des bouteilles plastique » les signataires s’alarment de voir « la France dans le trio de tête des pays européens avec 16 millions de bouteilles d’eau consommées annuellement ». Avec un « secteur en croissance de plus de 3,5% sur les cinq dernières années ».
Pour éviter qu’ « en 2050, il y ait plus de plastique que de poissons dans l’océan », la tribune demande au « législateur d’accompagner dans cette transition le consommateur (qui) doit changer radicalement son modèle de consommation ».
Avant de conclure: « La meilleure bouteille plastique n’est pas celle qui est consignée ou recyclée, mais celle qui n’est pas produite » rapporte La Charente Libre.
Une absence de déchet sur laquelle se s’appuie -nécessairement- pas la logique de recyclage et réemploi :

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➡️Le projet de consigne décrypté par Les Décodeurs.
La logique de réutilisation amène tout logiquement au principe de réemploi, dont une des déclinaisons phare nourri nombres de débats politiques, citoyens ou législatifs ces derniers mois : la consigne.
Dans l’objectif de « diviser par deux les déchets mis en décharge et recycler 100 % des plastiques sur tout le territoire d’ici 2025. Car la France affiche un taux de recyclage de 56 % quand l’Allemagne atteint 90 %» rappelle cet article.
Bien établi en Allemagne, ce système de collecte tombé en désuétude en France ne s’appliquerai plus seulement au verre que l’on ramène chez le commerçant, mais aussi au plastique que le consommateur ramène en points de collecte,pour récupérer sa caution. Le système de gratification actuel interroge en effet sur l’incitation à consommer dans les « hypermarchés partenaires » : une incitation paradoxale, et un manque à gagner pour les communes.
« Le projet de loi anti-gaspillage et pour une économie circulaire prévoyait dans son intitulé initial la mise en place d’un dispositif de consigne pour recyclage et pour réemploi des emballages.
Mais le Sénat a rejeté la consigne pour recyclage lors de l’examen du texte en première lecture en septembre, ne retenant que la consigne pour réemploi.
La consigne pour recyclage concerne notamment les bouteilles plastiques. Le principe est de les collecter pour ensuite les recycler comme matière première pour refabriquer du plastique. La collecte pour réemploi, elle, s’applique principalement aux bouteilles de verre, qui sont lavées et remplies à nouveau.
Mais il a été décidé mardi que la consigne des bouteilles plastique ne sera pas imposée aux maires » précise Europe 1.
Plébiscité par certains collectifs pour remédier au fléau du jetable à usage unique, le système de consigne interroge toutefois quant à l’essentiel : la réduction de la production de déchets à la source.
Ainsi, après un bref tour d’initiatives européennes de consigne (« Au global, en Europe, les pays qui gèrent au mieux leurs déchets sont ceux qui ont mis en place un système de consigne. ») ; Edeni pointe l’écueil de ce système de collecte et recyclage, en citant par exemple l’Allemagne, où cela « a entraîné une hausse de la production de bouteilles en plastique à usage unique » (l’article cite celui de Reporterre).
C’est pourquoi «L’ONG Zéro Waste, elle, ne montre pas d’opposition de principe à une consigne du plastique pour recyclage, mais insiste sur le réemploi : « Il ne faut pas que la consigne devienne le nouveau geste écologique ultime. Le geste écologique, c’est limiter les emballages« . C’est tout l’enjeu !» rapporte La Provence.
➡️L’une des clefs pour réduire les déchets, notamment encouragée par le Défi Rien de Neuf est de réparer, afin d’allonger la durée de vie de nos objets plutôt que de racheter continuellement.
Notamment les équipements numériques car «les 3/4 de l’empreinte environnementale du numérique se joue avant, dans la fabrication de nos équipements» rappelle ici le fondateur de GreenIT.
C’est pourquoi Alma Dufour des Amis de La Terre encourage prioritairement à  «réparer et faire durer nos appareils» du fait de leur impacts environnementaux (article payant).
C’est dans cette optique qu’essaiment les Repair Cafés, dont l’objectif est de s’entraider et d’apprendre à réparer. Notre expérience familiale vous invite toutefois à la vigilance quant à la formation et au sérieux de certains bénévoles. Plus vous pouvez être disponible et présent.e pour assister aux réparations, mieux c’est 😉
Le blog du Défi Rien de Neuf rassemble des conseils généraux et initiatives locales pour trouver des alternatives à l’achat neuf quand c’est possible!
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Quel recyclage ?
Une approche globale de la réduction des déchets, c’est appréhender les impacts de la production à la consommation ; mais aussi être conscient de la répartition mondiale de l’enjeu. RFI a ainsi consacré une journée spéciale « Déchets ça déborde ! On fait quoi?; » afin de questionner l’enjeu, dans son acception globale et mondiale.
Notamment interroger le rapport que nous entretenons avec nos déchets, en présence de Baptiste Monsaigeon, auteur de Homo Detritus*, un essai édifiant et éclairant.
La radio propose également des décryptages et infographies : déchets, des flux mondiaux bouleversés par la Chine (sur l’exportation des déchets occidentaux en Asie).

