« Le guide de l’alimentation durable » d’Aline Gubri : bon sens, pédagogie et choix durables

«Un an et demi après mes premiers pas vers la réduction de mes déchets, je me suis surprise à questionner la cohérence globale de ma démarche environnementale.
J’accomplissais certes déjà largement ma part au quotidien […] ; mais était-il cohérent d’un point de vue environnemental […] de se focaliser sur mes déchets tout en achetant des aliments dont la production se révélait largement plus coûteuse pour l’environnement ?  »

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Bonjour mes falafels!

C’est avec plaisir que je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du Guide de l’alimentation durable d’Aline Gubri, livre bienvenu car il témoigne du mûrissement de sa démarche, tout autant qu’il est accessible à tous.

En effet, il est fait de bon sens, de pédagogie et de conseils durables… dans tous les sens du terme !

Elle partage dans ce livre pédagogique et positif  des informations sur les tenants et aboutissants des impacts environnementaux de l’alimentation- les connaître pour agir dessus- mais aussi tous les bénéfices qui découlent de la transition (bien-être , écologie, pouvoir d’achat, découvertes, cohérence)!

Comme beaucoup, Aline Gubri est «entrée en écologie  » par la porte du zéro déchet…Ce qui  l’a amenée à une réflexion sur l’objectif  de « zéro  » (déchet) , stimulant mais irréalisable donc source de frustration, sacrifices et épuisement.
Ce qu’elle a tenu à rationaliser et ne pas répliquer dans sa transition alimentaire.

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Ainsi, bien qu’étant une des références du zéro déchet en France, elle n’en pointe pas moins les limites du jusqu’au-boutisme; et que passé un certain stade,  y a des actions et engagements plus (accessibles ! et) impactants que l’objectif du bocal de déchets en une année !

Ce guide donne donc les clefs pour éviter l’écueil d’une écologie qui ne serait ni durable ni accessible si elle est source de pression pour  « tout faire  ».

En effet, il est  « plus sage, plus durable et plus efficace  » de choisir des actions adaptées à nos possibilités, mais aussi plus significatives en termes d’impacts environnementaux.

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Ce livre plein de bon sens témoigne donc de la  prise de conscience d’une considération plus large de l’empreinte environnementale, via l’impact de l’alimentation ; mais s’ouvre tout de même sur des conseils pour réduire ses déchets en cuisine.

➡️Par le prisme de l’alimentaire *, Aline Gubri repose ainsi les bases de la réduction des dechets… visibles et invisibles !

Aliments, équipements, ustensiles : comme sur son blog, elle met son expertise et sa pédagogie au service de données, infographies et conseils clairs pour avoir conscience des tenants et aboutissants (impacts des emballages, pollution durant tout le cycle de vie, nocivité du plastique, réduction des déchets à la source) et faire les bons choix au quotidien.

*(Après avoir consacré un livre à la réduction des déchets, surtout plastique, dans toute la maison).

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Des achats en vrac à l’utilisation de matières inertes, en passant par le compostage, ces conseils pratiques et didactiques passent en revue les bases de la réduction des déchets alimentaires.

Des  « bonnes pratiques  » qui relèvent du  «pouvoir d’agir » individuel; mais Aline Gubri est consciente que  «l’engagement de chacun ( secteurs privé ou public et consommateurs) est nécessaire à une réelle transition mais insuffisant pris isolément». Simplement elle  « n’attend pas que le changement vienne des autres, et donne les clefs pour que chacun fasse [sa] part, à [son] échelle et à [sa] façon »

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➡️L’alimentation étant un enjeu à la croisée de tous les autres, et fait d’autant de rationnel que d’émotionnel, l’éventail des actions possibles est très large : commencer en choisissant celles qui  « nous  plaisent et nous correspondent  » aura déjà forcément un impact!

Ainsi, après la porte d’entrée des déchets, ce guide pose le pied sur l’epineuse question de la consommation de produits animaux : sa repercussion éthique, environnementale, sanitaire. Conscience des bilans environnementaux et (re)découverte réjouissante de l’intérêt des protéines végétales accompagnent la réduction de la consommation de ces produits impactants (pression sur les ressources, pollutions, déforestation, émissions de GES, éthique humaine et animale …).

Ensuite, l’autrice étend encore la réduction des impacts directs et indirects de son assiette par la  «prévention à la source des déchets alimentaires évitables ».

Elle partage son expérience faite de bon sens et d’astuces pour réduire son empreinte (eau, carbone) et les gaspillages.

Après avoir convoqué les expériences et points de vue de la transition alimentaire de personnalités, elle partage ses propres recettes… réellement appétissantes !

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➡️Le témoignage de sa propre transition et sa conviction que la frustration n’est pas gage d’efficacité, fait montre d’une tempérance trop souvent absente des hashtags jusqu’au-boutistes des réseaux sociaux et leurs étiquettes binaires.

Ce livre ne déresponsabilise pas l’acteur dans ce contexte de crise socio-environmentale ; mais pose au contraire les garanties d’une transition efficace sur le long terme, car se concentrant sur la pertinence des actions plus que sur leur accomplissement intégral.

Moi-même ayant tendance à l’intransigeance du fait de l’urgence climatique et de la peur de ses conséquences socio-environmentales, j’ai compris que le manichéisme punitif et frustrant n’était pas gage d’une transition durable et enviable.