*Ceci est un lien affilié : si vous achetez le livre par ce biais car vous ne pouvez pas vous rendre en librairie, je reçois une petite commission quand je fais vivre les livres 📖

 

En effet, si une partie seulement de nos déchets sont recyclés, au prix de dépenses de précieuses ressources ; une autre est envoyée à l’étranger. Depuis que la Chine ne veut plus être la poubelle du monde, les déchets occidentaux sont exportés en Turquie (éclairage dans cette émission de RFI en compagnie de l’auteur de Survivre au péril plastique) ou exportés vers l’Asie du Sud-Est… pour mieux revenir.
Dans ce livre on apprend également que les multinationales de l’eau, non seulement génèrent des montagnes de déchets plastiques qui polluent nos organismes et l’écosystème ; mais s’accaparent aussi ce bien commun qu’est l’eau, au détriment des populations locales… et globales.
➡️Plus de données sur la « situation détritique » avec ces 5 gestes significatifs
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Au jardin partagé, où se trouve un compost collectif
 Le dernier pilier du zéro déchet, c’est Rendre à la terre, par le compostage des biodéchets par exemple.
La collecte des biodéchets sera bientôt obligatoire dans les communes : des déchets organiques qui peuvent alimenter les composts ou les méthaniseurs.
« La méthanisation consiste à faire digérer ces déchets par des bactéries pour produire du bio gaz, un méthane chimiquement identique à celui qu’on extrait des gisements de gaz naturel, qui peut ensuite être injecté dans le réseau ou brûlé en co-génération pour produire de l’électricité et de la chaleur. Les pouvoirs publics sont très favorables à cette idée, pour à la fois réduire notre dépendance au gaz importé et nos émissions de gaz à effet de serre. Car le bio gaz rejette dix fois moins de gaz à effet de serre que le gaz naturel, selon les calculs du cabinet Carbone 4″ précise la page de l’émission de La Terre au carré qui a consacré une édition au sujet.
Car cette technique plébiscitée pour sa cohérence avec la logique d’économie circulaire, fait cependant l’objet de très peu d’analyses et donc de recul.
Lionel Ranjard, spécialiste d’agroécologie et de la biodiversité des sols à l’INRA de Dijon et membre de METHA-REV, est invité pour parler de l’objet de ce groupe de réflexion, à savoir mieux comprendre l’impact des digestats sur la biodiversité du sol ; et quels digestats peuvent être épandus.
Le groupe a en effet été impulsé par un problème environnemental dans le Lot, lié à un problème de composition et d’épandage du digestat de méthanisation (pollution des sols, en azote notamment) et aux dégagements d’ammoniac.
Pour que ce biogaz, source de revenus pour les agriculteurs, soit vraiment durable, il faut donc multiplier les études selon la biologie des sols et le type de digestat.
De surcroît, la méthanisation ne doit pas entrer en concurrence avec les productions pour l’alimentation humaine.
En effet, pour fonctionner, un méthaniseur doit être plein, donc constamment remplir de matières organiques.
La méthanisation couvre les sols, mais peut orienter les pratiques et détourne l’objectif d’économie circulaire -surtout quand il est récupéré par l‘industrialisation et ses dérives.
Il s’agit d’interroger l’articulation entre monde de l’énergie et monde agricole, afin de ne pas retomber dans la culture intensive sous prétexte que la méthanisation produit de l’énergie « propre ».
Surtout que le digestat semble diminuer le stockage de carbone dans les sols.
Scientifiques, industriels et ruraux ont donc intérêt à une multiplication des études, tout autant pour comprendre cette méthode de plus près, que pour prendre du recul.
L’idée étant que l’approche industrielle (méthanisation) ne vienne pas concurrencer la logique domestique (rendre à la terre en compostant chez soi)!

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Ces 5 r vous parlent ? Parvenez-vous à voir l’échelle collective des engagements individuels ?

 

Cuisine, ménage et cosmétique en mode DIY simples, pour ne pas voter avec mon porte-monnaie pour un système en discordance avec mes valeurs
Et en toute logique, la semaine européenne de réduction des déchets enchaîne sur..celle du Black Friday ^^ que bien sûr je vous encourage à boycotter (même quand il est repeint en green ) 😉
À la place, vous pouvez par exemple fabriquer un calendrier de l’avent slow et zéro déchet 😉 bien plus écolonomique !

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