Aline Gubri choisit de présenter l’adoption de nouvelles habitudes comme une source positive de découvertes, de plaisir, d’économies ou de pouvoir citoyen. Ce qui est bienvenu quand certains présentent l’écologie comme punitive ou quand nous-mêmes nous mettons trop la pression pour  «tout faire » d’un coup et jusqu’au bout, faisant fi de nos contraintes et de notre bien-être.

➡️Elle repose ici tant les bases d’une consommation durable, que de ce qui garantit l’efficacité des changements sur le long terme : plaisir, cohérence avec nos valeurs mais aussi nos contraintes, ouverture, information et pensée globale.

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➡️C’est ainsi un très bon guide à (s’)offrir pour qui tient à adopter une alimentation plus durable ou à permettre à ses proches/élèves/collègues de comprendre pour agir.

Disposer des bases théoriques et pratiques de la transition alimentaire permet de mettre du rationnel (les faits, les chiffres) dans un sujet souvent empreint d’émotionnel (du fait des valeurs éthiques, culturelles, écologiques ou familiales que charrie l’alimentation). Et la distance des faits est une des clefs pour communiquer sur le sujet de manière bienveillante :  pour se protéger soi et permettre l’échange avec les autres, notamment ceux qui ont des convictions opposées.

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Quel plaisir que de lire la préface de Guillaume Meurice ou de retrouver de savoureuses idés de recettes !

Toutefois, je regrette la décomposition de la Pyramide d’une alimentation végétale équilibrée en : glucides/protéines /vitamines, etc. Car je pense que cette réduction de l’aliment à un nutriment participe de la perte de repères alimentaires et du manque de vision holistique de l’alimentation. Réduire le tofu à la case protéines reproduit selon moi la logique ayant ancré dans les esprits que  » les protéines se trouvent dans la viande et le calcium se trouvent dans les produits laitiers ». Certes, certains aliments sont plus riches en certains nutriments, mais ils ne se cantonnent pas à une case; l’équilibre se fait de variété et de complémentarité! Les protéines se trouvent dans le tofu, mais aussi dans les céréales ou les algues  ; et les céréales complètes sont sources de glucides mais aussi de vitamines, fibres et minéraux.
Ce point peut paraître technique mais je le pense important dans la pédagogie de la transition alimentaire : ne reproduisons pas les écueils d’une représentation binaire et sectorisée de ce qui nous entoure.

De surcroît, les industriels ne se gênent pas pour récupérer cette décomposition des aliments en nutriments, en apposant des allégations « santé » sur les aliments (riche en Oméga 3, source de fibres) qui sont surtout des allégations marketing qui n’aident pas à avoir une vision critique, émancipée et holistique.

Des allégations qui ne sont pas occultées dans ce livre tempérée : par exemple par la voix de l’ingénieur Hervé Berbille qui, sur la question des protéines, met en perspective le poids des intérêts politico-industriels et les repercussions sanitaires ou environnementales de la surconsommation de produits animaux.
➡️En effet (après la préface de Guillauuume), les chapitres sont enrichis « d’interviews d’experts » sur divers sujets de transition (on retrouve Guillauuume).

Ces éclairages sont l’occasion d’avoir le point de vue de professionnels ou membres de la société civile ; mais aussi de bénéficier d’autres données pratiques et nutritionnelles (sur le calcium, les protéines, les Oméga avec Hervé Berbille, (dont vous pouvez retrouver un autre entretien au sujet du soja ici. (Je ne sais pas quels sont les éventuels intérêts de cet expert dans l’industrie) ).

Bien que déjà au fait de l’alimentation durable, chaque chapitre m’a apporté ; et j’ai particulièrement aimé la partie consacrée au gaspillage alimentaire : qu’il s’agisse des recettes, astuces ou témoignages de professionnels.

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🌎Faire autrement, découvrir et se renseigner.  « Le plus important pour moi est de savoir pourquoi on décider d’arrêter/réduire la viande. Ça n’est pas un régime restrictif mais seulement un moyen de vivre en cohérence avec ses valeurs  », Alexandra Neyroud, végétarienne engagée, interviewée dans le livre.

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Le nouveau livre d’Aline Gubri est donc une boîte à outils pour comprendre et agir, éclairant sur les tenants et aboutissants de notre  «pouvoir d’agir  » individuel, à commencer par la possibilité de se renseigner sur l’impact de ce que l’on consomme ; par exemple en creusant la bibliographie de ce guide ou en explorant par soi-même!

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Pour aller plus loin dans la transition :

➡️Le mois prochain sort Le régime planétaire, livre mêlant données scientifiques, conseils pratiques et recettes adaptées du rapport de la Commission EAT-LANCET, citée par Aline Gubri dans son livre. L’article sur ce livre de Louise Browaeys et Hélène Schernberg ne saurait tarder 😉.

En attendant, (re)découvrez mon article sur des livres d’utilité publique (alimentation bio, algues vertes dues à l’agro-industrie..)

➡️Ce guide fait la part belle aux légumineuses : des astuces pour les cuisiner ici.

Un article pédagogique sur les protéines végétales

Des astuces pour intégrer une alimentation « saine et durable »

➡️Un défi gourmand et joyeux pour adopter une alimentation plus écolonomique

➡️ Deux livres qui allient pédagogie nutritionnelle et conseils pratiques pour adopter une alimentation où dominent les aliments végétaux, bruts et complets (du Vrai, du Vivant, du Varié 😉) : un petit et un grand.

Prenez soin de vous (et de vos libraires 💛)


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